Education

Éducation positive, refus des VEO: un combat à mener avec du bon sens

Mardi, j’ai lu l’excellent article du blog Petits Ruisseaux Grandes Rivières sur les dérives de la parentalité positive. Je suis tombée sur mes deux fesses bien grasses lorsque j’ai lu certains “conseils”donnés aux parents par les ayatollahs autoproclamés de la parentalité positive. Genre ne pas retenir ton enfant de 18 mois par la manche pour ne pas qu’il court tout droit en face d’un bus. C’est clair que’après les obsèques du gamin, tu seras certaine de ne plus lui faire subir des VEO hein ...

Non, je ne cherche pas à surfer sur la hype. J’ai envie de faire entendre une voix différente, et je l’espère, déculpabilisante. Du coup, j’ai envie de vous faire partager notre quotidien, entre bienveillance, imagination et réalité.

Faire entrer la bienveillance dans les foyer, bannir les violences éducatives ordinaires (VEO)
c’est un combat des plus nécessaires à mener.

 

 

Il contre productif et dangereux pour le développement de l’enfant de recourir à des punitions corporelles, peu importe leur forme, y compris “la petite fessée”. Il est aussi délétère pour la confiance en lui de lui répéter qu’il n’est qu’un bon à rien lorsqu’il ne réussit pas quelque chose du premier coup et/ou épreuve des difficultés en général. Tout faire à la place de l’enfant au lieu de l’aider et donc lui faire penser qu’il est incapable de le faire. Le comparer sans cesse à d’autres enfants. Lui faire des remarques sur son physique. Lui demander ce qu’on a bien pu faire pour avoir hérité d’un enfant comme lui. Se désintéresser de ce qui lui fait peur. Tout simplement l’insulter et le rabaisser.

Ce sont des VEO. Et malheureusement ne pas les pratiquer au quotidien est loin d’être une évidence dans beaucoup de foyers.

 

 

 

 

 

 

Mais j’ai l’impression que, comme dans beaucoup de domaines, parfois certains commencent
à dériver vers un extrémisme qui va à l’encontre des besoins même de l’enfant
.

 

 

Encore une fois quelques allumés bruyants qui peuvent discréditer l’idée de base aux yeux du grand public parental. Dommage pour les enfants qui subissent vraiment des VEO au quotidien.

 

 

 

Non, je ne suis pas une adulte toute puissante qui impose sa volonté de fer à mes enfants.

 

Mon but est d’accompagner au mieux mon enfant pour en faire un adulte épanoui.
Je m’efforce de m’adapter au mieux aux besoins des enfants et à ces capacités à l’instant T.

 

 

Une sorte de co-construction dirons-nous. Donc une construction où je dois apporter mes compétences en tant qu’adulte. Je sais que maintenant ce n’est plus dans l’air du temps de dire ça, mais le cerveau du parent a (normalement) atteint une maturité plus avancée que celle de l’enfant. L’adulte est donc capable d’appréhender le monde de manière plus globale que l’enfant. Eh oui, si on ne peut pas demander à l’enfant telle ou telle chose du fait de son immaturité physiologique (ce qui n’est pas une manière de le diminuer, c’est juste une observation biologique neutre), il faut reconnaître que parfois il a besoin de plus que de simples explications du parent.

Accessoirement, le parent est aussi garant de la sécurité, la santé de sa descendance, et se doit d’apporter les conditions matérielles nécessaires pour tout ce schbidouille. C’est une sacrée responsabilité ça vendidiou.

 

 

 

 

 

 

 

Je suis intimement persuadée que l’enfant a besoin d’un cadre sécurisant pour s’épanouir au mieux.
Le laisser libre de tout, c’est le mettre dans une position d’insécurité constante,
et par suite le priver de ce cadre dont il a tant besoin.

 

 

Donc oui j’assume de parfois imposer des choses à mes enfants
De moins en moins à mesure qu’ils grandissent et qu’ils sont capables de comprendre des notions de plus en plus complexes

 

 

Donc oui, j’assume, je retiens physiquement mon enfant de 18 mois, qui n’a pas encore physiologiquement la notion de “je peux être paralysé à vie ou mourir si je passe par dessus le balcon du 2e étage“, lorsqu’il s’approche trop du bord du dit balcon.

