Au quotidien / Santé de maman

Et puis vient l’après Burn Out

Il y’a peu, le burn-out a toqué à ma porte. Un trop plein d’enfer au boulot, de manque de présence à la maison, de problèmes de santé. J’ai besoin de prendre le temps de souffler, d’analyser, de faire le bilan. Cette maxime est éculée mais elle n’en reste pas moins vraie: Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d’en connaître la différence (Prière de la sérénité, de Reinhold Niebuhr). Un article un peu différent où je vous partage juste ce qui trotte dans ma tête.

Accepter les choses que je ne peux changer

La première chose que je ne peux changer est le fait que
je ne pourrais plus jamais avoir d’autre enfant,
terminer ma famille telle je que la souhaitais (je t’en parle ici).

L’autre jour je regardais une vidéo d’Aérobic de Jane Fonda tout le droit sortie des années 70/80 (je me dégage de toute responsabilité et je fais entièrement reposer la faute sur les anxiolytiques). Attends attends, je n’ai pas fumé du hérisson, je t’explique le lien.

Vêtue d’un body et caleçon fluo, une fière chourcoute garnie en guise de couvre chef, elle nous dit (même pas essoufflée la bougresse)  que ce n’est pas parce qu’on avait 40 ans qu’il faut se laisser aller, que c’est une nouvelle vie qui s’offre à nous. Et là bim dans ma face : ce tournant de sa vie veut dire qu’on aura plus d’autres enfants, que cette période de notre vie est bel et bien révolue. Et ça c’est la tristitude.

Toutes les nanas de mon âge sont en plein dans la construction de leur famille. Et moi je reste avec mon utérus version pruneau séché. Ce serait si simple si moi aussi j’étais entourée de copines qui traversaient doucement le fleuve (c’est pas pour rien qu’on dort avec une serviette éponge) de la ménopause. Mais non, je me tape les annonces sur Facebook et les photos de beau nouveau né en photo de couverture.

 

Rien que pour tes beaux yeux

 

Je ne peux changer cet état de fait alors je dois arrêter de ressentir un coup de poing dans le ventre chaque fois que je vois une femme enceinte dans la rue, une grosse vague de tristesse lorsque je vois une poussette avec un nouveau-né, détourner le regard la larme à l’œil dès que je passe devant le service obstétrique d’un établissement de soins.

 

J’ai toujours un regret. Même si je t’avais dit que je n’étais pas fan de la période bébé, il y aura toujours cette question: est-ce que je ne suis pas passée à côté de quelque chose d’important en zappant cette période ?

 

Est-ce que je n’ai pas du tout aimé cette période à cause de ma dépression post partum après la naissance des jumeaux ?
Est-ce que je n’étais tout simplement purement terrifiée à l’idée de revivre
ça à la naissance de Samuel que je me suis fermée totalement au niveau des sentiments ?
Est-ce que si j’essayais autrement moi aussi je ne sentirais pas cette relation maman-bébé si spéciale ?

 

Je dois vivre avec cette incertitude. Accepter que cette question reste sans réponse et ne plus me torturer l’esprit.

Je ne peux pas changer non plus les choix que j’ai fais
en termes d’études et d’orientation professionnelle en général.

Non je ne serai jamais médecin, je ne serai jamais ingénieure. Mais lorsque je serai à la retraite, rien ne m’empêchera d’aller faire un tour du côté d’une fac de sciences et de relever un nouveau défi universitaire (jusqu’à la licence hein soyons sérieux).

 

 

Le fait que ce blog soit lu par mes proches et que ça me gave royalement

A l’origine ce blog devait être connu de trois personnes seulement, trois personnes qui savaient déjà tout ce que j’écrirais ici: Mr G et deux copines qui se reconnaîtront aisément. Je leur avait donné l’adresse de ce blog. Et puis maintenant, 5-6 personnes sont au courant. Lorsque j’ai su que des articles de blog allaient être repris, j’ai expressément demandé à mes proches de ne pas lire ce blog que je considère comme personnel. D’où l’anonymat auquel je tiens tant. Mais apparemment, le respect des souhaits de la personne on s’en fiche autant que Cyril Hanouna se fiche du bon goût.

 

J’ai le droit à :
“Je crois que tu devrais parler de telle chose dans tes articles,
comme par exemple faire de courts articles de vulgarisation juridique

Tu as dis ça dans tel article, alors parles moi en plus“.

