Ma vie de Working Mom

Congé longue maladie, fonction publique et complications

Oui j’ai décidé de consacrer un article uniquement à ma petite personne. Parce qu’on est pas que des parents. Et moi je suis devenue un chtouille … en  incapacité partielle. Dans ma tête et dans mes mains. Autant te dire que mon poste de cadre près du bon dieu ministériel, bien stressant, bien prenant, je peux me le carrer là où le soleil ne brille jamais. Au vu de ces circonstances, le plus logique serait  de bénéficier d’un congé longue maladie pour me rapiécer correctement, puis d’être reclassée dans un poste moins exposé. C’est en tout cas le plan de bataille décidé avec les spécialistes qui me suivent. Mais dans la fonction publique, ce n’est pas si simple. C’est surtout une usine à gaz qui peut laisser une grande place à l’arbitraire, et au WTF.

 

Mon boulot, est super prenant, très stressant.
Mais c’était tout ce dont j’avais rêvé plus jeune

 

 

On a géré des commandes sur des sujets très différents, réputées urgentes par nos N+1 (on a pas la même notion de l’urgence eux et moi). On a pas vraiment le droit de se louper étant donné l’impact que ces expertises peuvent avoir. Et je ne te parle pas des réunions où tu ne dois pas te louper sinon tu as les instituions aux intitulés ronflants sur le dos, et, par suite ton chef et ses acolytes.

 

 

En gros, il faut quand même être bien bien à 200%:
200% disponible et à 200% de ses capacités à tout instant.

 

 

 

 

 

Sauf que du fait de ma santé ce n’est pas le cas

 

Gros problème de mémoire à court et à moyen terme, de réflexion, de lenteur en général. Crises d’épilepsies générales et partielles, perte soudaine de motricité dans un membre, une main gauche qui déconne bien. Et pour rajouter une couche de boursin version lait tourné sur la tartine, les médicaments que je dois prendre pour éviter de trop te griller la cervelle ont pour effets secondaires ces mêmes problématiques. Bref, tu as le droit à du rab jusqu’au dessert même si tu te serais bien contentée de l’apéro.

 

 

 

Très objectivement, je suis devenue un boulet pour mon boss et mes collègues
Et le stress de ce boulot n’aide pas à stabiliser mes pathologies
Bref, perdant-perdant


J’aime la vérité sans filtre (comme ma pote aime ses clopeaux)
et je pense qu’il est ridicule de se voiler la face pour préserver son égo.

 


Pourtant je ne le vis pas mal, je sais que c’est au-delà de mon contrôle
Que c’est une autre histoire qui commence

 

Le rythme que m’impose la réalisation de mes missions sera toujours un déclencheur de crises d’épilepsie, la fatigue et le stress majoreraient le risque de rechute de dépression même si je retrouve un jour l’ensemble de mes capacités.

Bob, mon ami agriculteur et revendeur local de plantes médicinales apaisantes, me susurre dans l’oreille que cette nouvelle vie, ça va être de la bonne.

 

 

 

 

Je te vois penser:
Mais pourquoi tu as eu 4 enfants alors ?
C’est pas raisonnable !

 

 

 

Tout ce qui m’est arrivé de mieux dans ma vie n’était pas raisonnable. C’est raisonnable d’accepter une demande en mariage au 4e RDV (avec certes une date lointaine) ? Nope. C’est raisonnable de soutenir son oral de master avec deux bébés dans le ventre ? Nope. Tu crois que c’est raisonnable de refuser une anesthésie générale et de demander une césarienne presque à vif pour sentir naître sa fille ? Nope.

Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai suivi la voie raisonnable. Les études toutes bien, pas trop de sorties, devenir propriétaire d’un pavillon en banlieue quitte à faire plus de trajet. Maintenant, mon credo c’est Fuck it. J’ai tout bien fait, et regarde où je me retrouve aujourd’hui, avec le risque de tout perdre financièrement.

 

 

 

 

 

 

Je suis également intimement convaincue qu’aucun job, aussi prestigieux et intéressant soit-il,
ne mérite pas que je sacrifié la vie de famille dont j’ai toujours rêvé.

 

Je ne l’ai pas toujours pensé, mais maintenant Ne t’inquiètes pas, le jour où tu diras bye bye à ton joli bureau, tu comprendras vite que tout le monde est déjà copain-copain avec celui qui a dorénavant son popotin sur ton siège encore chaud.