Il est également difficile pour le dit enfant d’appréhender la notion de contrainte à l’instant T pour avoir un gain plutôt abstrait plus tard. Il est difficile de lui expliquer que cette prise de sang, un peu douloureuse sur le moment, est nécessaire pour évaluer l’efficacité du traitement mis en place pour sa maladie et donc améliorer sa qualité de vie, ou le maintenir en vie dans certains cas. Je lui impose de prendre son traitement car j’aimerais accessoirement éviter que mon fils se retrouver hospitalisé pour une crise d’asthme qui aurait pu être gérée avec son traitement par chambre d’inhalation à la maison.

 

 

En outre, ces injonctions à parentalité 200″positive” sont extrêmement culpabilisantes pour les parents

 

S’ils interdisent et/ou retiennent l’enfant, ils ont tort.

S’ils expliquent et que ça ne marche pas (comme c’est souvent le cas avec de très jeunes enfants),
ils sont incapables d’arriver à suivre les conseils qui assureraient le bien-être de leur enfant.

Si l’enfant a écouté les explications mais a continué ” à explorer” et qu’il se blesse, c’est encore la faute des parents

 

 

 

La règle la plus importante de toutes:
La bienveillance commence par soi-même
Un parent mal dans sa peau ne pourra PAS être à l’écoute des besoins de l’enfant

 

 

 

 

 

Par ailleurs, nos chères petites têtes blondes sont des éponges émotionnelles. Ils vont vite comprendre que vous êtes à bout, et certainement penser que c’est uniquement de leur faute. Paye ta sécurité affective. Un parent qui est une cocotte minute  peut exploser à tout moment dans la face de l’enfant. Je l’ai bien vécu dans mes entrailles avec une bonne grosse dépression du post-partum.

Les enfants ont un incroyable pouvoir d’imitation. S’ils voient autour d’eux des référents qui n’ont aucune confiance en eux, pas sur que ça les aide à en acquérir.

 

 

 

Donc je suis une horrible maman à signaler à l’aide sociale à l’enfance car je maltraite mes enfants lorsque:

 

 

J’assure la sécurité de mes enfants

 

J’emmène mes enfants chez les médecin alors qu’ils ne veulent vraiment pas entrer dans le cabinet. Oui avant, j’ai lu tchoupi chez le docteur 150 fois et on en a discuté.

J’impose à mes fils (4 ans et 2 ans) de m’attendre pour traverser la route, et que je retiens par le bras celui qui voudrait bien partir à pleine balle en faisant fi du danger. Même autorité démoniaque pour mettre la ceinture de sécurité. C’est mis avant le démarrage du véhicule, même si après lui avoir expliqué il continue à se fâcher tout rouge (là je parle de Samuel). Je pense qu’il est compliqué pour lui de se représenter ce que peut être un accident de voiture mortel ou particulièrement grave. Je vais éviter de le laisser expérimenter le danger hein …

 

 

 

 

 

J’assure leur santé

 

Je permets à mes enfants de choisir leurs vêtements, mais je refuse qu’ils sortent en simple tee-shirt le 21 novembre ou alors qu’ils aillent à l’école en pyjama. J’impose, parfois avec un ton ferme, une tenue adaptée. Je n’ai pas exactement envie qu’ils expérimentent lune bonne bronchite-laryngite carabinée et/ou la honte devant leurs camarades dans le cadre de la venue en pyjama. Les gamins ont très bonne mémoire pour ce genre de choses, croyez en mon expérience.

Je mouche le nez de ma fille au sérum physiologique, et j’utilise un mouche-bébé lorsqu’elle est enrhumée. Tout ça pour éviter que ça dérive en bronchiolite sur fond de poumons déjà fragiles. Son frère, qui a aussi des poumons en carton, a connu la bronchiolite au même âge. Il a “juste” passé 15 jours à l’hôpital. Bien sur que je la préviens avant, mais à 2 mois, c’est un poil compliqué de comprendre le pourquoi du comment de la manœuvre.

 

 

 

 

Je leur donne les clés pour apprendre
à naviguer dans notre société
dans le monde dans lequel nous vivons

 

 

Si un de mes enfants commence à vouloir me frapper et/ou frapper quelqu’un d’autre, je lui attrape le bras et le repose doucement, et il est sommé de se calmer dans sa chambre ou tout autre pièce. Lorsque la tension monte, c’est ce que je fais, je vais m’isoler. Je donne ce même conseil aux adultes. En quoi la tension et la violence vont aider à exprimer clairement ses émotions, c’est juste une violence envers l’autre.