 

J’ai maintenant une ligne directrice. A tous ceux qui ne sont pas censés avoir connaissance de ce blog, je réponds tout simplement: vous choisissez de lire ce blog alors que je vous avais demandé explicitement de ne pas le faire. Si je ne vous en ai pas parlé directement lors de nos conversation, c’est que je n’ai pas envie de le faire. Alors je n’ai rien à vous dire là dessus. Comme si tu allais fouiller dans le dossier perso d’un de tes collègues de boulot et que tu lui posais des questions sur les docs dans lesquels tu as fouiné. Je place les paris sur le fait que tu te feras jeter. Idem ici.

 

Le courage de changer ce que je peux

 

Même si certains choix ont fait sauter les ponts qui menaient l’envahisseur littéraire à la zone libre de la pensée scientifique, je peux prendre le maquis et poursuivre une carrière moins exposée mais qui me permettrait de me battre pour mes idées.

D’ailleurs mon bilan de compétence montre que je suis faite pour exercer un métier tourné vers les autres, et enseignant était en bonne place (avec les métiers du soin et du social). Par ailleurs, je ne souhaite plus mener une grande carrière reconnue socialement mais tellement chronophage qu’elle finirait justement par me phager (manger pour les non hellénistes), ouai non phagocyter (c’est bien mieux en français).

La reconversion en tant que professeur des écoles devient de plus en plus évidente pour moi (j’en parle plus en détails ici).

 

Le courage de passer aux actes et d’être cohérente avec mes idées
De faire que mes actions soient en adéquation avec mes convictions

Si je dois tirer une seule chose de ce burn-out: les représentants du personnel sont un peu comme les flics: on passe notre temps à s’en plaindre en disant qu’ils sont casse-pieds et ne servent à rien, et puis on est bien contents de les trouver lorsqu’on a besoin d’eux.


Je vois pas mal de collègues sous pression, être au bord de l’explosion,  mais devoir serrer les dents et intérioriser car leur statut font qu’ils sont sur un siège éjectable. Parce que l’ouvrir ce serait brûler encore plus en enfer dans ces beaux bureaux vitrés.

Savoir des gens écrasés dans les rouages de l’énorme machine me révolte. Je ne veux plus rester sans rien faire.

Si personne ne l’ouvre, alors ça continuera à passer tranquillement.
Tout le monde ne peut pas le faire. Alors, à moi d’être cohérente et de prendre la plume ou le mégaphone.

 

 

 

La sagesse d’être reconnaissante
pour ce que la vie m’a apporté
jusque la

 

La vie m’a apporté trois merveilleux garçons (en tout objectivité bien sur)

Yoann, celui qui aime tellement se mettre en avant et montrer au monde de quoi il est capable, mon petit matheux enthousiaste, mon grand garçon qui s’adapte à tout et n’a pas peur d’aller vers les autres.

Isaac, mon grand timide, mon petit garçon à fleur de peau, mon gourmand, mon dévoreur de livres.

Samuel, mon bébé sourire, mon petit dernier qui veut tellement faire comme les grands, qui est aussi attentionné avec les plus petits comme ses frères l’ont été avec lui.

Mais Yoann qui veut toujours être le premier, qui ne laisse pas assez de place à son frère.

Isaac qui fait des colères digne d’un dieu de l’olympe froissé, celui grâce à qui nous avons été convoqués plus d’une fois par la maîtresse en un mois.

Samuel qui ne supporte pas d’être seul même une seconde sans déclencher une alerte qui ferait rougir celles lancées pour le plan Orsec.

Je suis reconnaissante d’avoir eu la chance de pouvoir assister aux premiers de Samuel (bon alors que je lui tenais les deux mains et que les deux pas en questions étaient très hésitants et certainement le fruit du hasard) alors que  pourtant je n’ai pas la chance d’être à la maison pour grand chose.

 

Je suis aussi fière que nous ayons eu le courage de quitter notre
ancienne bourgade à l’image de ses habitants
pour venir habiter dans cette nouvelle ville

 

Ce déménagement qui a amélioré X 1000 notre qualité de vie. Nous avons le luxe d’être à la campagne dans la ville. D’avoir cette ambiance village, de connaitre nos voisins,  de retrouver tout le monde au marché le week-end, mais aussi d’avoir tous les services à pied et un RER qui nous connecte si vite à Paris.