 

 

 

Ben pourquoi tu ne tentes pas temps partiel genre 50/60% ?

 

La politique de mon administration est très claire sur ce point: quelque soit la quotité de travail d’un agent, il a la même charge de travail qu’un agent à temps plein. Même s’il est à 50%. Oui c’est totalement illégal. Mais non, personne ne peut y faire quelque chose, pas même les syndicats.

Boris H, notre syndicaliste et ancien communiste réformé, en est tombé dans l’alcoolisme.

 

 

 

 

 

Alors demande l’appui du médecin du travail pour trouver autre chose !

 

N’oublie pas, cher lecteur, que je suis ceinture noire de poissarderie 750e dan.
Mon médecin du travail est quelque peu… spécial disons.

 

Sa préconisation officielle dans ma situation: un congé parental de 3 ans. Oui, même pas de apte/pas apte, juste ce à quoi se limite son rôle. Nope. Il préfère te dire comment vivre ta vie.

 

 

Moi ce que je voudrais bien sivouplé c’est un congé longue maladie pour me retaper
et puis un reclassement dans un poste de catégorie B ou C.
Un truc sans stress.

 

Mais dans la fonction publique c’est très très compliqué
Il faut obligatoirement passer par le comité médical

 

 

Cette instance est chargé de donner un avis sur la demande de l’agent. Cette décision est quasi toujours suivie par l’administration. Il est composé de médecins généralistes. Le médecin du travail peut y être entendu et rend de toute manière un avis écrit versé au dossier. Le secrétariat est assuré par l’administration, même si officiellement, ils n’ont pas à influer sur la décision.

 

Charles P, avec son accent qui chante trouve que ce système est très bien pensé et permet vraiment une certaine “souplesse”.

 

 

 

 

 

L’agent doit envoyer un dossier complet avec les attestions/courriers du médecin traitant et des médecins spécialistes
qui le suivent pour ses joyeusetés de santé au secrétariat du comité médical.
 

 

En droit, le comité médical ne communique pas avec l’administration d’origine de l’agent sur cette base. Mais lorsque tu travailles en administration centrale et que le dit comité médical gère uniquement les agents sur le site du dit ministère ….

 

 

 

Le secrétariat du comité médical désigne ensuite arbitrairement un expert sur une
liste de médecins agrée pour rendre un avis au comité médical.

Puis le dit comité médical rend son avis.
Il n’est pas obligé de suivre l’avis de l’expert

 

 

 

Quand bien même l’équipe médicale qui me connaît et me suit depuis des mois/années estime que la reprise du travail serait pour moi dévastatrice, mon sort est entre les mains d’un “expert” que je ne vais voir que 30 minutes, puis de médecins qui ne m’auront jamais examinée, et qui ne savent de mes pathologies que quelques bouts de papier. Suffisant pour juger de la sévérité d’une pathologie comme la dépression  ? Mon devoir de réserve me limite à vous dire que je vous laisser en juger.

 

Ah oui et j’oubliais, le patient/agent n’a pas le droit d’être entendu par le comité médical. Par contre, il peut demander à un médecin de le représenter. Ben oui, il est pas médecin ce couillon de gratte papier, il ne pourrait pas comprendre de quoi qu’on parle vu qu’il est pas médecin.

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonne chance aussi pour demander à ton médecin de se déplacer, et donc de perdre une demi journée de consultation au pied levé, pour 10 minutes où il va répéter ce qu’il a écrit dans sa lettre de saisine.

 

 

Si la médecine du travail persiste dans sa volonté de justifier l’instabilité de mes pathologies à “trop d’enfants”, et que par conséquent, la solution la plus adaptée pour moi est le congé parental et non le congé longue maladie … je l’ai dans l’os. J’ai le droit à 12 mois consécutifs de congé maladie ordinaire et après, soit je réintègre mon poste, soit je placée en disponibilité d’office, et dans sans salaire.

Et puis, ça ne fait pas bien dans le dossier de mes supérieurs une agent qui est en longue maladie pour dépression.

 

Paul B, cadre sup en fin de carrière est tout à fait d’accord. Sinon, le pauvre homme risque de rater sa vie et de passer à côté de sa rolex.

