Au quotidien / On teste

Burn out parental: on a testé la nurse/nounou de nuit

Pour mon anniversaire (comme les autres jours depuis la naissance de Samuel), je ne désirai qu’une seule chose :

Une fucking nuit complète

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En vrai je dors avec des Boules Quies car M. G ronfle

De toute façon je n’aime pas les vêtements et les parfums, j’ai déjà 3 tee-shirts Bazinga et un porte clés Batman.

Le matin, même Shumacher il me voit pas passer tellement c’est la course:  réveil à 6h pour nous, 6h30 pour mes gnomes. Petit dej et habillage de tout le monde en moins de 30 minutes. Mr G les déposé à la crèche à 7h30 alors que je suis déjà partie depuis une demi heure.

Ensuite, le soiraprès une journée à courir au boulot, courir pour chopper le train, courir pour ne pas dépasser l’heure d’une minute sinon je me fais gauler par cette pouffiasse de pointeuse: je récupère le trio de choc à la crèche, je réchauffe le dîner dans le même temps. Je tente de coller les grands devant un combo Titounis/Pat Patrouille pendant une demi heure (c’est ma clause bonne conscience: ok pour les écrans mais pas plus d’une demi-heure par jour). Dîner, transformation de la salle de bain en piscine, histoire, première tentative de dodo des grands, peluche qui tombe, tétine de Samuel qui tombe.

La nuit ce n’est pas mieux.Samuel nous fait du 5 réveils tétine par nuit minimum depuis qu’il “fait ses nuits” (c’est à dire qu’il ne dévore plus de bib).

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La fièvre du samedi soir c’est 7/7 chez nous. Viens à nos soirées cris et pleurs

Déjà là nos cernes elles tombent jusqu’aux pieds.
Mais tu vas me dire (oui on se tutoie maintenant) “mais le week-end arrive vous allez pouvoir souffler un peu).

Ah, ah, ah (Staying Alive, Staying Alive, en plus c’est vraiment ça …). Je me gausse.

Pas de répit le week-end car on s’attelle au ménage de fond en comble, aux courses (au drive of course), à la cuisine pour la semaine car maman et papa rentrent tard, à l’administratif, aux lessives, le tout en tentant de proposer des activités aux enfants et en étant interrompus en moyenne toutes les 70 secondes.

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Depuis que j’ai des enfants, je me suis mise à la cocaïne à la caféine

Bref, on est crevés, on ne récupère pas. Il faut assurer nuit et jour. Le corps a ses limites que même la raison elle n’ignore pas. On ne prend même plus autant de plaisir à s’occuper des enfants car on doit lutter continuellement contre le besoin de s’écrouler, là, tout de suite, sur le tapis. On s’énerve pour un rien. On communique notre nervosité aux enfants. Et le cercle infernal reprends de plus belle. Bref, on glisse doucement vers le brun out parental.

Et après Mr G ose se demander pourquoi je n’ai pas plus la tête aux câlins …

Alors pour mon anniversaire, je me suis offerte une nuit complète. Ouai, chez moi, dans mon lit. M’en fous du palace 5 étoiles, je veux juste mon oreiller ! A 100 euros la nuit, ton budget hôtel est déjà grillé de toute façon. Par le bouche à oreilles j’ai trouvé une auxiliaire de puériculture qui proposait ses services et qui avait de très bonnes recommandations. Je sais qu’il existe des sites type Ma bonne fée qui marchent bien quand on habite dans les grandes villes. Mais déjà il n’y avait personne à proximité de chez nous, et je souhaitais surtout avoir quelqu’un en qui j’avais pleine confiance.

Alors on s’est lancés. On a préparé la chambre d’amis avec un certain enthousiasme. Enfin surtout moi. Mr G était pas super emballé. Mais c’est mon flouz et je fais ce que je veux ! Non mais !


Très pro, très ponctuelle. 20h pétantes, elle est là, comme convenu. Souriante, l’air douce, expérimentée. On lui parle de bébé, de ses habitudes. On sent qu’elle maîtrise son sujet quand elle demande des précisions. On se sent de suite en confiance.

