Capture d'instants / Ma vie de Working Mom

C’est mieux avant ? Ou ma régression actuelle

Ne vous méprenez pas. Je suis fière de mon parcours jusqu’ici, et je ne changerai pas une virgule car tout cela a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. J’ai changé de cap, j’ai passé ma carrière au second plan car j’ai vu le pas beau derrière le rideau de fumée estampillé réussite sociale. Mais maintenant quoi ? Être une bonne mère c’est un objectif louable. Mais je ne suis pas uniquement une maman. Une affirmation très éculée je vous l’accorde. Je tente de ne pas faire la bêtise de vivre uniquement à travers mes enfants, de les faire devenir la nouvelle définition de moi-même. Mais alors concrètement, je fais quoi pour moi rendre heureuse moi ? Qu’est ce qui va me faire rêver maintenant. Il est donc fort probable que ma régression temporaire soit due à un truc du genre introspection personnelle tout ça tout ça.

 

La dernière fois que j’étais réellement une version indépendante de moi-même,
une version en apparence version rouleau compresseur de réussite, j’avais 20 ans.

 

 

Je me suis souviens avoir vu pour la première fois le clip “Single ladies”, qui venait de sortir, sur l’ordi de ma camarade d’amphi et lui avoir dit: “Pff encore un truc commercial dont on ne va plus entendre parler dans 6 mois. Ca vaut pas les Rolling stones, ça, ça reste“. Hum hum … C’était l’époque de l’élection de Barack Obama et de tous les espoirs qui allaient avec.

 

 

J’étais une étudiante en droit en tailleur talons beaucoup trop hauts pour courir après mon train.
Je bossais au moins 10h par jour pour réussir à avoir un dossier nickel pour la suite.
Je faisais du sport plusieurs fois par semaine et j’envoyais du pâté
J’étais passionnée par le maquillage légèrement … voyant (genre faux-cils à plumes).

 

 

 

 

 

La compétition était présente dans chaque aspect de ma vie et je semblais tout gagner. J’avais le feu sacré: je voulais sortir de mon patelin, où pour être accepté, il fallait absolument bannir tout intelligence et ouverture d’esprit. Tout ce qui est différent doit être moqué et rabaissé. CQFD. Soyons honnêtes, je me délecte encore aujourd’hui d’avoir réussi à tenir mon pari (même si j’en suis revenue). Au moins, j’ai prouvé que je pouvais le faire.

 

 

Côté face, j’étais dans ma pire phase de troubles du comportement alimentaires, je ne dormais presque plus.
Je voulais juste sortir de chez moi, sortir de cette maison de fous.
Mes TOC étaient eux aussi au sommet.
Le maquillage était peut-être une allégorie du reste.

 

 

 

Et puis, je suis allée à Sciences Po.

Nouvelle ville. Sport, moins de boulot et (beaucoup) plus de soirées. 
Une coloc de rêve avec des personnes que je n’aurais jamais rencontrées dans le contexte classique.
Pour la première fois de ma vie, j’étais totalement libre, et 15 milliards de facettes du monde s’ouvraient à moi.
C’était le pied en taille 58

 

 

Je me sentais bien à Sciences Po, je pouvais être à peu près moi-même. Ici, être un intello c’était une qualité, et je pouvais venir en jeans-converses.

 

 

Je rêvais d’une très grande famille. Des enfants, j’en voulais au moins 4.
Et puis avant 30 ans pour ne pas reproduire mon schéma familial.

 

 

 

Et puis je me suis rangée, installée avec Mr G
Je suis tombée enceinte à la fin de mes études.
Pour enfin aller de déceptions professionnelles en dépressions professionnelles.

 

 

4 enfants, 10 ans de plus au compteur et une épilepsie rebelle et une dépression sont passés par là

J’ai envie de retrouver cette sensation d’adrénaline et de rêves brillants qui me font me dépasser.

 

 

Tout ce que je sais c’est que je suis heureuse dans mes converses et mes tee-shirts de Nirvana. C’est un meilleur reflet de ce que je suis qu’un tailleur trop serré. Je suis bien depuis que j’ai recommencé le sport pour avoir ce shoot d’adrénaline. Je me sens bien à bosser mes cours et à bouillir à nouveau mes neurones dès que je peux. A oublier de manger à certains repas. Des gros bouts de cette jeunesse qui ont toujours cette jolie saveur.

J’ai toujours trouvé ridicule les gens qui essaient à tout prix de faire durer et/ou de retrouver un semblant de jeunesse. Je ne veux absolument pas devenir de ceux là.

 

 

 

Est-ce que c’est ça la crise des 30 ans ?
Vouloir revivre une jeunesse qui n’existe plus alors qu’on s’apprête à passer à ne plus être un jeune mais simplement un adulte ?
Ou alors est-ce que je suis juste happée par ces éléments de mon ancienne vie qui font revenir lu schmilblick avec eux ?

 

 

 

 

 

Comment je peux avoir la nostalgie de cette période où derrière la façade j’étais au plus bas ? C’est le chemin qui m’a mené ici mais je ne sais pas exactement envie de me reprendre les côtes et les bosses dans la tronche.En plus, je ne me revois pas faire la nouba du jeudi au samedi soir. Je préfère les cris dans mon salon tout le dimanche après-midi.