 

 

 

 

En gros, c’est un peu une usine à gaz où tu peux facilement noyer le poisson.

 

Si tu veux mettre des bâtons dans les roues à l’agent, tu n’as pas à réfléchir des masses. Première option: choisir un expert bien strict sur ce type de situation. Option deux: tu peux trouver un prétexte bidon résumé en une phrase bidon sur le PV du comité médical. Voilà.

Il est possible également de spéculer sur le fait que le comité médical dépendant de l’administration, il peut avoir comme instruction, en ces temps de disette budgétaire, de limiter l’octroi des congés longues maladies dans les cas où cela est strictement nécessaire *raclement de gorge innocent*. La mise en disponibilité sans traitement et/ou la retraite pour invalidité c’est pas si mal hein.

 

Jérôme C, le chef de la compta, il opine du chef. Il faut savoir où placer intelligemment les fonds dont on dispose.

 

 

 

 

 

 

 

Je peux contester cette décision devant le comité médical supérieur …
qui suit le comité médical dans 99% des cas.

 

 

Ben oui, on ne va pas contredire un confrère hein !

 

 

 

Tu comprends pourquoi je suis inquiète pour l’avenir
Je risque de me retrouver sans aucun revenu

 

 

Si je n’ai plus de sousous, sachant que j’ai le plus gros salaire du foyer, qu’on vit en région parisienne, on va retourner squatter l’étage de mes parents.

Ouai. Un ingénieur et une juriste avec 7 ans d’études après le bac et un diplôme de Sciences Po dans la poche. Des fois, je me dis qu’on a été bien bêtes de faire toutes ces études, de vouloir vivre le rêve parisien. Ouai, on en devient légèrement aigris.

 

 

 

 

 

 

Si j’ai envie d’en parler sur ce blog c’est pour faire connaître ce système,
mettre une histoire derrière ces articles du code de la santé

 

 

Je ne cherche pas la pitié où qu’on me plaigne. Je veux juste montrer la réalité, mettre en lumière ses absurdités si, par hasard, elles survenaient pendant la procédure. J’ai une grande colère contre le système. Je ne vais certainement pas pouvoir changer le système avec mes petites mains. En plus, je ne sais pas parler en public, c’est pas pratique. Mais je peux lancer des mots ici.

32 Comments

  1. Mon ‘avis de médecin aurait tendance à suivre l’avis du médecin du travail… Parce que 4 enfants en trois ans et demi, ça n’est pas très compatible avec une maladie non équilibrée, et parce que l’intérêt financier de l’agent est bien évidemment d’obtenir un CLM.
    Après dans la fonction publique on est parfois très surpris de la “générosité” avec laquelle sont accordés les CLM. Bien plus de protection que dans le privé. Peut être ton administration a t’elle envie de te laisser partir, auquel cas tu auras peut être une bonne surprise.
    Catégorie B ou C tu risques de grave d’embêter après. De ce que tu laisses filtrer de toi sur ton blog, tu es faites pour être indépendante.

    1. En fait, lorsque je suis tombée enceinte de mes 3 premiers enfants, clairement, je n’étais pas du tout dans le même état de santé. Après la naissance des jumeaux, je suis retournée au travail après 6 semaines (le minimum légal). je voulais faire pareil après la naissance de Samuel, mais ça m’a été refusé. Je me sentais bien. Les choses ont commencé à vraiment se gâter par la suite. A posteriori on peut donc voir la situation bien différemment de ce qu’elle était à l’époque.

      Ce que je reproche surtout au médecin du travail c’est de sortir de sa compétence. Légalement, il peut uniquement se prononcer sur l’aptitude ou non de l’agent, et non préconiser un choix de vie qui relève de la sphère privée. Là c’est mon côté juriste qui ressort 😉 .

      Mais clairement, les intérêts de mon administration et les miens se rejoignent: aller vers la sortie le plus vite possible. Dans mon ancienne administration, on faisait tout pour pousser les agents “boulets” qui voulaient partir vers la sortie. C’était du gagnant-gagnant. J’en connais qui ont eu des mutations dans des départements difficiles à avoir comme ça, bizarrement.

