Au quotidien / Maman féministe

De la sororité numérique

Jusqu’à présent je me sentais un peu seule dans le bordel constant l’aventure de la maternité. Je suis la seule de mes copines (peu nombreuses en plus) à être maman, je n’ai pas vraiment d’exemple de la mère que je voudrais être/devenir dans mon entourage. J’étais bien comme il faut un chtouille perdue dans le brouillard. En outre, je pensais que les réseaux sociaux, particulièrement Instagram, étaient devenus de simples vitrines trompeuses destinées à rendre hyper glamour le quotidien des influenceuses, afin de leur permettre de mieux faire la promotion de produits divers et variés (en même temps, c’est leur gagne pain, il faut ce qu’il faut). Et puis, j’ai changé d’avis.

 

Les parents, et les mères en particulier, sont tellement habitués à faire l’objet de critiques sur le moindre de chacun de nos choix. Sans dec, une fois on a émis un avis négatif sur une paire de chaussettes de mon fils. Je pense que c’est en grande partie pour ça qu’on ne cesse de se juger entre nous, qu’on veut montrer qu’on a fait le meilleur choix pour nos enfants et pas les autres. Vous avez déjà lu les commentaires sous un post parlant cododo ou allaitement ? C’est Verdun je vous jure. Je ne suis pas sure que répondre à des posts de gros sites anonymes soit le meilleur moyen de se faire des copains.

 

 

Pourtant, au fil de mes posts et de mes commentaires sur les blogs et Instagram,
je me suis sentie beaucoup moins seule.

J’ai réalisé que la plupart des personnes postant ou interagissant sur les comptes
que je suivais étaient dans une démarche bienveillante.

 

 

 

 

Je ne compte plus les MP et les commentaires des personnes qui ont eu un mot gentil, une idée, un conseil pertinent. Pour tout cela, encore merci. Je ne m’y attendais vraiment pas. J’ai reçu tellement de bonnes ondes et d’encouragement pendant ma dernière grossesse difficile, et les premiers temps d’Aliénor qui le furent tout autant.

 

 

 

J’ai enfin la possibilité de parler avec des personnes vivant les mêmes choses au quotidien,
les tracas, les épreuves, les sourires, les angoisses, les grands bonheurs.

 

 

Je ne me retrouvais plus seule à en parler uniquement avec Mr G, qui était tout aussi paumé que moi, et légèrement moins intéressé par le sujet, il faut bien l’avouer.

 

 

Avec ce blog et mon compte Instgram, je me suis sentie écoutée,
je me suis sentie utile car je pouvais peut-être apporter quelque chose aux autres en retour.

 

 

 

Les langues se délient plus facilement derrière les claviers.

Les réseaux sociaux, les blogs nous amènent à partager des instantanés,une part de notre vie quotidienne qui nous semble plus importante que les autres sur le moment. Ou alors parfois certaines choses viennent des tripes. On partage nos activités de tous les jours comme on le ferait avec des proches présents sur place. On compense en quelque sorte le fait de ne pas “se voir en vrai

Au fil du temps, on se rapproche forcément plus des personnes avec qui on a des atomes crochus. De vrais liens se sont formés. J’ai même pu rencontrer en vrai, des personnes avec qui je dialoguais par écrans interposés.

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Bien sur qu’on peut ne faire ressortir que le meilleur de nous-mêmes.
Mais je constante que pour la plupart des personnes que je suis, il ne s’agit pas de glamourifier inutilement leur vie quotidienne.

 

 

 

 

Clairement, ce n’est pas comme ça qu’il faut faire pour peser dans le game des influenceurs, mais ça, je m’en fous.

 

C’est un petit comme le paradoxe d’internet. Il peut servir à rejoindre des terroristes pédophiles barrons de la drogue ou alors à diffuser des contenus scientifiques, à permettre à des personnes de se rencontrer et de fonder une magnifique famille composée de jumeaux, d’un petit garçon souriant et d’une petite fille inespérée. Très sérieusement, un jour il faudra que je vous raconte notre histoire avec Mr G. C’est un mélange d’originalité, grosses coïncidences et de littéralement plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Non, sérieusement, des dizaines de milliers de kilomètres et un tour du monde et de France sont vraiment inclus là dedans.

 

 

Nous sommes de plus en plus souvent éloignés géographiquement de nos proches.
Nos emplois du temps ne nous laissent que peu de temps à passer avec eux.

 

On dit qu’il faut un village pour élever un enfant.


Parfois le village est une commune sur le point d’être rayée de la carte.

En plus, il existe peu d’opportunité de rameuter plus d’habitants.

 

 

 

 

En France, il n’existe à ma connaissance que très peu de groupes réguliers parents-bébés qui permettent à des femmes qui ne se connaissent pas forcément, mais qui ont des enfants du même âge, de pouvoir échanger dans des espaces “safe“. Les réseaux sociaux offrent une sorte d’immense groupe parents-bébés. Bon, on est très loin de la zone sans jugement. Il suffit juste de choisir quel compte on souhaite suivre en fonction de la personne qui se cache derrière cette page numérique.

 

 

 

Est-ce que c’est ça la nouvelle sororité ?
Une sororité dans l’espace numérique ?
Un endroit où les femmes peuvent se retrouver et se soutenir ?
Un endroit où on peut trouver de meilleurs conseils que ceux de tata Georgette ?

 

Je pense que oui.

7 Comments

  1. Tu as vraiment raison ! J’ai aussi cette impression de sororité (à condition de choisir les bons comptes), les réseaux sociaux nous permettant en plus de “rencontrer” des personnes que nous n’aurions jamais croisées sinon ou à qui nous n’aurions peut-être pas adressé la parole. Et puis, de toute façon, je ne suis pas ces comptes d’instagrameuses faisant la promotion permanente de leur “vie parfaite”, ça ne m’intéresse pas.
    Un petit article sur votre rencontre, ça a l’air croustillant et improbable. 😉
    Bisous

  2. Comme je suis d’accord avec ce constat. Parfois les réseaux ont leurs travers mais quand meme : on ne peut pas leur enlever le fait qu’ils créent du lien. Ils nous permettent de nous rencontrer, d’échanger, de créer une communauté. La sororité ? C’est comme cela aussi que je le perçois…
    On prend soin les unes des autres, comme le dit ton petit GIF “I got you”.

  3. Je suis tellement d’accord ! Via les RS je me suis créé un réseau de mamans qui partagent à peu près les mêmes questionnements, les mêmes déboires, les mêmes envies et les mêmes références, et cela m’a fait grandir, murir, et donner confiance en ma maternité. Bien plus que mon entourage physique, qui était plutôt du genre étouffant et infantilisant. Ca m’a fait un bien fou !

  4. je trouve beaucoup de bon dans les RS, je pense que c’est aussi lié à la communauté que nous suivons (blogueuses parentales) qui est un peu moins sujette aux crêpages de chignon que les modeuses ou lifestyle.
    Je viens de me rendre compte que ton blog n’était pas rentré dans mon feedly, j’ai zappé plein d’articles !

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