Moment bizarre quand la nounou de nuit squatte le canapé pendant qu’on s’enfile une pizza. Rapide tisane et dodo. Non ce soir ça ne sera pas une nuit de folie, il faut MAXIMISER l’investissement. Donc DODO dès que possible. Pas fioritures comme des discussions sur la baisse de la population des manchots en Antarctique (oui pour MR G c’est un vrai sujet de conversation).

On a coupé le baby phone. On a pu dormir jusqu’à 7h du matin. Je n’osais pas la retenir trop longtemps non plus la pauvre. Et puis j’avais la dalle.

Tu veux savoir le pire: c’est que Samuel ne s’est réveillé qu’une fois vers 5h du matin ! Pour bien sur nous faire 6 réveils la nuit suivante. Maintenant j’en suis sure, mon fils a décidé que c’était trop le lol de voir maman avec des cernes.

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Et pas qu’un peu Ginette

Un court petit dej, et la voila repartie. Elle nous dit que la prochaine fois il faudra qu’on se fasse une vraie soirée en amoureux, qu’elle pourra venir plus tôt sans nous demander de supplément. Honnêtement, on a pas envie de la voir repartir.

On a vraiment l’air au bout de notre vie à ce point là ??

BilanOui ça fait un bien fou de se requinquer une nuit.
Je l’aurai prise dans mes bras le matin la madame.

Les jours suivants on se sent plus légers.
Même Mr G, très frileux au début, ne l’a absolument pas regretté.
Si c’était à refaire (et ça va se refaire) on le referait les yeux fermés.Non je n’ai aucunement culpabilisé.
On en avait besoin physiquement et mentalement pour pouvoir être à nouveau nous mêmes avec nos enfants. Ce n’est pas le fait que Samuel allait se faire remettre la tétine par quelqu’un d’autre pendant une nuit qui allait compenser ça. 

Le faire avec un tout petit bébé de quelques jours/semaines ? Je suis partagée.
Oui si on sent qu’on en a VRAIMENT besoin. Je pense aux mamans solos (où solo dans la gestion des nuits), aux parents de multiples.
Mais moi qui ne suis pas particulièrement fusionnelle avec Samuel j’aurais eu du mal. Mais je n’avais encore des mois de fatigue dans les pattes.

 Mais ce n’est pas non plus le remède miracle contre le burn out parental/maternel.
Une nuit ne va pas compenser des semaines de manque de sommeil et de tensions qui en résultent. Tu ne vas pas miraculeuse être aussi frais que lorsque tu étais une jeune et pimpante jeune femme.
Le burn out parental est beaucoup plus profond que ça. Parfois ça devient une vraie maladie, la dépression. Et là on a besoin d’un vrai médecin.
C’est comme se payer un massage, ça peut soigner un coup de blues passager, mais pas une dépression profonde.

Si tu t’offres une nuit et pis c’est tout, ça peut être une aide quand vraiment on en peut plus, qu’on sent qu’on va craquer et faire un truc qu’on risquerait de regretter (genre laisser son bébé pleurer des heures de faim, le secouer un peu trop fort parfois). Dans ces cas là, juste 5 heures de sommeil en plus peuvent être salutaires. 

L’idéal pour moi serait de demander aux proches de participer soit en prenant bébé de temps en temps, et quand ce n’est pas possible, de contribuer à une cagnotte qui servira à se payer des heures de ménage et/ou une garde de nuit de manière régulière. Ça te changera de la 125e peluche que tu vas inévitable recevoir de la part tata Monique.
Parce que dormir une nuit par semaine, à mon avis, ça, ca peut VRAIMENT aider sur le long terme. Tu te dis que tu dois tenir jusqu’à ce soir béni, et ça te rebooste.
Le manque de sommeil ne serait plus une torture.

Moi j’aimerai bien que les auxiliaires de puériculture puissent venir à domicile comme les sages-femmes après la naissance et durant les 6 premiers mois. Juste pour t’écouter, te donner des pistes (et éventuellement t’orienter vers un professionnel compétent près de chez toi). Rien que ça, que quelqu’un te dise que “oui c’est dur“, “oui on a le droit de plus en pouvoir, de vouloir partir en courant” “oui vous êtes de bons parents quand mêmeoui un jour promis ça va passer” ben ça soulage, vraiment. 

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