      Honnêtement, je me sens très à l’aise dans les tâches simples et répétitives. C’est très calme et rassurant. Je n’attends pas (plus en fait) un épanouissement intellectuel dans mon travail. J’attends surtout un environnement calme, et dans l’idéal avec le minimum de contact. Me lancer en tant qu’indépendante me fait beaucoup trop peur, mais clairement ce serait le rêve.
      Mon indépendance et ma stimulation intellectuelle, je la trouve sur ce blog :). Et j’ai de la chance, dans ma ville, il y a pas mal de clubs de langues/arts/sciences.

  2. Je n’ai pas vraiment de solution à te proposer pour le court terme. L’essentiel me semble que tu puisses te “poser” pour te remettre et te stabiliser. Juste une question, par contre, la différence entre CLM et congé parental est-elle vraiment si importante ? Le congé parental permet d’économiser sur les frais de garde, de transport etc. Et cela a des conséquences sur l’imposition, les aides au logement etc.
    Bref, sinon à moyen/long terme, passer sur un poste de prof de lettres ne te tenterais pas ? Je ne sais pas comment ça se gère en pratique mais je me souviens d’une connaissance qui l’avait fait. Elle n’en pouvait plus de son administration d’origine, a aussi hésité avec un congé parental puis a choisi cette option. Elle s’est retrouvée en collège, dans une zone sensible, pas très proche de chez elle… Et elle a adoré !
    La situation est peut-être trop tendue pour envisager la suite sereinement mais parfois avoir d’autres pistes/options permet aussi d’être rassuré…
    En tous cas je t’envoie tout mon soutien dans cette période difficile !

    1. Le Clm permet d’être payé plein salaire un an et demi salaire deux ans supplémentaire. Évidemment c’est beaucoup, beaucoup plus qu’un congé parental… avec les mêmes économies de frais de garde.

      1. Dans mon cas, il n y aura pas d’économies sur les frais de garde. Je ne peux plus garder mes enfants toute la journée du fait de l’aggravation de la maladie, qui a explosé pendant la grossesse.

        En même temps, le montant du congé parental en France est au niveau de seuil de pauvreté alors bon ..

    2. Merci 🙂

      Je ne suis vraiment pas à l’aise en public, donc je ne pense pas qu’être prof au dans le secondaire soit pour moi. Même si je suis passionnée par les lettres modernes ou l’histoire. Et le concours est a affectation nationale si je me souviens bien. Honnêtement, en ce moment, tout ce que je veux c’est un poste hyper simple d’assistante administrative. C’est là que je me sentirais bien.

  3. Bon courage alors! Je vois pas pourquoi un congé parental serait préconisé par un médecin s’il ne t’est pas possible de t’occuper des enfants toute la journée… c’est un non-sens, non? Et même si ton état de santé était dû à tes grossesses, le résultat est que tu ne peux pas travailler ainsi, et non pas que tu veux rester à la maison pour rester avec tes enfants.
    Bref. Sinon j’ai lu aujourd’hui que les candidats de télé réalité se payent des vacances à 25000€ , ça vaut bien le coup de faire des longues études pour avoir un travail bien :\

    1. Le médecin du travail n’est pas au courant de mon impossibilité de garder mes enfants. Enfin, elle sait bien que je suis épileptique et je peux faire des crises à tout moment. Mais ça ne l’empêche pas de me dire de garder les enfants des autres. Donc je pense qu’elle est tellement dans son monde qu’elle s’en fiche.

      J’aurais du aussi devenir footeux, j’ai appris que ça payait bien !

  4. Et quid d’une démission avant de repasser un concours de catégorie B ? Il est quand même probable que tu le décroches et ce serait une démarche parfaitement légitime (parce que tu n’es pas inapte au travail, mais à un poste en particulier). Sinon tu avais parlé professorat des écoles aussi… Pourquoi fermer cette porte ?

    1. J’avoue que j’aurais trop peur de démissionner, et je crois que si tu le fais, tu as interdiction de passer des concours pendant plusieurs années;

      Pour le professorat des écoles, je ne remplis pas les conditions médicales étant donné que mon épilepsie n’est vraiment pas stabilisée. Après contact avec le rectorat, malgré une RQTH, je ne suis vraiment pas sure d’avoir un poste près de chez moi accessible en transports en commun. pour ça il faut que je passe … devant une commission médicale XD

    1. Le lien est malheureusement très simple: faire des économies.

      Honnêtement, je ne me vois pas me reconvertir dans un autre poste de cadre. On a atteint un point de non retour dans certains séquelles, et le stress pourrait très facilement me déstabiliser.