Pourtant, je ne veux plus redevenir cette gamine. J’ai une vie bien trop belle comparée à celle que j’avais à 19 ans. En plus, j’ai toujours rêvé d’avoir une grande famille, et là j’y suis. Je ne vous cache pas que c’est ce qui me fait tenir en ces temps troublés.

Me redonner un rêve à moi Working et plus seulement à Mutti ? Faire revivre ce qui n’est plus ne servira pas à combler ce vide laissé par mes échecs professionnels répétés. Retrouver la lumière en ressortant une vielle ampoule halogène à la lumière cardouille en me disant que c’est toujours mieux que de rester dans le noir complet. C’est peut-être ça le plan caché de ma cervelle.

 

 

Clairement, ce n’était pas mieux avant
J’étais juste innocente
Et maintenant j’ai perdu ces illusions et je ne peux plus revenir en arrière

 

 

 

Peut-être que j’aimerais encore pouvoir rêver à de grands choses.

 

 

 

Pourtant, je sais que je suis toujours animée par la colère, mais plus la même.

 

 

Je suis toujours en version rage against the machine. J’ai envie de pouvoir faire mon possible pour faire éclater un système qui broie et écrase les plus faibles. Je n’ai pas envie d’être zen, de faire le vide. Si personne ne s’indigne, on ne fera aucun progrès. J’ai accumulé trop de colère et il faut bien qu’elle parte quelque part, de préférence dans un truc utile. 

 

 

 

 

 

Mais comment faire ? C’est dans la création de ces nouveaux repères.

 

 

 

7 Comments

  1. Je crois qu’il faut aussi un peu plus indulgente avec toi même !
    Tu as commencé à bosser avec des jumeaux …. C’était évidemment beaucoup plus difficile pour toi que pour n’importe qui d’être bien dans ton job !
    Tu es en train de faire le point, tu retrouves l’envie de te projeter dans une vie professionelle. Alors moi je crois que les planètes vont s’aligner tranquillement et que tu vas retrouver une vie pro épanouissante.
    Ne sois pas trop désillusionée non plus, je te promets qu’il existe des situations pro où les jeunes mamans s’éclatent ! (pas tous les jours faut pas exagérer, mais souvent !!)
    Bon courage à toi !!!

  2. Je pense que c’est un sentiment naturel, ça s’appelle la maturité. Accepter nos changements intérieurs, ça appelle forcément aussi la nostalgie du temps où on ne se posait pas autant de questions, où l’on voyait moins de responsabilités… Accepter la réalité en face, l’assumer et l’aimer n’est pas si facile, ça demande un travail sur soi, qui passe parfois par là!

  3. Je crois que nous passons toutes par la part… Le fait de devenir maman, de créer puis d’agrandir sa famille nous paraissent souvent incompatibles avec une vie professionnelle dans laquelle notre cerveau peut s’épanouir. Certaines d’entre nous sont bien en élevant leurs enfants, moi j’en suis incapable… Au 1 an environ, j’ai besoin de reprendre mon activité professionnelle car j’ai le sentiment d’étouffer autrement…
    Mon dilemne aujourd’hui est que j’ai le sentiment d’être une mère indigne, et que je ne peux pas évoluer comme je pourrai y prétendre car cela me demanderait encore plus d’absences auprès des enfants… Alors pour notre part, nous allons essayer de retrouver un équilibre en partant en province.
    Tu es en pleine introspection parce que tu as du temps, parce que tu as une belle famille, que tu veux réussir à concilier Working et Mutti. Mes 20 ans sont encore plus loin que les tiens, j’y repense par moment avec nostalgie, meme si je n’ai pas envie d’y replonger. Tu as un magnifique parcours étudiant, tu as su trouver la ressource nécessaire pour sortir du lieu de ton adolescence, te créer et construire la famille dont tu rêvais… Sois fière de tout cela… N’oublie pas qu’en tant que zebrette, ton cerveau peut avoir des divagations que même toi tu peux avoir du mal à suivre.
    Dans les pistes car tu dis que tu veux te battre pour que le système n’ecrase pas les plus faibles : tu peux parfois trouver du sens et des missions epanouissantes dans des associations (qui peuvent aussi etre des employeurs).
    Bonne continuation a vous 6
    PS :un truc qui n’a rien a voir, j’espère que cela te fera sourire… Je suis en mission anniversaire pour les petits (chez moi), tu as des idées pour tes aînés (pour rappel, ils ont 1 semaine d’écart, bien que les miens etaient prévus plus de 2 mois plus tard)
    Belle journée avec tes loulous

  4. Construire une famille remet énormément de choses en question, c’est normal ! Tout d’abord ce que tu considères comme des échecs, ne peux-tu pas plutôt les regarder comme des apprentissages ? Rares sont les gens qui trouvent leur chemin tout de suite, certains chemins sont aussi fait pour bifurquer (oui je sais, moi je suis plutôt en mode zen, je n’arrive à rien quand je suis en colère).
    Je pense qu’on peut toujours rêver à de grandes choses et que si on croit un peu en soi y’a des chances qu’une partie au moins des rêves se réalisent.
    J’ai envie de te conseiller un podcast que j’adore : Change ma vie. Peut-être que ça pourra t’aider !

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