Santé de maman

By-pass: le point à la moitié du parcours pré-opératoire

Je t’en avais parlé ici, je vais subir un by-pass aussitôt que possible. Qui dit opération bariatrique dit longue préparation. Le gros avantage dans la clinique où je suis suivie c’est que les rendez-vous peuvent être pris rapidement. Rien ne t’empêches de prendre ton temps, mais dans mon cas, j’ai juste envie de passer à l’étape suivante. J’en suis maintenant à mi-parcours. Faisons un petit bilan.

Côté diététicien/nutritionniste

Nous devons voir les deux dans mon centre. La différence étant que le nutritionniste est un médecin contrairement au diététicien.

Je dois voir ma médecin nutritionniste trois fois: une fois en début de parcours, une fois à mi-parcours et une fois en fin de parcours.

Très honnêtement j’ai trouvé le rendez-vous expéditif et totalement inutile. On a repris pour la 150e fois mes informations médicales (poids, taille, antécédents médicaux, traitements en cours). Vous bossez tous dans le même bâtiment, c’est pas possible d’avoir un fichu dossier partagé ?!?!

Ensuite, remise de la feuille de conseils nutritionnels. Les mêmes conseils, encore et encore. Sans vraiment d’explications. Bien mâcher, prendre le temps de manger, éviter les boissons gazeuses. Pas de conseils alimentaires personnalisés, ça c’est le rôle de la diététicienne.
Vu l’interaction et la personnalisation de la consultation, autant nous filer une vidéo Youtube. J’ai vraiment eu l’impression de devoir prendre cette consultation pour que la doc puisse compter des actes et de gras billets à la fin de la journée. 1h30 de retard, 70€ en moins, une matinée de RTT perdue.

 

Même acabit pour la diététicienne.

Sauf la “prescription” de vitamines non remboursées. Peut être que cette consultation a un intérêt pour les personnes qui ont un régime alimentaire déséquilibré. Mais elle n’a rien trouvé à redire au mien. 0 utilité. Un énième régime est inutile. No shit Sherlock, je suis pas là parce que mon régime soupe aux choux à merdé et que je fais du 40 au lieu du 38.

Étant végétarienne, je lui demande comment équilibrer mon alimentation après l’opération. Je précise que j’ai été très claire la dessus avec mon chirurgien qui m’a dit “aucun soucis m’dame”. Et là elle nous monte sur ses grands chevaux: impossible d’être végé et by-passée. C’est un motif de refus dans la plupart des hôpitaux. Je dois plutôt m’orienter vers une sleeve. Juste ce qui m’a été déconseillé par mon chirurgien car pas du tout adapté à mon profil hein …

Je trouve ça complètement débile: les végé vont juste “se cacher” et faire semblant de manger de la viande et du poisson. On va créer des problèmes évitables. #Logique
Qu’on ne me dise pas qu’il n’y a aucun moyen de remplacer les protéines viande/poisson, quitte à rajouter quelques vitamines et/ou  poudre de protéines. En plus ces produits existent et sont prévus pour ça (je le sais de par ma profession, donc impossible de me faire croire le contraire).
C’est juste que les équipes ont pas envie de s’embêter pour deux trois cas qui demanderaient plus de temps de consult et d’actualisation des connaissances.

Pas grave, je trouverai ma solution sur le net.

 

Le seul rdv vraiment intéressant a été la réunion d’information collective sur la réalimentation.

Les infos étaient claires, précises, concises. On peut manger telle texture telle semaine après l’opération, tel légume.Vous pouvez manger telle marque de purée.
Même un petit livret de recettes à la sortie.
Le diététicien qui animait la réunion était vraiment à l’écoute de nos questions. Bref, j’ai adoré.
La seule torture étant que la réunion était juste à côté d’un domino pizza et que le doux fumet se rependait dans la salle par la fenêtre.

 

Au niveau de mon alimentation je n’ai pas l’impression d’avoir fait de changements drastiques.

Mais je sens que j’arrive plus facilement à sentir la satiété. Le plus dur pour moi est clairement de prendre le temps de manger et de mâcher. J’ai été habituée à manger très vite pour aller réviser, prendre mon train, laisser ma place, aller dormir etc. C’est une véritable reprogrammation. Ne plus boire pendant le repas c’est aussi un challenge. J’utilisais l’eau justement pour me remplir l’estomac et faire des pauses entre les bouchées.
Ce qui est très facile par contre c’est de fractionner. J’adore fractionner mes repas à la base, ça me donne l’impression d’en avoir plus alors que ce n’est pas le cas.

Côté activité physique, j’ai téléchargé une appli pour calculer mes pas et la distance parcourue. Je fais entre 3 et 6 km par jour. Quand même !

Bien sur aucun résultat sur la balance. Logique.

 

 

Côté check up santé

Verdict: je suis en pleine forme.

Pas un poil de cholestérol ou de diabète. Une capacité pulmonaire au top (ça se voit que vous faites du sport qu’elle me dit la doc), un cœur et des veines de jeune filles. J’ai juste ma thyroïde qui est HS, mais ce n’est pas exactement la breaking news du moment (genre je vais t’apprendre que truc royal et machine actrice ont dépensé sommes indécentes, en partie sorties du porte feuille du contribuable,  pour festoyer sous le nez des sans abris londoniens, mais breef).