      Pourtant, je ne demande pas quelque chose de compliqué, juste un poste pas stressant, et avec moins de responsabilités. C’est pas comme s’il y en avait pas dans la fonction publique !

  5. la joie de travailler dans la fonction publique!
    ce qui est « drôle » c’est que beaucoup pensent encore « de quoi elle se plaind, dans le privé ce serait pire ». Alors qu’en vrai, dans le privé, tu pourrais demander une rupture conventionnelle de contrat, négocier ton départ et avoir le droit au chômage…pas de chance les fonctionnaires n’y ont pas le droit!

    1. Oui, ces dernières années, on est vraiment passés à autre chose. J’y pense à la rupture conventionnelle, mais le problème c’est que mes compétences ne sont pas vraiment exploitables dans le privé.

  6. Oh la la c’est compliqué. Moi qui pensais naïvement que les gens étaient beaucoup plus protégés dans la fonction publique.
    Plein de courage avec tout ça car évidement le stress ne va pas aider le reste j’imagine.

    1. Oh non, je pense que maintenant, on est plus protégés dans le privé ! On veut transformer la fonction publique, mais pas forcément dans un sens de bien-être des agents.

  7. Je vais commencer par partager sur Facebook ton article car il y a des tas de choses que l’on ignore sur la fonction publique et qu’il est bon de faire connaître. et puis je vais te dire qu’on croise les doigts pour toi aussi !

    1. Merci beaucoup pour ce partage :). Je pense qu’il est important de faire passer le message que la fonction publique, ce n’est plus la bonne planque, et que ça commence vraiment à aller à devenir une machine à broyer.

    1. Malheureusement il n’existe pas vraiment d’associations spécialisées dans le domaine, car ils ne peuvent pas faire grand chose. Le problème est avant tout que le comité médical rend un avis sans avoir vraiment à le motiver et qu’il peut vraiment faire ce qu’il veut .. ou ce que l’administration lui demande de faire.

  8. Ptain je me retrouve tellement là dedans…pas la même situation mais j’ai vécu ça aussi avec ma dépression post partum à moindre mesure. Ce qui me parle le + ce sont les trucs dits “raisonnables”. Quand t trop raisonnable on va te dire de te lâcher et quand tu te lâche on va dire calmos. Tes choix sont tes choix et même si tu avais voulu accoucher dans une hutte au fin fond de la Creuse je dirais que tu as eu raison. Poir le pb du taff j’ai aucune solution (bad girl :p) mais je te souhaite que tout ça se décante et surtout que tu puisse te reposer tranquillement et profiter de ta famille.

  9. Et quitter la région parisienne pour gagner en qualité de vie (vie et loyers beaucoup moins chers, beaucoup moins de pollution, moins de temps de trajet, etc.), ce ne serait pas du tout envisageable ? Personnellement j’ai retrouvé la vie bretonne avec un immense bonheur, mais bon, comme j’ai jamais aimé Paris même en 10 ans de relation avec cette ville/région parisienne… 😀

    1. Le problème serait surtout de trouver un travail pour mon conjoint. Il s’est malheureusement trop spécialisé et ce serait compliqué de trouver en dehors de Paris. Louer un appart à une personne au chômage et une autre en maladie, ce serait vraiment compliqué. Mais si c’était à refaire, clairement, nous ne serions pas venue en région parisienne.