Je leur demande d’être polis, je leur demande de ne pas être trop en retard à l’école, je leur apprends la frustration progressivement et à petites doses, car nous vivons dans une société où certaines règles sont indispensables pour le vivre ensemble. Certes il faut respecter les besoins de l’enfant. Mais à partir d’un certain âge, lui faire croire qu’on vit dans un monde où tout tourne autour de ses besoins propres n’est certainement pas l’idée du siècle. Je respecte la capacité de mes enfants à savoir naviguer plus tard dans ce monde sans avoir à leur servir une utopie dont ils vont bien vite déchanter. Il va s’en prendre une énorme violence lorsqu’il entrera de plein-pied dans le monde scolaire, et encore plus lorsqu’il investira le marché du travail. Je ne suis pas sure qu’il remercie ses parents. 

 

 

 

 

 

 

Même pire …

 

Parfois même je crie lorsque j’en peux plus, lorsqu’il est 22h30, que demain ils ont école, et que leur sœur va se réveiller de 3h du matin à 4h30 pour réclamer son biberon.

Parfois lorsque Samuel traîne son doudou par terre dans la rue (avec le bonus potentiel rencontre avec des déjections canines), je lui propose un bout de pain pour qu’il le lâche et que je puisse maintenir un semblant d’hygiène sans avoir à laver le dit doudou et lui faire perdre ses odeurs rassurantes.

 

 

 

 

 

Mais aussi, et surtout, au quotidien

 

 

Je respecte le corps de mes enfants

 

Je n’ai jamais levé la main sur mes enfants. Je ne percerai pas les oreilles de ma fille avant qu’elle soit en mesure de le demander de manière éclairée. Je ne force aucun de mes enfants à faire un bisou.

J’essaie toujours de trouver une alternative pour éviter d’avoir à contraindre mon enfant dans le cadre d’un geste nécessaire. Par exemple, pour la prise de médicaments, je peux utiliser une tétine spécialement conçue à cet effet. J’ai appris à prendre la température autrement que par la voie rectale (Aubert fait d’ailleurs un thermomètre tétine très fiable).

NON ce n’est pas sponsorisé

 

 

 

Je réponds au mieux à leurs besoins émotionnels

 

J’accueille leurs tempêtes émotionnelles car, depuis que je suis maman, je commence à me souvenir de ces mêmes tempêtes qui m’ont secouées à leur âge, et de mon sentiment d’impuissance lorsque je n’étais pas écoutées par les adultes autour de moi

Je félicite mon enfant lorsqu’il réussit quelque chose, et lorsqu’il n’y arrive pas, je le rassure en lui disant que ce n’est pas grave et que, s’il le souhaite uniquement, on peut tenter de le refaire ensemble pour qu’il assimile par imitation. Jamais je ne leur dirai qu’ils sont nuls ou des bons à rien.

Ils peuvent dormir avec leur tétine aussi longtemps qu’ils le souhaitent, la lumière du couloir restera allumée la nuit tant qu’ils en auront besoin car il n’y a pas d’âge ou on devient “trop grand pour ça”.

Je me rebelle lorsque les personnels enseignant forcent, voire harcèlent, les enfants dans le domaine de la continence (les couches type culotte 100% gérées par l’enfant ne sont pas chronophages, et certainement moins qu’un change complet de l’enfant). Demander à un enfant de même pas 3 ans de se retenir la journée et pendant je trouve ça bien corsé quand même.

Je n’ai jamais dit à mes enfants de faire ci ou ça car “ça fait plaisir à maman”, le chantage affectif, très peu pour moi

 

 

 

 

J’applique des principes de l’éducation positive

 

Je leur explique ce que je vais faire et pourquoi je vais le faire dès lors que cela les concerne.

Lorsqu’ils sont capables de comprendre les enjeux je les laisse prendre leurs décisions (ex: choisir d’être ensemble ou non en classe).

Je formule mes phrases de manière positive en évitant les négations. Je ne dis pas “ne crie pas dans la cage d’escalier tu vas encore nous valoir 414 lettres d’insultes dans la boite aux lettres demain“. Je lui demande parler doucement.

Je leur ai fait la promesse solennelle de ne jamais leur mentir, même quand la vérité est dure (mais je garde les détails pour moi, et je leur explique les solutions mises en place).

 

 

 

Je m’interroge sans cesse sur la parentalité, sur mes relations avec mes enfants,
sur ce que je peux leur apporter de mieux.
Et je fais preuve, autant que possible, de bon sens
et d’esprit critique lorsqu’on me donne des conseils

 

16 Comments

  1. Ça semble du bon sens, une fois qu’on connaît un peu le fonctionnement du cerveau des enfants, d’avoir un cadre et des limites car ils en ont aussi besoin que tout le reste! Mais vu les extrêmes auxquels on arrive parfois avec certains parents, ça fait du bien de le rappeler! Mettre sa sécurité en danger, c’est the limite pour moi.

    1. Effectivement, il est important de comprendre le fonctionnement global du cerveau des enfants, et de mettre en perspective les études scientifiques nouvelles. Il en faut plus d’une pour affirmer quelque chose (et vérifier la méthodologie etc). Mais ça, on se garde bien de le dire aux parents.

  2. Je suis un peu circonspecte quand à cette polémique…
    Je vais te donner ma compréhension de l’histoire, qui pour moi n’est qu’une mauvaise mayonnaise qu’on fait bien trop monter.
    Je suis régulièrement la personne qui est en coeur de la tourmente, et elle n’a jamais dit qu’il faut laisser les pleines libertés à un enfant, ni qu’il faut le laisser croire qu’il est le centre du monde. Au contraire elle dit et répète que les parents sont garants de la sécurité matérielle, affective, physique et psychique de leur enfant. Donc, ils se doivent de veiller à ce qu’aucun bus ne leur ouvre le crâne en deux.
    Elle faisait juste la remarque que “tirer subitement son enfant par le bras parce qu’il est trop proche de la route et qu’un bus arrive, c’est un geste violent” mais elle signale bien qu’il ne s’agit pas du tout d’une VEO (violence EDUCATIVE). Son sujet de base était que certains de nos actes sont violents, nous les faisons dans un contexte de protection de la vie de l’enfant (et c’est une bonne chose!), mais l’enfant n’a pas les capacités neuronales pour relativiser “Ah ben oui heureusement que maman m’a sauvé” et donc il peut ne retenir que l’aspect violent…. d’où la nécessité d’un accompagnement et d’une verbalisation. Elle a certes, utilisé un exemple putaclik pour l’illustrer… C’est partit en cacahuètes “Han làlà elle a dit qu’on doit laisser nos enfants mourir” mais c’est pas du tout vrai !

    Je ne veux pas blâmer qui que ce soit, ni être l’avocate du Diable, seulement remettre dans un contexte global des mots qui ont été complètement manipulé et détourné.

    Sinon, ben bien évidemment je suis globalement d’accord avec toi pour ce qui est de l’accompagnement et la posture cadrante du parent ! Et également le besoin de prendre des décisions avec NOS connaissances, que n’ont pas nos petits, qui les dépassent et qui ne leur plaisent pas !

    1. Honnêtement je n’ai pas vu le post Instagram de base, mais je comprends l’intérêt de ne pas le citer directement pour éviter le “name and shame”. Effectivement, le post aurait un tout autre sens. Il est très important de remettre les choses dans leur contexte pour mieux comprendre les enjeux.

      Je pense que l’article de PRGR visait avant tout à faire déculpabiliser les parents (enfin surtout les mamans) qui ne se sentent jamais à la hauteur, car on leur en demande tellement, sous peine de traumatiser leurs enfants. Je pense qu’elle voulait également faire connaître les dérives de certains (je ne parle pas de ce compte Instagram que je ne connais pas) qui tiennent des propos pouvant être dangereux, notamment lorsqu’ils préconisent de ne pas forcer l’enfant à recevoir des soins si ce dernier le refuse. D’ailleurs je trouve ça complètement dingue qu’on puisse en tant que parent donner ce conseil l !

    2. @Nanakie, j’ai bien lu la totalité des commentaires dans le post de la personne en question.
      Ce que je critique (et je parle d’elle, mais elle n’est pas la seule à avoir ce genre de discours), c’est que comme le dit justement Working Mutti qui a bien compris mon intention, ses mots sont très culpabilisants. Ils n’apportent pas de vraie solution. Ils ne prennent pas en compte les enfants qui se placent toujours en situation de danger. Ils placent des mères en situation de doute sur leurs capacités, surtout les mères qui ont leur premier enfant, les femmes hyper-sensibles, pas très sûres d’elles, qui vont chercher des infos pour se rassurer et tombent là-dessus. L’effet est dévastateur pour certaines. J’ai reçu des centaines de commentaires et messages privés qui vont dans ce sens.
      Évidemment que je suis contre la violence envers les enfants, évidemment qu’il faut parler, verbaliser, rassurer, éduquer dans la douceur. Mais de la à qualifier de “violence” absolument tout geste brusque ou pas agréable (et y inclure parler fermement, quand même ! ), je trouve que c’est vraiment n’importe quoi. Quant à dire que c’est violent, mais différent d’une violence éducative ordinaire, c’est de la pure rhétorique.
      Une personne assistante sociale me disait que cela lui hérissait le poil d’entendre parler de violence pour des actes du type “maintenant mets tes chaussures” ou “va te calmer dans ta chambre” car elle voit, elle, ce qu’est la véritable violence.
      Alors l’exemple était sans doute putaclic, mais j’aurais pu en prendre 10 autres tout aussi putaclic tellement tout était caricatural.
      Faut-il considérer son enfant comme tellement fragile que tout le traumatise ? Je le comprends pour un tout petit bébé, mais un enfant qui marche est déjà dans l’autonomie, il amorce la séparation avec les parents, donc il a une certaine assurance et solidité.
      Il reste que, même si son intention est bonne au départ (et je le pense sincèrement), sa manière de répondre est extrêmement maladroite et a des effets néfastes pour les mères. A partir du moment ou tu assènes que attraper son enfant par le bras ou l’envoyer se calmer dans sa chambre, ou hausser le ton, est violent, le message que tu transmets, c’est : “Tu es une mère violente”. Et il se trouve que c’est bien ce que m’ont dit presque toutes les personnes ayant réagi au post.

    1. J’ai re-relu le post en question, pour essayer de me remettre dans le peau d’une personne moins “éclairée” ou plus novice, plus fragile (je peux difficilement être quelqu’un d’autre que moi cependant).
      J’en pense qu’au final, ce qui pêche est effectivement le manque de solutions proposée : là, il s’agit d’une démarche commerciale car elle vit de cela, ça serai dommage pour son compte en banque qu’elle donne toute sa connaissance gratuitement. D’où le suspense, le flou, je suppose … qui peut être angoissant selon les lecteurs, en effet.
      Je trouve aussi que la façon d’écrire sans ponctuation est assez agressive, mais c’est mon ressentit propre (j’adore les points, les exclamations, les virgules… ça rend un texte vivant !).
      On a affaire à de la maladresse, une communication particulière, et surtout je pense qu’il faut suivre la personne et avoir cerné sa façon de penser (qui nécessite plusieurs semaines de suivi et d’assimilation, car c’est atypique) pour ne pas s’offusquer de ses propos. Si on tombe dessus de but en blanc, alors oui on peut sûrement se sentir mal.

      Moi par contre je fais partie des gens qui distingue vraiment les VEO (dans le but d’éduquer) et les gestes agressifs/violents , à priori dans un autre but (parfois but d’agresser volontairement, parfois but de satisfaire son propre besoin avant tout le reste, parfois but de sauver ou d’épargner quelqu’un).

      Pour la petite info, dire que parler fermement et hausser le ton est une violence, c’est un concept CNV (communication non violente) qui date des années 1970, ce n’est donc absolument pas nouveau ni tiré par les cheveux dans un but de “buzz”. Dans notre société, la CNV est milles lieux de nos postures et notre façon de vivre ; c’est toute une société qu’il faudrait remanier (encore faut-il aussi qu’elle le veuille). Parce que qu’on le veuille ou non, nous vivons et faisons vire une société violente, chaque minute de chaque jour de chaque année. (Nous = absolument tout le monde, donc je ne pense pas qu’il faille prendre sur ses épaules toute la violence du monde hein !). Mais c’est un autre sujet qui déborde complètement 😂 !

      Enfin, j’avoue sans détour que ma parentalité est percluse de VEO, de violence à l’encontre de ma fille ; et dans ma vie, de violences à l’encontre de mon mari, mes amis, ma famille, mes collègues, parfois même mes patients, la boulangère le SDF le type qui me double sur le périph … Parce que j’ai été élevée ainsi, j’ai baigné là-dedans comme nous toutes, je vis dans un monde violent, qui banalise cette violence et que j’ai appris à banaliser aussi (entre autre pour ne pas devenir dingue) et qu’il est éminemment difficile de contrer tout cela. Je trouve que chaque petit geste contre la violence, que ce soit ne pas lever la main, se retenir de hurler, ne pas insulter, est une victoire du quotidien, et que chacun.e d’entre nous devrai se concentrer là-dessus pour se donner du baume au coeur et le courage de continuer ainsi ! On ne peut pas viser le TOP niveau tout de suite, on doit gravir les marches une par une, voilà ma philosophie 🙂
      Du coup, je trouve que sur Instagram et sur les blogs, on lit quand même pleins de victoires du quotidien, de mamans qui devraient être fières, de marches qui se gravissent, d’éveil des consciences vers un monde meilleurs (# discours de Miss France) et personnellement, j’ai décidé de ne suivre que les comptes “positives vibes” de ce genre, et ne même pas prêter attention aux moralisateurs ou “influenceurs” qui nous envoient des paillettes (pas comme Kévin ! Tu l’as ?) mais c’est du carton !

      J’ai aimé lire ton article Working’M, ton article aussi PRGR, j’aime suivre le compte en question également, je m’entoure de différents points de vue que je considère authentiques et alimentant ma réflexion personnelle. Je ne lis surtout pas des trucs qui me minent le moral !

      Ce commentaire est beaucoup trop looooong !

      1. Mais je crois qu’on est totalement d’accord : quand tu dis que se retenir de crier est une victoire énorme, bien évidemment ! Là où je m’insurge, c’est que l’on transforme chaque erreur parentale en véritable catastrophe pour l’enfant dont le cerveau serait ruiné irrémédiablement. C’est too much pour moi !
        Concernant le compte en question, tu as mis le doigt très précisément sur ce qui me gêne : manque de solution donnée, suspense pour inciter les gens à acheter une prestation. Je trouve ça déplacé comme attitude et manipulateur de sa clientèle potentielle, elle qui abhorre la manipulation des enfants.

  3. Mais oui ! Encore un super article qui traite du sujet !
    J’en avais parlé aussi et je pense comme toi : la bienveillance commence par soi-même, avec les autres adultes aussi… Bref la culpabilisation ambiante qui règne autour de cette “parentalité bienveillante” n’a rien de bon à mes yeux…
    Je suis plus que convaincue, comme toi, des bienfaits de telles pratiques (l’arrêt des VEO, la recherche de l’égalité avec l’enfant etc) mais je suis aussi d’accord qu’un enfant a besoin de limites pour être heureux.
    Maria Montessori disait qu’un enfant libre de tout est un enfant seul. Et qu’un enfant heureux est un enfant libre d’évoluer sans entrave à son développement. Je crois que la notion de “liberté” a perdu son sens. Et que maintenant c’est vraiment poussé à l’extrême mais pas forcément pour le bénéfice de l’enfant…
    Questionnons nous.
    Toujours.
    Merci pour ce billet !

  4. Très juste tout ça ! Je pense en effet qu’il faut être mesuré mais que c’est le parent qui reste celui qui guide et protège. Pour moi mieux vaut un geste violent devant un danger soudain, suivi d’explications claires pour que l’enfant comprenne ce qui a motivé ce geste que de donner les explications et demander l’accord de l’enfant au risque de le mettre en danger (pour moi la vraie violence serait d’ailleurs plutôt la !).

  5. Je repêche la phrase de Charlotte qui est tjs de bons conseils en l’illustrant avec cette exemple : un enfant de ma famille, né sur le tard, a grandi libre de toute contrainte, chose que l’on a tendance à confondre avec la liberté en tant que telle. Il a grandi seul, cherchant de mille façons et par mille bêtises l’attention de ses parents qui banalisaient ses comportements en refusant d’y répondre, et il a fini par grandir triste. Je suis persuadée, depuis longtemps, qu’on a besoin de connaître les barrières pour s’en affranchir. La vraie liberté ne se donne pas, elle s’apprend. En attendant, j’espère que la rentrée s’est bien passée pour toute ta petite (grande désormais) famille 🙂

  6. Je vais, en substance, répéter ce que j’ai dit en commentaire de l’article de PRGR : il y a des imbéciles partout. Comme je suis toujours à la ramasse sur les réseaux sociaux, je n’ai pas lu ce fameux post puisque j’ignore d’où il découle. Mais je pense tout de même que la plupart des gens sont assez intelligents pour faire la différence entre bon sens et réseaux sociaux et pour faire leur sauce dans tout ça. Il me semble qu’il faut qu’on arrête de se cacher derrière un « j’ai lu » et « il a dit que » et qu’on soit capable de mener une réflexion personnelle. Les réseaux sociaux existent, peuvent apporter du bon comme du moins bon, mais je refuse de croire qu’ils nous substituent notre bon sens.

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