Et une mention spéciale #payetonmedecin à l’immonde connard de radiologue qui m’a littéralement fait des prises de catch pour me positionner pour l’échographie cardiaque. Pourtant je pense qu’il fallait sacrément être myro pour me confondre avec un rumsteak à attendrir. Le soir je suis rentrée avec des bleus. J’ai eu honte de ne pas avoir ma grande gueule pourtant légendaire.

 

 

Côté psy

Le rendez-vous avec le psychiatre m’a confirmé le sérieux avec lequel certains médecins prenaient la préparation de cette opération, et quelle considération ils accordaient à leurs patients.

Je suis arrivée. Le médecin m’a demandé si c’était bien moi  Mme WorkingMutti. Il m’a tendu un papier et m’a dit: voici votre certificat. Bonne journée. Sa secrétaire n’a pas contre pas oublié de passer ma carte vitale.

Je suis déjà suivie par une super psy en ville (et je ne dis pas ça seulement parce qu’il est possible qu’elle tombe un jour sur cet article). Mais pour faire ma bonne élève je suis allée voir une des psy de la liste fournie par la clinique.

Bienvenue à bord de ce TGV à destination de Gros Cliché de Psy sur Mer(de). Ce train desservira les gares de: parlez moi de votre enfance, de la féminité refoulée, de si vous n’avez pas d’enfants c’est que c’est un blocage psychologique, de vous êtes trop rationnelle et de pourquoi vous vous mettez pas à chialer comme toutes les autres. Ne tentez pas d’ouvrir les portes, vous êtes coincés pendant une heure. Nous vous informons que même si vous tombez de votre siège du fait des hallucinations induites par ce voyage, aucune déduction ne sera faite sur le prix de votre billet.

Bref, je me suis faite refuser le saint Graal/signature de mon paplar parce que je “mettais trop à distance mes émotions”. Ben oui quand elle m’a demandé pourquoi je voulais me faire opérer je lui ai dis que c’était pour éviter des conséquences désastreuses sur ma santé plus tard, que si je pouvais remettre des vêtements sympas c’était un plus. Mauvaise réponse. Apparemment j’aurai du baser la décision de m’engager sur une opération qui allait avoir des conséquences à vie sur mes sentiments du moment.
Quand elle a voulu me vendre la sleeve au lieu du by-pass (à se demander s’il n’y a pas de quota à remplir), je lui ai dis que je préférais le by-pass car contrairement à la sleeve on changeait le métabolisme et que c’est bien là que ca clochait chez moi. Elle m’a regardé avec un petit sourire condescendant, genre je suis un chiot perdu sous la pluie. “Mais vous ne vos laissez pas porter par l’équipe médicale. Arrêtez d’intellectualiser et de remettre en question les décisions des professionnels”

 

Donc 1 – Je n’ai pas le droit de m’intéresser et d’avoir un avis sur ce qui va être fait à mon corps (un patient c’est bien trop con pour prendre part à son parcours de soins #médecineduXIX) et de 2 – c’est juste mon chirurgien qui m’a dit que la sleeve n’étais pas du tout adaptée à mon cas hein … #doublefatality

Donc je suis allée chez ma psy habituelle qui m’a signé avec joie mon petit papier. Je l’ai fais halluciner sans aucune substance illicite.

 

Prochaine étape:

Le panoramique dentaire, le scanner abdominal, le rendez-vous infirmière coordonnatrice et la réunion d’info collective, et les derniers rdv de suivi diététique.

Et ma grande peur: la fibroscopie avec anesthésie générale

C’est LE truc qui me fait vraiment vraiment peur. Tellement peur que, moi, la rationnelle, je vais tenter une hypnothérapeute recommandée par ma super psy. Je vous en parlerai dans un prochain billet 🙂

 

7 Comments

    1. Disons que c’est une opération qui t’engages à vie donc je peux comprendre que le parcours soit long et s’assure que la personne est bien prête pour l’opération. Mais autant d’étapes sont-elles vraiment nécessaires ? Normalement c’est 6 mois de suivi avant l’opération mais je ne vois pas trop l’intérêt. Comme tu dis il faut tomber sur des professionnels qui ont envie d’apporter quelque chose. Si la personne et le professionnel sont là par obligation pour apposer le tampon, que de perte de temps pour tout le monde (et d’argent de la sécu jeté par la fenêtre).

  1. Sacré parcours du combattant dis donc. J’ai une amie qui a fait la même opération que toi et elle m’avait dit que c’était assez difficile le nombre de médecins à voir pour enfin avoir l’aval de tout ce petit monde pour enfin pouvoir être opéré. Bon courage pour la suite

    1. C’est clair qu’on se sent vraiment infantilisée dans ce parcours. Le patient a vraiment très peu la parole, il subit complètement les événements. Les médecins lui disent ce qu’il faut faire et il doit exécuter, point barre. En plus le patient n’est même pas invité à la réunion de concertation où ces messieurs dames vont rendre leur sentence sur opération ou non. Bravo les “patient au coeur du parcours de soins” et les droits des usagers.

  2. Je te trouve vraiment très courageuse ( je sais, je l’a déjà dis dans un précédent commentaire ! ). Les rendez-vous médicaux sont loin d’être une partie de plaisir surtout quand on tombe sur des interlocuteurs peu professionnels ! Cette fois tu y es presque et j’espère que ce by-pass t’apportera ce que tu en attends.

    1. Oh tu sais ce n’est pas du courage ;). Je suis au pied du mur et c’est plutot un espoir pour s’en sortir.

      Franchement ce parcours est très éprouvant. Il est plus destiné à tester notre volonté qu’à nous accompagner je pense …

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