La chance que nous avons d’avoir une école de quartier qui sort des sentiers battus en matière de pédagogie. Une école où le projet est inspiré de la pédagogie Montessori sans avoir l’impression de payer la mensualité du prêt immobilier de la dite école à la fin du mois. Une école où toutes les sections sont mélangées, où les classes communiquent physiquement entre elles, où les groupent changent au fil des activités. Une école où toutes les semaines nous avons un résumé des moments forts de l’école et de jolis photos de nos enfants en pleine action. Une école où les enfants ont déjà un cahier des sciences et un cahier des arts dès la petite section pour les éveiller au monde. Où on les encourage à mener leurs propres expériences en suivant la méthode scientifique: hypothèses, réalisation de l’expérience, confrontation des résultats aux hypothèses. La base de la pensée critique.

 

Et plus que tout, je suis reconnaissante d’avoir un cercle de proche comme le mien

Reconnaissante d’avoir un conjoint comme Mr G qui gère le quotidien sans rechigner, qui est là pour me soutenir dans tous mes projets, même les plus fous.

 

Et profiter du temps que j’ai pu et que je pourrais passer avec mes amis géniaux, si loin physiquement, mais en fait si proches. Merci pour ces moments.

 

Je suis aussi particulièrement reconnaissante d’avoir la chance d’avoir des lecteurs assez fous pour lire mes élucubrations, qui sont dans leur grande majorité si bienveillants dans les commentaires. Des lecteurs qui me permettent  faire réfléchir, de remettre en question mes idées et mes principes lorsque. D’évoluer tout simplement.

 

PS: oui cet article est sponsorisé par Jane Fonda herself

PS bis: je vous en dirais plus sur ce burn out dans un prochain article. Mais pas tout de suite.

13 Comments

  1. Tu sais quoi, je ne suis pas du tout surprise du burn out que tu évoques. Je me demandais bien d’ailleurs comment tu avais pu y échapper avec trois enfants en bas âge, une activité professionnelle aussi prenante et un temps de trajet monstrueux !

  2. Je suis désolée pour ton burn out et j espère que tu iras vite mieux.
    Je ne sais pas si c est à Antony que tu as emménagé comme tu l évoquais dans un précédent article mais si c est le cas c est en effet une ville charmante!

    1. Finalement nous n’avons pas pu aller sur Anthony étant donné les prix, mais la ville dans laquelle nous habitons aujourd’hui est tout aussi bien, bien qu’un peu plus éloignée de Paris

  3. Bonsoir,
    Je voulais juste te souhaiter bon courage pour tes projets de reconversion professionnelle et ton cheminement vers l’acceptation de ce que tu vis. C’est difficile.
    Catherine

  4. Je te trouve courageuse d’affronter la vie comme ça malgré ton burn out. J’entreprends également une reconversion professionnelle et je trouve cela déjà épuisant avec un seul enfant et un boulot avec des heures fixes alors je n’imagine pas dans ton cas comme il faut être motivée ! Je te souhaite toute la réussite que tu mérites !

    1. Etant donné que je suis maintenant en arrêt maladie j’avoue que c’est plus facile en ce moment 😉 . Merci beaucoup ! J’espère que ca va bien marcher pour toi aussi

  5. Wah quel article ! Une telle sagesse qui s’en dégage. On ressent ton cheminement sur ces sujets qui te tiennent à coeur. Je te souhaite plein de belles choses pour la suite, notamment ton projet professionnel qui te tient à coeur.
    Et pour ma part, je suis reconnaissante d’être ta lectrice.
    Merci pour ce billet…

    1. Oh tu vas me faire rougir avec de tels compliments 😉 . Disons que ce n’est pas vraiment de la sagesse, plus la nécessité de faire ce qu’il fat pour garder la tête hors de l’eau 😉

  6. Je sais que mon éternel soutien te fait chaud au coeur alors de rien 🤣. Je suis reconnaissante de ta reconnaissance 😝.
    Effectivement ton style d’écriture est unique ! Il manque des mots, de la ponctuation, y’a un étrange code couleur dont je n’ai toujours pas perçé le mystère et des blagues douteuses. C’est ta marque de fabrique et j’adore 🤗.

    1. Merci pour ce joli compliment 😉 . Il manque des mots de la ponctuation parce qu’il me manque une case dans la tête voyons c’est évident XD . Pour le code couleur, je m’étais fixée au départ une règle: bleu pour les titres et vert pour les sous-titres. Et puis des fois je me dis que ça, ça irait mieux en bleu pour changer du vert, et que tiens un peu d’orange serait pas mal … Et ça devient aussi bordélique qu mon appartement !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *