Au quotidien / Education

Famille très nombreuse: et si on arrêtait le bashing ?

J’ai 28 ans, trois enfants et je suis enceinte de bébé 4. Je ne suis pas médium, mais j’entends le murmure de leurs pensées cachées derrière leur boite crânienne. Je vois bien les regards gênées, les grincements de dents plus ou moins discrets lorsque je balance à mon interlocuteur le chiffre 4. Punaise elle va nous en pondre combien à ce rythme là ? Elle ne connaît pas la contraception ? Encore une qui fait des gosses parce qu’elle ne veut pas bosser ! De toute façon elle doit n’avoir que ça à faire vu qu’elle a raté ses études. Bref, on nous prend clairement pour des cas soc(iaux). Et aujourd’hui, j’ai envie d’exercer mon droit de réponse.

Commençons par une évidence: Chacun a le droit de décider quand il souhaite avoir des enfants, et combien il/elle souhaite en avoir.
Bon, lorsqu’on est en couple c’est quand même mieux d’être tous les deux sur la même longueur d’ondes hein

 

 

J’ajouterais cette condition: on peut avoir autant d’enfants qu’on le souhaite, si on peut leur offrir ce dont ils ont besoin d’un point de vue affectif comme matériel.

 

Soyons honnêtes et réalistes, ce n’est pas toujours le cas.

Mais dans cet article, on va partir du postulat que cette condition est remplie
au risque d’entrer dans un tout autre débat.

 

 

Bien sur, nous sommes tous des êtres humains et nous ne pouvons nous empêcher d’avoir une opinion la dessus.
Mais il nous faut aussi garder en tête que nous ne savons rien de la vie de ces familles.

 

 

Avoir un avis c’est avoir une hypothèse de base, mais il faut savoir reconnaître qu’elle n’est pas irréfragable qu’elle peut être réfutée.

 

C’est extrêmement usant de faire face à ce type de jugement à l’emporte-pièce 90% du temps où on rencontre une personne nouvelle.

 

Pour ne rien arranger, je n’ai pas 30 ans et mes enfants sont assez rapprochés. Les gens pensent immédiatement que ce n’est que le début d’une immense famille et que je vais pondre un gamin tous les deux ans jusqu’à la ménopause. Comme si on allait jamais s’arrêter. Je n’en suis pas fière mais il m’arrive souvent d’ajouter que bébé 4 n’était pas dans nos plans. Alors que c’est faux, je voulais une famille nombreuse. Juste pour avoir la paix.

 

 

Mais il est le problème en fait ?
On ne vous demande pas de participer à l’éducation de notre tribu, alors en quoi ça vous regarde ?

 

 

Bon, je m’énerve c’est pas bon pour l’hypertension gravidique ça.

 

 

 

 

 

Tout d’abord, j’ai envie de démonter avec vous quelques mythes.

 

 

Les familles nombreuses sont des cassos

 

Oui, statistiquement, avoir 4 enfants et plus est plus fréquent dans les foyers où les parents ont un faible niveau d’études et souvent des difficultés financières. Mais ce n’est QU’UNE STATISTIQUE, pas une vérité absolue.

J’ai deux masters dont un diplôme de Sciences Po. Mr G est ingénieur qui s’est spécialisé au fil du temps dans la recherche fondamentale au géophysique. On est pas BHL-bobos-parisiens-exISF hein, mais on est loin du cliché de maman vautrée sur le canapé à longueur de journée, livrant à eux-mêmes une bande de jeunes déchaînes en bas de l’immeuble de la cité qui gagnent petit à petit leur place dans la prison locale.

Crois-moi, à la lecture de la blogosphère parentale nous sommes loin d’être les seuls à ne pas venir de la téci, wesh.

 

 

 

 

Bon si vous êtes pas des cas sociaux, vous êtes une famille hyper religieuse qui suit bien les préceptes du grand chef spirituel local
qui a décrété que la contraception était une invention satanique à souhaits

 

Au risque de te décevoir, nope. Je suis une athée de base et mon cher conjoint est soit déiste (il y’a un dieu quelque part, mais le clergé tout ça on s’en taponne le coquillard avec une babouche), soit pastafariste (dieu est un plat de pâtes).

 

 

Je précise au cas où ce n’était pas assez clair que c’est bien sur une blague

*

 

 

De toute manière, 4 gamins et plus, c’est la machine à sous avec les allocations

 

 

Ah l’éternel cliché …

On va faire un tour rapide des aides auxquelles tu peux prétendre lorsque tu es à la tête d’une tribu de 4 ou plus.

Tu as le droit à la PAJE si tu as un enfant de moins de 3 ans, soit 184€ à taux plein. Je te passe les aides correspondant à la prise en charge partielle du coût du mode de garde de ton bébé/bambin.
Viennent ensuite les allocations familiales: 467,25, soit 116€ par enfant et par mois.

Si tu es toi même parent, je n’ai pas besoin de t’expliquer longtemps que le coût d’un enfant est bien supérieur à 116€ par mois. Entre les courses, l’habillement (et ça grandit vite ces bestioles donc tu sors régulièrement ta carte bleue pour qu’il ne soit pas affublé des restes de ses frères), le surcoût engendré par un logement plus grand, les frais de périscolaire, des activités sportives etc, la facture grimpe très vite. Non, il n’y a pas des masses d’économies d’échelles. La PAJE, quant à elle, est très vite flambée en matériel de puériculture divers et en consommables (biberons et tétines à remplacer, boites de lait, couches, produits de toilettes, et tout le matériel classique de puériculture etc). Certes, le coût individuel des différentes prestations extra-scolaires est moindre en fonction du nombre d’enfants du foyer. Mais crois-moi, la facture finale est plus élevée.

Si tu choisis de prendre un congé parental à temps plein, tu percevras la faramineuse somme de 396€ /mois. Soit en dessous du RSA pour une personne seule. Soit en dessous du seuil de pauvreté. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus de familles y renoncent.

 

 

Si tu arrives à dégager un quelconque bénéfice, je t’en prie, je VEUX ta recette
…  please.

 

Donc oui, le choix d’avoir une grande tribu doit être bien réfléchi étant donné les conséquences financières qu’il emporte. Il faut en avoir les moyens.

 

 

 

 

 

 

Non, je n’ai pas eu de 4e bébé pour “faire la fille”

 

Ce qui me donne envie de sortir le goudron et les plumes lorsque la boulangère n’a pas voulu démordre du fait que je n’osais pas m’avouer à moi-même, mais que je voulais un petit 4e pour avoir une fille. Détrompe toi chère dinde enfarinée (calembour sur le fait qu’elle soit boulangère huhu) , ça devient presque un deuil à faire tellement je m’étais projetée dans le fait d’être maman d’une tribu de garçons.

 

 

 

 

 

D’ailleurs il va falloir que je réfléchisse à changer le titre de la bannière de ce blog.

 

 

 

Puisque ce blog sert, en train autre, à flatter mon auto-centrisme constant et à raconter ma vie trépidante,
je vais te détailler ici pourquoi nous avons choisi d’avoir une fratrie nombreuse et rapprochée.

 

 

Ce qui suit est tout à fait personnel et je ne prétends aucunement détenir une vérité absolue. Comme dit en intro: chacun des enfants s’il veut, et autant qu’il veut.

 

 

Je suis fille unique et il a toujours été très clair pour moi qu’il était hors de question de reproduire ce schéma dans ma future famille. Je me suis donc rapidement assurée auprès de Mr G que nos souhaits convergeaient sur ce point. Ouai, encore étudiante qu’elle perd pas de temps en fioritures la Working Mutti. 

 

 

 

Mes enfants éviteront l’ennui constant

 

 

 

 

 

Pendant toute mon enfance, mon ennemi n°1 a été l’ennui. Je n’avais personne avec qui jouer, personne de mon âge avec qui partager des choses au quotidien (et des parents constamment englués devant la télé). Oui, on peut avoir des copines très proches, mais clairement ce n’est pas la même chose que de vivre sous le même toit avec les mêmes parents.

Avec 2 enfants, la situation s’améliore déjà … sauf si les atomes crochus sont aussi rares que dans l’espace intersidéral (un proton par m3 les mecs).

Je le vois déjà avec mes 3 fils, une vraie dynamique de groupe s’est rapidement installée vu qu’ils sont toujours … ben en groupe. Il est naturel pour eux de faire des activités ensemble, avec plus ou moins de prises de bec. Ils n’ont qu’à regarder autour d’eux pour trouver un copain de jeu. Le fait qu’ils soient d’âge rapprochés aide pas mal la dedans. Si d’aventure ça ne colle pas entre deux personnalités, sur 3 frères et sœur, il y en a bien un avec qui ça va mieux passer.

Et non, je n’ai pas l’intention de les transformer en parents auxiliaires. Ils resteront des enfants, leur aide se limitera à participer aux tâches de la maison qui les concerne (rangement, aide à mettre la table, remplir le lave vaisselle). En même temps, lorsque tu n’as presque pas d’écart d’âge avec les frangins et frangine, tu risques d’avoir autant d’autorité que moi devant un hamster.

Et avant que tu me demandes: oui je trouve du temps pour avoir une activité en tête-à-tête avec chacun d’eux selon leurs centres d’intérêts.

 

 

 

La solitude pendant l’enfance et même après

 

 

 

 

Ben ouai,  à qui tu vas te plaindre que ce qu’on dit/fait tes parents c’est cro inzuste et monter un plan diabolique de revanche face à l’arbitraire parental ?

C’est le pendant de l’ennui. Tu te rends rapidement compte que tu es un peu seule au monde en fait. 

Plus tard, tu réalises que lorsque tes parents vont passer l’arme à gauche, tu n’auras pour famille que celle que tu te seras crée. Et même, lorsque tes parents vieillissent (et ce qui va arriver très vite pour moi mes parents étant plus âgés que la moyenne de mes conscrits), devine qui va devoir tout gérer toute seule ? Même si les principaux intéressés te jurent que promis juré craché ça n’arrivera jamais. J’attends toujours de connaître l’emplacement de leur fontaine de jouvence de l’abbé souris afin de renverser ma présomption de déni total de leur part.
Au moins dans une famille nombreuse, on se partage cette tâche tellement éprouvante même s’il y’en a un ou deux qui décident que ce n’est pas leur problème.

En outre, tes parents focalisent toute leur attention, et donc leur attentes, sur toi. Et c’est une sacrée pression au quotidien dès le plus jeune âge. Et tu dois y faire face … ben toute seule sinon c’est pas drôle. En plus, tes parents n’ont que toi, alors à toi la joie des 2 coups de fil par jour pour te parler de la pluie et du beau temps parce qu’ils n’ont personne d’autre à qui le raconter. Et le pire c’est que tu sais que si ce n’est pas toi, il n’y a personne d’autres. Donc tu fais.
Au moins, dans une famille nombreuse, on peut partager nos attentes autocentrées sur un plus grand nombre d’enfants, mettant moins de pression sur chacun ….  enfants qui peuvent profiter de l’effet de groupe pour nous envoyer bouler bien comme il faut.

 

 

 

Les enfants apprennent les notions de partage, les règles de la vie en communauté, et peuvent se soutenir entre eux

 

 

 

 

Pour les enfants issus d’une famille nombreuse, partager c’est le quotidien, quelque chose auquel on ne pense plus tellement c’est naturel. On apprend aussi à composer avec des personnalités différentes, voire opposées, ou parfois carrément pas faciles. Je pense que ça aide également à développer une certaine empathie. Ils s’adaptent aussi plus facilement aux contraintes de la vie en communauté (contrairement à moi, fille unique, qui ait BEAUCOUP de mal). Les enfants élevés dans une famille nombreuse ont, selon moi, plus de facilité à devenir autonomes rapidement car maman/papa ne peut pas être partout, et ils ont l’exemple des grands, plus autonomes, sous les yeux. Et lorsqu’on sait faire des choses soi-même on prend une sacrée dose de confiance en soi et en ses capacités à savoir faire.

Je ne vais pas non plus me plaindre s’ils deviennent responsables assez tôt. Mais bon, même étant fille unique, je l’ai été aussi. On ne sait jamais, si mes parents décèdent, je devrais bien me prendre en charge toute seule.

 

 

 

Mais pourquoi une famille aussi nombreuse ?

 

 

 

Parce que je ne suis pas fan des nombres impairs

 

Même si ce n’est pas systématique, il arrive souvent que le petit troiz se retrouve un peu la troisième roue du carrosse. Dans notre configuration familiale, cela risque d’être encore plus vrai Samuel étant un “tout seul” comme le disent ses frères jumeaux. On voit bien que Yoann et Isaac y sont très attachés, mais il y’a eux … et les autres. Samuel est hyper attaché à ses frères, mais j’ai peur qu’il souffre plus tard d’une certaine asymétrie dans ses relations fraternelles.

 

 

On a une maison pleine de vie

 

Crois-moi, une maison où règne habituellement le silence c’est plutôt l’enfer qu’autre chose. Rentrer dans une maison où c’est un joyeux bordel ça met tout de suite à l’aise et de bonne humeur. Il faut dire que je suis bordélique de nature et que le silence m’angoisse.

 

 

Je ne regrette absolument pas mon choix et je suis très reconnaissante
d’avoir pu avoir 3 et bientôt 4 enfants

 

 

 

Lorsque j’étais jeune-pas-maman, je ne savais pas qu’avoir des enfants c’était aussi bien (je t’en avais parlé par ici). Et ce bonheur est démultiplié à l’arrivée de chaque enfant.Gros cliché, mais c’est vrai. En fait, lorsqu’on se retrouve avec un ou deux enfants à la maison pour une soirée, avec Mr G on erre un peu comme des âmes en peine car on ne sait pas trop quoi faire de nos dix doigts. Après une longue journée tu vas juste te mater des séries, des trucs chill du genre.

 

 

Ben moi je préfère me faire éclabousser dans le bain et mettre 4 heures à attendre que Isaac ait fait son choix entre un haut de pyjama Batman et Pyjamasques.
Je préfère manquer de péter un câble parce que ma marmaille est ingérable que de m’ennuyer ferme
Je préfère ne pas aller prendre des vacances à Cancun et passer tous les week-ends à me marrer parce que la somme de mes enfants arrive à former une joyeuse bande d’allumés

 

J’aime me faire réveiller à 7h du matin un dimanche par mes fils qui sautent sur notre lit et Mr G qui ramène Samuel pour mettre encore plus le dawa
J’aime avoir la chance de découvrir plus d’enfants aux personnalités fabuleuses 
J’aime le fait de savoir que mes enfants ne seront vraiment seuls même lorsque nous ne serons plus là

 

 

Je sais que nous aurons plein de défis à relever les prochaines années

 

Maintenir des moments de calme dans la maisonnée
Réussir à apporter toujours apporter à chacun assez de temps seul(e) avec papa et/maman
Réussir à gérer les rivalités fraternelles X4
Trouver une organisation logistique pour les temps de loisirs

Mais toute famille a ses challenges, à nous de relever les nôtres

 

 

42 Comments

  1. Rah je voulais faire des remarques pleines de préjugés (ironiquement bien sûr) mais tu m’a fait fondre avec la fin de ton article et les raisons qi font que tu aimes être mère (tiens ça me donnerait presque envie de réveiller mes enfants pour les serrer dans mes bras, enfin presque, le sommeil c’est important).
    Bon franchement, chacun fait ce qu’il veut, ou ce qu’il peut, c’est pas toujours un choix, mais ça ne nous regarde pas.
    Je reste un peu déçue par las allocs qui ne rapportent pas tant que ça, être une poule pondeuse était mon plan B. Quoiqu’à qu’à bien y réfléchir, travailler est plus lucratif et moins fatiguant que faire des enfants.
    Bon j’ai quand même quelques préjugés sur les familles nombreuses, surtout quand les enfants sont rapprochés : je trouve les parents admirables (et surtout les mères) car c’est un sacré challenge physique.

    1. Je me fais cette même réflexion lorsque le soir j’ai envie de prendre mes enfants endormis dans mes bras avant d’aller me coucher ;). Est-ce que je veux vraiment passer une demi-heure de en plus debout ?
      En tout cas ton commentaire me touche beaucoup. Merci beaucoup !

  2. Un très beau billet qui détruit bien des clichés sur les familles nombreuses !
    Et comme tu le dis si justement, c’est votre choix et il ne regarde que vous. Famille nombreuse = famille heureuse. Et comme dans toutes maisons, vous aurez des défis à relever. Mais comme tout un chacun.
    J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ton article en tous cas !
    A bientôt,
    Charlotte.

    1. Exactement, c’est LE truc le plus important: à chaque famille son choix :). De toute façon, on se prendra des remarques quoi qu’on fasse alors …

  3. C’est rigolo, j’ai écrit un article similaire (en bcp plus bref 😉 l’an dernier, et initialement j’y avais mis la même illustration que toi ! Voilà, instant auto-promo off (si tu veux le lire : c’est “avantages et inconvénients des familles nombreuses)
    Comme toi, je pense que c’est le bagne d’être enfant unique : parents tout le temps sur ton dos qui te sur-investissent (ou pas), pas de compagnon de jeu, poids des parents âgés qui à l’âge adulte repose sur ta tête uniquement. Après chacun fait bien comme il veut et peut, selon ses possibilités physiques et psychologiques, mais le choix de l’enfant unique (quand c’est un choix) demande à ce que les parents soient bien conscients de ce manque pour l’enfant et lui assurent suffisamment d’interactions proches. Ma fille a une copine enfant unique. Elle est très souvent fourrée chez nous, va chercher les petits à l’école, etc… et elle dit souvent à ma fille qu’elle s’embête avec ses parents. Ce qui est super quand l’enfant est petit (avoir les parents rien que pour soi et être en fusion totale) doit devenir pénible à l’adolescence.
    Bref, pour moi qui suis issue d’une famille où le nombre minimum d’enfants est 3, il est vrai que je ne me voyais pas avec peu d’enfants. Et quand j’ai attendu Chaton, il était évident pour moi que j’en aurai un autre après, pour avoir deux petits et non pas un seul, avec un grand écart d’âge avec les aînés. Je ne regrette en rien ce choix !

    1. Je suis vraiment désolée pour le plagiat involontaire ! Déjà que j’ai fais le coup avec l’article sur le père Noël … Promis je ne l’ai pas fait exprès ! C’est sur que le fait d’avoir un enfant unique doit être pris après une mure réflexion, il n’est pas sans conséquences sur l’enfant. Je connais très peu d’enfants unique qui ont eu envie de reproduire ce schéma plus tard. Bien sur je ne parle pas ici de la situation des parents qui n’ont pu avoir qu’un seul enfant, notamment parfois après de très longs parcours PMA. Mais dans ce cas, l’approche de la parentalité est un peu différente je pense

  4. Un article plein de bon sens et qui remet certaines pendules à l’heure! Certains clichés ont hélas la peau dure… Pour ma part, j’ai été fille unique neuf ans et…Pfff…Un long ennui et, effectivement, trop de pression familiale sur un seul enfant! Comme toi, j’ai vite su que nous n’aurions pas qu’un seul enfant et même lorsqu’on galérait pour concevoir La Bête, on était convaincus qu’on ne s’arrêterait pas à un! Maintenant, j’ignore si je suis suffisamment zen pour fonder une famille nombreuse. Je n’exclus pas l’idée mais verrai déjà ce que ça donne à deux!

    PS: Une tante de Chéri a 6 enfants, je ne l’ai jamais jugée, elle est aussi loin de l’archétype du cas soc’, au contraire je l’admire!

  5. J’aime beaucoup ton billet et je comprends bien ton ressenti. Mais j’avoue que je ne me vois absolument avec 4 enfants tout de même. 2 c’est bien pour moi… Mais voir les maisons pleines de vie ailleurs, ça me plait beaucoup aussi 🙂

  6. J’ai grandi dans une grande fratrie, 2 filles et 2 garçons, soit le même total que chez toi (comment je compte trop bien !). Donc le côté fiché direct comme cas soc’ ou catho je connais. Mais non, ma mère voulait juste beaucoup d’enfants, si elle avait eu plus de moyens financiers nous aurions été 6, c’est dire !
    Alors pour autant je n’aurais pas de famille nombreuse, j’ai beaucoup trop souffert de la situation. En tant qu’ainée je pouvais me débrouiller seule du coup les moments privilégiés que j’ai eu avec ma mère se comptent sur les doigts d’une main. C’est drôle comme nos histoires nous marquent et comme on fait soit tout l’inverse, soit tout pareil selon nos vécus. Nous étions une famille recomposée, l’entente avec mon beau-père était compliquée, tout ça tout ça… je n’aurais peut être pas vécu les choses de la même façon dans un autre contexte.
    Mais du coup, moi j’ai droit constamment à « c’est pour quand le prochain ? » et lorsque je réponds qu’il n’y en aura probablement pas les gens sont fous.
    « quoi, mais il va rester tout seul ? tu n’auras qu’un enfant ? »
    « Non il n’est pas tout seul, il a une grande soeur géniale ! »
    « Mais c’est pas pareil, ce n’est pas ta fille ! » Alors là en général je sors de mes gonds…
    Tout ça pour dire que te rejoins, nos choix familiaux nous sont propres, ne regardent que nous, et puis c’est tout. Mais visiblement il y a une attente de la part des voisins, boulangers et cousins… nous ne devons faire ni trop, ni trop peu d’enfant. Mais comme on a le droit de les envoyer chi..er, on peut souffler 😉

    1. C’est clair, nos choix sont tellement influencés par nos propres histoires ! Ca ne met pas DU TOUT de pression sur l’éducation qu’on choisit de donner à nos enfants hein XD. Comme tu le dis: le choix appartient à chaque famille. Je trouve que les remarques qu’on te fait sur votre choix sont particulièrement déplacées ! Non mais de quoi je me mêle ! Et celle sur la relation avec sa grande soeur sont très cruelle aussi pff … Je ne sais pas si les gens se rendent compte du fait que ça peut être vraiment blessant.

    2. @amélie, comme c’est indélicat ce genre de réflexions… j’y ai eu droit aussi, du style “ils ne sont pas frères et soeur, ils sont DEMI-frères et soeur” en insistant bien sur le DEMI. Comme si les enfants étaient trop bêtes pour ne pas percevoir leur situation particulière. Alors qu’ils se vivent comme frères et soeur, et s’aiment entièrement, et non pas à demi…

  7. Je les connais ces regards interrogateurs et accusateurs. Et puis bb4 est né et j’ai rencontré beaucoup de mamans de 4 et de mamans tout court admiratives et pleines de bonnes paroles. J’ai eu 4 enfants en moins de 4 ans. L’écart d’age entre les jumeaux et la 3eme était voulu. Et puis bb4 s’est invité alors que c’était impossible (je suis stérile diagnostiqiée à 25 ans , j’ai fait deux fiv don). On avait deja évoqué un 4 ème mais dans les années à venir. Et je suis très heureuse comme ca même si vivre avec 4 enfants de 4 ans et moins est un défi quotidien. On n’est ni religieux ni intéressé par les allocs (on doit touché 80€ par mois), et j’ai fait des etudes supérieurs. Qu’importe le qu’en dira-t-on, nous sommes heureux comme ça. On ne passait deja pas inapercu avec les jumeaux et on ne s’ennuiera plus jamais!

    1. Nos histoires se ressemblent beaucoup ! J’ai été aussi diagnostiquée en ménopause précoce et je suis aussi passée par la PMA. J’ai eu des jumeaux, puis un autre garçon avec peu d’écart d’âge cela étant totalement voulu. Et puis B a été une belle surprise ! C’est sur qu’on sait que ce sera un gros défi et qu’on va passer par des moments difficiles. Mais c’est notre choix donc nous l’assumons. Effectivement, je n’avais même pas pensé au fait que nous ne retrouvons jamais l’anonymat même quand les jumeaux seront plus grands XD

  8. De toute façon qu’on en ai 9, 4 , 2 ou 0, les gens ont toujours besoin de te pondre un préjugés. Pendant très longtemps je n’en ai pas voulut du tout et je peux te dire que les gens ne sont pas avares de remarques haha ! Donc au pire on s’en fou de ce qu’ils pensent et personnellement j’aime bien enfoncer le clou juste pour les faire rager.
    Bonheur sur toi et ta famille :).

  9. J’ai adoré lire cet article
    Ici nous en sommes à 1 bébé. On se rêve à la tête famille nombreuse mais on se dit surtout qu’on verra comment on arrive à gérer 1 puis 2 enfants (notre minimum).
    Mais c’est vrai que lorsqu’on dit qu’on ne s’est pas fixé de maximum les gens soit :
    -nous prennent pour des dingues
    -pensent que mes convictions religieuses sont à l’origine de cette envie (10 ans de pilule, je pense pas être contre
    -sont persuadés que je vais finir mère au foyer (et alors ?!)
    J’ai aussi ceux qui pensent que c’est anti féministe (comme à l’époque de nos mères ou allaiter était l’asservissement des femmes)
    Enfin bref, le jour où les gens regarderont chez eux avant de juger les autres n’est pas arrivé
    (et si quelqu’un te donne la recette pour gagner des pepettes tu peux partager steup’ ?)

    1. Heureusement que le féminisme a évolué vers : je fais ce que je veux sans être jugée. Passer d’un dogme à l’autre c’est vraiment rageant, je comprends.

      J’avoue ne jamais avoir compris ce besoin constant des gens de partager leur jugement avec des inconnus, jugement forcément pas très pertinent vu qu’ils te connaissent pas. Mais comme dit dans l’un des commentaires précédents, je sens que maintenant je vais m’amuser à enfoncer le clou juste pour rire un peu.

  10. Chacun choisit le nombre d’enfants qu’il veut. Et pourtant j’ai eu l’impression d’un certain “enfant unique bashing” dans ton article. Tu mets peut-être de nombreux maux sur le compte de ta situation d’enfant unique. Mais tu sais, je ne suis pas enfant unique, et je me suis moi aussi beaucoup ennuyée, et on peut être d’une famille nombreuse et se sentir très seul. Il y a des aînés qui se plaignent toute leur vie de leur situation d’aîné (trop de responsabilité, poids écrasant, etc) des benjamains de leur situation de benjamain (trop couvé, aucune autonomie, etc…), des enfants de famille nombreuses qui n’en peuvent plus du bruit et du manque d’attention individuelle de la part de leurs parents. En fait, il n’y a aucune place idéale de l’enfant. Chaque situation est particulière, et on peut se sentir aussi seul unique ou issu de famille nombreuse que l’inverse. Tes parents étaient englués devant la télé, mais ce n’est pas le cas de tous les parents. Je joue énormément avec mon enfant. Il y a à la maison des tonnes de copains, heureux d’échapper à leur fratrie et à une maisonnée trop stricte pour jouer en toute liberté chez nous (enfant unique = maman moins fatiguée). D’ailleurs peu d’enfants de famille de + 4 peuvent inviter aussi souvent plein de copains (à moins d’avoir une maison gigantesque). Ici, plein de cousins du même âge aussi, notamment pour passer les vacances. Une vie pleine de sorties à Paris (j’ai le temps d’organiser et je peux emmener facilement mon mini et ses potes à plein d’expos et d’ateliers). Bien loin de ma vie d’enfant solitaire en campagne à m’ennuyer ferme (et pourtant je n’étais pas enfant unique). Des milliers de livres. Et puis tu sais, ado, l’enfant “renie” sa famille, qu’elle soit nombreuse ou peu nombreuse. Et post mortem, j’ai vu les 3 enfants de mes grands-parents s’entre déchirer pour l’héritage (ou le non héritage d’ailleurs)….c’est chacun pour soi. Donc là encore, n’idéalisons aucune situation ! Fais la famille que tu veux, mais pas en apposition avec d’autres modèles qui sont très bien aussi, et où les enfants peuvent être très heureux aussi. Merci !

    1. Effectivement, cet article étant basé sur mon expérience et celle de mes amis (enfants uniques ou non), il n’est pas DU TOUT objectif. Comme tu le soulignes, il n’y a aucune composition familiale parfaite, ce serait bien trop simple … Mon but n’était pas d’offenser et si c’est le cas je m’en excuse.
      Pour le côté grandir à la campagne et s’ennuyer ferme, j’ai connu. C’est aussi pour ça que j’apprécie le fait de vivre dans une zone urbaine.

      Le coup de l’héritage c’est malheureusement hyper classique. Et surtout parfois pour une pauvre horloge !

    2. Tout à fait d’accord avec Fleur. Nous sommes 2, je vis à l’étranger (loin) et pourtant je suis celle qui est en charge des affaires de nos parents vieillissants (finances, vente biens, rapport avec Maison de Retraite…). Je viens d’une famille unie et aimante, je m’entends tres bien avec mon frère, qui vit en France a 2h de nos parents, mais c’est comme ça…
      Nous avons fait le choix d’avour une fille unique qui n’avait qu’une peur… qu’on lui donne un frère ou une sœur. On en blague encore. Elle ne s’est jamais ennuyée, n’a jamais eu de rupture avec nous a l’adolescence, est très sociable (on l’a emmenėe partout très tôt), et très indépendante aussi (partie seule à 21 ans étudier 6 mois à Hong Kong elle avait tout géré ) et très “proche” de nous, même si actuellement à l’autre bout du pays. Elle a été (est) très choyée par ses grands parents, unique petit enfant d’un côté, et seulement un cousin de l’autre. A 26 ans, elle a bcp d’ami(e)s, voyage bcp et semble apprécier toujours autant nos longs WE mère/fille et nos séjours chez elle. Son père et moi, n’avons jamais souhaité d’autres enfants, notre dynamique/équilibre à 3 (et 4 maintenant avec son chéri) fonctionnant très bien…
      Egoïstement j’ai adoré (j’adore) être le parent de notre fille , et je ne me suis jamais senti le courage/l’envie d’avoir plusieurs enfants… en accord avec mon mari.
      Pour conclure, je pense aussi qu’il y a des enfants de familles nombreuses malheureux (à cause du nombre justement ) comme des enfants uniques… et je pense aussi qu’on ne peut vraiment en parler qu’une fois tout le monde devenu adulte (et encore le ressenti peut changer à travers les âges).
      Bonne continuation dans votre grossesse, je croise les doigts pour que tout aille bien jusqu’au bout.

      1. Effectivement, il est faux de dire que toutes les familles avec un seul enfant se résument à une catastrophe sans nom. Encore une fois, cet article était totalement subjectif et basé sur ma propre expérience. Il ne visait absolument pas à généraliser à fond et donc à blesser quelqu’un. Je vous rejoins totalement sur le fait que malheureusement on ne peut apprécier le vécu des enfants qu’une fois ceux-ci devenus grands.

  11. Moi aucune des raisons que tu cites dans ton article ne fait écho à mon ressenti, et pourtant je ne peux m’empêcher de me questionner face aux familles nombreuses. Quand on voit l’état de la planète aujourd’hui, et que je vois des gens faire autant d’enfants, ça me questionne. Perso j’ai déjà peur d’en faire un, quel avenir pour lui ? La planète se réchauffe si vite que dans moins de 100 ans (même avant 2100 selon la NASA, donc 80 ans) à ce rythme là, l’humanité sera en train de disparaître ou aura peut-être déjà disparu (sisi, les spécialistes s’accordent), et je suis pas extrémiste, juste réaliste. Alors pourquoi faire autant d’enfants si ce n’est égoïstement que pour nous ? Nos petits enfants voire déjà nos enfants, ils vivront où, devront faire face à quels challenges ?
    Alors en faire 4, 5, 6, pour que la planète se réchauffe encore plus vite, pour qu’on pollue encore plus, pour qu’on soit encore plus à l’étroit sur notre planète ? Perso, ça me laisse perplexe…

    1. Effectivement c’est un argument que j’ai déjà entendu et qui a du sens, je dois le reconnaître.

      Pour moi très clairement, faire un enfant (ou plus), si c’est voulu, c’est toujours une décision égoïste. On fait un enfant car on le souhait, pas par altruisme.

      Mais je pense qu’à long terme, ce ne sont pas vraiment les familles nombreuses “choisies” qui posent problème au niveau de surpopulation. Lorsqu’on a pas d’accès à la contraception on trouve des fratries de 6 et plus et des parents qui s’en passeraient bien. Je ne pense pas que le choix d’avoir une famille nombreuse serait fait par tant de parents si chacun avait vraiment le choix, et je doute qu’on aille très souvent au-delà de 4 enfants. Je n’ai plus les études en tête, mais dans les pays émergements, les familles tendent à faire deux enfants et c’est tout. Heureusement maintenant, il devient dans le même temps un peu plus socialement acceptable de ne pas vouloir avoir d’enfant. Et c’est un choix que je respecte tout autant. Chacun sa vie, chacun sa vision des choses. Chacun a ses raisons de faire ou non des enfants.

      Pour moi les choses pourraient donc largement s’équilibrer à moyen/long terme.

      Faire des enfants c’est aussi une manière d’avoir un peu d’optimisme et de foi en l’avenir. L’humanité va devoir faire face à de très nombreux challenges. Clairement et ce dès aujourd’hui.
      Mais quoi qu’on fasse, il faut trouver un autre mode de consommation. Même si ça se fait très lentement, il y’a du changement dans l’air. Lorsque l’humanité est au pied du mur, elle arrive à faire pas mal de belles choses. On a envoyé des hommes sur la lune avec des ordinateurs qui avaient une puissance de calcul à faire pleurer n’importe quel utilisateur actuel de smartphone ! Pourtant je ne suis pas quelqu’un de super optimiste en général. Mais j’ai envie de transmettre ça à mes enfants, cette envie de ne pas se soumettre à un certain fatalisme. Sinon, effectivement, l’humanité est fichue à court terme.

      J’ai envie de contrer un peu cette sorte de prophétie auto-réalisatrice: de toute manière on est fichu, ne construisons rien, on vit dans le no future, et puis … ben rien ne change et on reste dans cette trajectoire de merde.

    2. Tout à fait d’accord avec Clem. Si chacun d’entre nous fait 4 enfants.. dans trente ans la planète sautera soit parce qu’on en aura épuisé les ressources, soit parce que ce sera la guerre pour les ressources restantes. Il paraît plus eco responsable d’avoir entre zéro et deux enfants… Même si c’est sûr que ça n’envoie pas du rêve.
      Personnellement je suis pour des allocations familiales dès le premier enfant, plafonnées à deux.
      Mais issue d’une fratrie de 4, et avec trois enfants déjà faits, j’ai bien conscience que c’est facile de donner des leçons !

      1. Justement Vivane, il me parait très très improbable qu’une majorité de famille choisisse d’avoir 4 enfants (ou alors c’est par manque d’accès à la contraception et ce n’est plus un choix). La moyenne reste à deux en général. Ca me choquerait pas non plus de plafonner les allocations familiales qui sont un reste de la politique nataliste d’après guerre. Cette politique n’est pas vraiment adaptée au monde actuel. Le nombre d’enfants reste un choix personnel du couple et en tant que tel, ce n’est pas à l’Etat de l’assumer.

      2. Certes. Je suis une ‘vieille’ lectrice. Pendant ma première grossesse en 1989, le mur de Berlin est tombé. J’ai vraiment, vraiment cru que mes enfants grandiraient dans un monde meilleur (parce que pendant mon adolescence, c’était la guerre froide). Mon troisième enfant est né en 1998. Trois ans après, c’est le 11 septembre 2001. Mes enfants ne vivent pas dans un monde meilleur, mais dans un monde en guerre, une guerre torpide, larvée, une g sans nom. Et c’est triste. Car aujourd’hui, personnellement, je ne mettrais sans doute pas trois enfants au monde 🙁

        1. Que dire à part être tout à fait d’accord avec votre constat. J’avais 11 ans lors des attentats du 11/09/01. Je n’ai pas connu cette période d’espoir après la chute de l’URSS. Je n’ai presque connu (au sens lorsque j’étais assez grandepour comprendre les événements) que ce monde vraiment pourri. La première fois que ma mère m’a senti bouger dans son ventre c’est lorsqu’elle a appris la chute du mur de Berlin. C’est peut être de la que vient mon optimisme ;).

          Blague à part, vos arguments à toutes les deux sont très pertinents. Je vous mentirais si je vous disais que vois m’avez totalement fait changer d’avis. Mais vous m’avez vraiment donné à réfléchir. C’était un angle que je n’avais jamais vraiment considéré.

          1. Si j’étais ta mère (et tu as l’âge de mon fils ^^), je serais triplement inquiète pour toi : 1) parce qu’une troisième césarienne programmée en si peu de temps, c’est forcément risqué ; 2) parce que conjuguer grossesse et épilepsie, c’est forcément compliqué, tant pour toi que pour le bébé ; et 3) parce que je me dirais “maiscommentqu’ilsvontbienpouvoir gérerquatreenfantsrapprochés”. L’item 3 étant déjà bien présent alors que mon fils s’apprête à avoir son deuxième enfant en 27 mois.

            Mais ça, c’est finalement votre affaire et votre jugement qui prime. Parce qu’au bout du compte, les enfants, c’est beaucoup de travail, beaucoup de soucis mais aussi beaucoup de joie ^^

          2. Je te rassure, tu résumes très bien les inquiétudes de mes parents (et de mes beaux parents d’ailleurs) ;). Je te mentirais si je disais que je ne les partage pas non plus et que je suis totalement sereine, que parfois le soir je me dis “mais boréal de crotte qu’est ce qu’on a fait comme connerie arghhhhhh”.

  12. Par rapport aux commentaires de Clem et Viviane, je dois dire que l’argument écologique ne tient pas à mes yeux. Les familles nombreuse sont souvent un mode de vie beaucoup plus écolo que les couples seuls ou avec un enfant : là où le jeune couple urbain prendra souvent l’avion pour partir en week-end, la famille nombreuse ne le fera pas faute de moyens et choisira un tourisme plus local et moins coûteux; dans une famille nombreuse, on ne change pas de smartphone tous les ans dès l’apparition d’un nouveau modèle; on n’achète pas de gadget électronique à chaque enfant; on recycle les vêtements; on fait attention aux dépenses énergétiques, à la consommation d’eau, à ne pas manger trop de viande qui coûte cher. Bref, on ne peut pas dire que les dépenses d’une famille sont proportionnelles au nombre d’enfants, c’est faux. Une famille éthiopienne de 6 enfants est-elle vraiment responsable du changement climatique, comparé à un couple de bobos parisiens ? j’en doute. Et puis c’est désigner à la vindicte un bouc émissaire plus facilement identifiable (dans la mesure ou cela peut être nos voisins) que les vrais responsables du désastre écologique que sont les grandes industries. Politiquement, c’est tout bénéf puisque cela dégage nos responsables gouvernementaux d’une véritable action difficile à mener contre la Chine et les Etats-Unis pour ne citer qu’eux. Taper sur les familles nombreuses, ça ne coûte pas cher et ça occupe les gens. Quant à la guerre, si nos (arrières-)grands-parents avaient étaient aussi pessimistes, aucune d’entre nous ne seraient ici pour discuter 🙂

    1. Les études ne manquent pas pour dire que la meilleure mesure pour réduire le réchauffement climatique c’est la diminution de la natalité, particulièrement dans les pays développés https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/aa7541/meta;jsessionid=BE58B8A7FDC40EF66BE91A2EAF712462.c1.iopscience.cld.iop.org. Selon l’étude sus citée, “Pour une réduction de la natalité d’un enfant en moins, les chercheurs avancent une réduction au moins égale à 60 fois celle permise par le végétarisme ! Ce qui en fait de loin la mesure la plus efficace pour combattre le réchauffement.”
      Il est évident que WorkingMutti ne va pas mettre au monde une petite éthiopienne, ni aucune des lectrices du blog. Je cite : “”Une famille américaine qui choisit d’avoir moins d’enfants contribue au même niveau de réduction des émissions de CO2 que 684 adolescents qui décident de recycler systématiquement leurs déchets pendant le restant de leur vie”.

      Même si certaines dépenses contraintes pour s’équiper pour un enfant ne sont pas récurrentes lors des grossesses suivantes, mettre au monde un ou plusieurs enfants, c’est avoir un bilan carbone très négatif. Je t’invite à lire cette publication du Huff Post, tirée du rapport du GIEC 2018, le graphique est très informatif : LA mesure écologique numéro 1, c’est de ne pas avoir d’enfant. https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/08/lafp-nous-dit-pourquoi-elle-a-publie-cette-infographie-sur-le-rechauffement-climatique-et-les-enfants_a_23554328/

    1. Oui Viviane, bien entendu je connais cette étude qui a tant fait parler. Merci pour le lien de l’étude originale, très intéressante. Justement, quand tu regardes leurs sources pour l’impact de “un enfant en moins”, tu vois qu’ils se sont basés sur 11 pays seulement, dont les USA, le Japon et la Russie (Figure 1, et supplementary material 4, https://iopscience.iop.org/1748-9326/12/7/074024/media/ERL_12_7_074024_suppdata.pdf). A mes yeux c’est tout à fait insuffisant pour décréter qu’à l’échelle mondiale avoir un enfant de moins enrayerait le phénomène.
      Et encore une fois, c’est faire porter par tous la responsabilité d’un phénomène qui est clairement dû à quelques pays, USA en tête. Nous ne vivons certes pas comme des éthiopiens, mais pas non plus comme des américains.
      C’est d’autant plus surprenant qu’en France nous ne sommes même plus au taux de renouvellement des générations puisqu’il y a moins de deux enfants par femme. Sinon le suicide collectif peut être une option envisageable :-))
      Pour ma part, je suis plus convaincue par la décroissance, le partage des richesses, et mille petits gestes qui peu à peu rentreront dans les mentalités. Quand je vois le gaspillage alimentaire et en ressources (métaux, plastiques etc…) je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour éduquer les gens. Pour moi le problème se trouve aussi dans un égoïsme et un individualisme qui ont marqué la génération des 30 glorieuses, nos parents en gros, pour qui l’écologie n’avait aucun intérêt. Hier Guillaume Meurice a fait une interview révélatrice de la mentalité de cette génération https://www.youtube.com/watch?list=PLS9S-RWXlfOfL8I4LC54_AWqU-IWgsngH&v=liqReGvaPmQ

  13. Le débat qui suit ton article est passionnant, ce qui prouve que ton article a soulevé pas mal de points qui font écho chez les gens! Je dirais que le nombre d’enfant doit être un compromis entre aspirations de couple, projections, capacité à les élever, limites organisationnelles et temporelles. Ici, tout a été atteint à 3 enfants. Pour certains, c’est dès le premier. Pour d’autres, à 6. Personne n’a à porter de jugement là-dessus et l’argument écologique a tendance à me faire grincer des dents également…

    1. Moi j’aime quand il y’a du débat ! En plus là c’est cool ça reste dans les limites de la courtoisie et la politesse. On est tellement influencée par notre propre histoire sur ces questions que forcément on a un avis bien tranché.
      Mais en tout cas je note que personne n’a tiqué sur la contraception définitive. Un débat en moins !

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