  10. Bonjour,
    Je présume que tu a fait le tour des options que tu pourrais envisager au niveau professionnel, mais au cas où, je me permet de te soumettre ces quelques idées :
    Ne souhaites-tu pas profiter des départs volontaire de la fonction publique ? Désormais il sera possible de démissionner, tout en touchant une prime de départ (proportionnelle au nombres d’année passé en poste) et en étant indemnisée pendant deux ans (tu perçois le chômage en gros). Je sais qu’il existe ensuite une période pendant laquelle tu ne peux pas être réintégrée à la fonction publique pendant un certain temps, mais il faudrait voir le détail : peux-tu éventuellement être réintégrée dans la territoriale ? Ne peux-tu passer aucun concours (catégorie B, C) pendant cette durée ?
    En outre, tu peux essayer de postuler directement sur des postes de B qui te correspondraient plus, en passant par la Bourse de l’Emploi Public. Les services RH ne doivent pas souvent voir un A qui postule sur un poste de B, mais en expliquant ta démarche dans ta lettre de motivation, cela pourrait retenir l’attention d’un recruteur.
    Enfin, as-tu fais les démarches pour faire reconnaître un handicap (La reconnaissance de la qualité de travailleur handicap)? Il me semble que ta pathologie pourrais te donner accès aux recrutements contractuels handicapés, organisés tous les ans par quasiment tous les ministères. Il n’y a pas de concours a passer et cela te permettrai de bouger dans un autre ministère que le tiens, qui paraît tout à fait irrespirable.
    Bon courage !!!

    1. Je crois qu’on ne peut pas passer les concours ni être contractuelle. Mais si je postule sur des postes catégorie B ou C après avoir été A, je devrais leur expliquer mes problèmes de santé. Pour eux ça fait une grosse lumière rouge: arrêts maladie en vue. Là, pas sur qu’ils aient envie de m’embaucher. J’ai posé la question aux RH de mon poste actuel et mes anciens RH, ils ont été clairs, j’ai vraiment peu de chance.

      J’ai commencé la procédure de RQTH. Il va falloir attendre maintenant 9 mois ‘(!!!) minimum pour avoir une réponse de la MDPH.

  11. J’y connais rien à la fonction publique et ton récit m’a encore plus emmené sous l’eau. Ca semble extrêmement compliqué.
    J’ai changé de vie en ce qui me concerne. Après avoir essayé de travailler à 80% (un jour de moins pour autant de travail) au 7 mois de mes jumelles (4&5eme enfants). J’ai tenu 6 mois. Un congé parental? Tout le monde m’en parlait mais la crèche m’a bien fait comprendre que mes places seraient perdues et l’accueil ponctuel impossible (2places, une utopie!). Et pour faire quoi ? Je suis ingenieur, j’avais un poste qui me plaisait mais qui n’entrait plus en adequation avec ma vie, la vraie, celle que t’embrasse le matin ou même qui te réveille la nuit, et à qui tu dis bonne nuit le soir. On a profité d’une opportunité arrivée à point nommé pour tout changer. De maison, de pays, de vie. Maman à la maison depuis 4 ans, moi qui vivais à 100 à l’heure, je prends le temps d’accompagner mes enfants, de faire des choses qui me plaisent comme coudre, de vivre tout simplement. Mes filles ont eu une place en jardin d’enfants apres des mois de bataille ce qui me permet de souffler pour moi et de grandir et d’aprpendre la langue étrangère pour elles. Changer de vie, quand on s’est battu pour ses études, pour son 1er job, pour être considéré au même titre que ses paires mâles, c’est presque renié qui on est devenu. Très dur. Mais quand on est en face du mur, on a le choix entre sombrer ou rebondir autrement. J’ai préféré la 2ème option. Et aujourd’hui je recherche du travail et soit je suis trop diplômée pour les postes que je vise ( je ne veux plus bosser dans un système qui ne me convient plus), soit j’ai trop d’enfants, soit les deux à la fois. La reconversion, j’y pense sérieusement.

    1. Ton commentaire me touche vraiment. Avec mon conjoint c’est ce qu’on se dit. Qu’est ce qu’on perdrait à changer de pays ? Lui à accepter une offre au Canada ? C’est vraiment dur en effet de se dire qu’on a “perdu” tout un pan de sa vie. C'(est presque un deuil.

      Officieusement on a pas le droit de te demander combien tu as d’enfants, mais il est très facile d’accéder au dossier d’un fonctionnaire … Je suis grillée de ce côté là. Impossible d’expliquer pourquoi je souhaite un poste de non cadre sans sans passer par la case enfants et maladie. Ca vend pas du rêve à l’heure où tu as 20 candidatures pour un poste.

  12. Ohlàlà quelle galère …. l’administration française, on en parle et reparle mais c’est vraiment un labyrinthe du n’importe quoi …
    Je t’envoie tout mon courage et mon soutien car ce doit être probablement angoissant … ce qui n’est pas pour t’aider !

    1. Je ne considère pas avoir perdu un pan de ma vie. Au contraire, j’ai adoré mon travail, les deux postes que j’ai eus. J’ai toujours été à fond dans mon boulot à faire du mieux que je pouvais parce que ça me plaisait. C’est une belle phase de ma vie. J’ai eu mes enfants rapprochés (les 3 premiers), parce que c’est ce qu’on voulait. Etre parents jeunes et finir les couches le plus tôt possible pour en profiter mieux après. On n’avait pas compté sur les n°4&5 😉 Ca a bousculé tout. Ca a complètement bouleversé ma vie et pour le coup notre vie. J’ai eu bien du mal à accepter d’en avoir deux dans le ventre et quand une once d’acceptation a commencé à poindre, on nous annonce que les bébés ont un STT et qu’il faut opérer (ou pas, c’est ta décision en définitive, un truc de fou!) en urgence à 500km de chez nous du jour au lendemain, avec plein de stat dans la tronche sur le pronostic vital par mois si jamais l’opération se passe bien…
      Et puis finalement elles ont vécu… et puis finalement tu te rends compte que t’y as jamais cru. Elles sont là et faut s’en occuper. Ca bouscule ta vie,ta famille, ton travail, tout. Et pourtant, elles sont même en bonne santé. Un miracle! Alors t’essaye de sortir de ta zone “vie paradoxale” où tu ne sais plus qui tu es, où tu es et arrêter de comparer ce que tu voulais et ce que tu as. Tu te recentres sur tes points vitaux: la famille, celle que tu as construite. Pour ça faut être solide. Pour être solide, faut les assumer, tous, tous les 5 qui sont là et qui n’ont rien demandé. Tu crois que le travail c’est la clé, que tu vas retrouver un semblant de normalité, mais c’est pire. Ca ne fait que te cacher de tous les problèmes. Tu mets des pansements: femme de ménage, babysitter, aide à la personne le soir… Ca ne résoud rien. T’assumes toujours pas ta famille XXL, tu ne te remets pas de ce choc émotionnel vis à vis de l’annonce de la grossesse gémellaire, du STT, des IRM, des nombreuses hospitalisations pour tellement de raisons que tu ne sais même plus lesquelles, de tes piqûres d’insulines 3x/jours, de l’accouchement avec tout le service de la maternité (ou presque) à ton chevet, de la réa, de ta chambre vide pendant 5 jours, de la néonat. T’as juste vécu un énorme trauma pendant 7 mois 1/2 qui est monté crescendo et tout le monde voudrait que tout aille bien dans le meilleur des mondes, parce qu’au final, elles vont bien!
      Elles, oui (et encore ça dépend à quel niveau!), mais toi???
      Alors ça c’est mon histoire. Mais il en existe plein des comme ça et comme on est toutes différentes, personne n’a les mêmes réactions et ressenties. Tu vis quelque chose de bien difficile et compliqué. Je n’ai absolument aucune idée de comment je mènerai ça de front. Mais ce qui est sûr, c’est que j’en baverais!
      Vivre à l’étranger était un souhait de mon mari et moi. Un souhait qu’on n’a pas creusé parce que je suis tombée enceinte des filles. Et puis peu après que j’ai repris le boulot, mon mari a eu un appel à son travail (pas gonflé les gars déjà!), une proposition de venir ici. On ne l’a pas cherché, on ne l’a pas voulu, on a même refusé. Trop galère. Notre vie était une galère. 3 mois après, ils ont rappelé!!! La galère n’avait pas changé. Mais quitte à y être, pourquoi pas carrément tout changer! Alors on a dit oui! On a sauté dans la totale inconnue à pieds joints. Je serais à la maison, mais j’aurais des challenges de taille: faire en sorte que mes enfants s’intègrent bien (pas d’école française), apprendre la langue et surtout avoir le temps de m’approprier mes filles (j’ai mis 2 ans pour ça). Je regrette rien. La vie, c’est pas le travail. Le travail aide juste à vivre. Un jour les enfants s’en vont, oui, c’est vrai et même qu’ on les éduque pour qu’ils arrivent à partir le mieux possible. On verra ce jour là comment je me sentirai. Là tout de suite, je sais qu’on a pris la bonne décision il y a 4 ans. Il y a un temps pour tout.

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