Au quotidien / Santé de maman

J’ai fait 4 fausses couches: le tabou des 3 premiers mois

De plus en plus de blogueuses osent en parler, les langues se délient et les écrits se multiplient heureusement. Pourtant la majorité des femmes vivent encore les trois premiers mois de grossesse dans le silence absolu. On se la joue furtif version Batman, une poker face de jeune première toute la journée, et un énorme secret dans la Batcave. Oui je viens de comparer ton utérus à la Batcave. C’est normal, on a pas envie d’annoncer la chose et après de devoir se taper des dé-annonces douloureuses, des remarques à la con.  Et puis c’est la norme sociale. Mais est-ce qu’en faisait ça on ne se prive pas aussi de la compassion et du réconfort des autres ? Est-ce qu’on a pas le droit d’exprimer nos joies, nos doutes et nos peines pendant cette période charnière ? Et si banaliser ces annonces rapides faisait que balancer des remarques du type “eh arrête de chouiner, c’est rien, la prochaine sera la bonne” devenait aussi tabou socialement que le combo short-chaussettes ? 

 

Tout d’abord posons quelques bases pour être d’accord sur le chmilblick dont on va parler. Je parle ici des fausses couches précoces, c’est à dire une grossesse interrompue avant 14 SA. Est-ce que je peux y intégrer les grossesses extra-utérines ? Je n’ai aucune expérience de ce vécu, ce sera à vous de me le dire. Les pertes de grossesse concernent 10% des grossesses détectées après un retard de règles. Avant cette date le fausses couches sont bien plus importantes en proportion.

 

Et bien pourquoi cela arrive aussi Ginette ? Elles ont fait trop de trampoline les madames ?

 

Parfois on retrouve des causes génétiques, des problèmes de coagulation, des réactions immunitaires pathologiques, des déformations de l’utérus. Et dans 50 % des cas on ne retrouve aucune cause. Certainement aucune cause qu’on ne peut expliquer en l’état actuel des connaissances médicales.

La majorité des femmes ne vivent jamais plus d’un ou deux fausse couche. Et puis il y’a les multi récidivistes comme moi. Deux de mes grossesses ont abouti, quatre autres se sont terminées plus tôt que prévu dans la douleur. Aucune grossesse 100% naturelle n’a tenu comme on dit.

 

Six gestations, 2 grossesses menées à terme
En 5 ans. J’ai 28 ans

 

Punaise heureusement qu’elle est presque ménopausée celle-là.

 

Dans mon cas la cause est assez facilement identifiable: les ovaires de mamie. Peut être aussi les jolis fibromes qui tapissaient mon utérus.

Mon utérus a néanmoins eu la classitude d’expulser son contenu inanimé de manière spontanée et complète m’évitant cytotec, aspirations et les autres joyeux lurons. Par contre la fonction anti-douleur n’est pas encore intégrée. Je jette mon pognon dans les bras de Big Pharama pour me soulager un peu physiquement et je l’assume.

 

 

Heureusement j’ai eu la chance de croiser des soignants très humains lorsque j’ai traversé ces épreuves

 

Une sage-femme libérale m’a dit qu’une fausse couche c’est aussi un accouchement, et que oui un accouchement ça fait mal. Cette douleur de l’expulsion sans aucune hormone de bonheur, sans aucun autre but que d’expulser ses rêves et ses espoirs. N’en rajoutez plus, la coupe est pleine … Ah non ? Il faut encore ajouter l’immense douleur psychologique, le deuil du bébé fantasmé. Donc oui, une fausse couche est 10 fois plus douloureuse qu’un accouchement. Merci à cette sage-femme de reconnaître ma peine, rien que ça m’a aidée à l’apaiser, un peu.

Il y’a aussi ce gynéco qui m’a regardée droit dans les yeux, avec beaucoup de douceur dans son regard, et qui m’a dit “quand on tombe, on finit toujours par se relever“. Il ne m’a pas demandé de le faire tout de suite, il m’a juste dit que finalement ça irait mieux.

 

Sauf que je sais que beaucoup de femmes n’ont pas eu la chance
d’avoir une prise en charge aussi humaine, aussi soutenante.

 

Si j’avais du être hospitalisée dans certains endroits je pense que j’aurais pété un câble, et pour peu que ma serviette maxi nuit déborde, on se serait retrouvé dans un remake de Carrie (le film d’horreur, pas Sex and the City).

J’ai déjà entendu une psy dire que les femmes qui venaient pour une aspiration suite à une fausse couche devaient être placées dans le service maternité et non dans le service de chirurgie gynécologique car “c’est leur place, elles sont du côté de la vie. L’ambiance est vraiment très lourde en chir gynéco, c’est pas du tout la même chose“.

 

*Une nervous breakdown, une plainte pour coups et blessures déposée contre moi, et 3 xanaxs plus tard*

 

1) C’est clair que c’est trop la grosse ambiance quand tu as fait une fausse couche ! A peine sortie de la salle d’opération/ de la salle de bain où tu as expulsé naturellement, tu bouges ton boule sur David Guetta avec tes bestsies, le tout devant un plateau repas digne d’un chef étoilé. D’ailleurs Cindy tu fais quoi samedi j’ai trooop envie d’aller au Macumba avec José toi et la pétasse Team !

2) Les battements de cœur des monitorings, les pleurs des nouveaux-nés, ce sont les sons les plus mélodieux qui peuvent bercer ton âme après avoir perdu cet embryon que tu devais faire grandir en ton sein et donner la vie. Rhoo c’était qu’un petit bout de bifton (du point de vue de certains professionnels de santé, pas des femmes qui le vivent) c’est bon, on recommence la prochaine fois. Je vais même profiter de mon séjour pour faire du repérage pour ma future chambre de jeune accouchée histoire de rentabiliser tiens.

 

Madame la psy, il est tant de dire les choses clairement:

Je n’ai pas donné naissance, j’ai porté la mort.
Je ne suis pas du côté de la vie, je suis dans celui du deuil.
L’embryon, l’espoir, l’amour pour cette petite étincelle de vie que je portais,
tout ça est balancé dans les déchets médicaux

 

 

Je ne sais pas si tu es comme moi, mais dès que je fais le test positif je calcule ma date probable d’accouchement, je check l’air de rien les dates de la fameuse échographie du premier trimestre, je mets une grosse croix rouge dans mon calendrier mental vers la 9e SA où je sais que les risques diminuent beaucoup.

 

Et après je me prends le TGV en pleine face.

Le taux qui baisse, le sac gestationnel vide, il manque juste le cœur qui s’arrête de battre à mon triste palmarès. Tous mes espoirs, le fabuleux chemin pavé de joies, d’arcs en ciels et de slips filets s’écroule devant moi. Oui ça fait mal, très mal. A chaque fois. Il y’a moins de surprise, mais toujours autant de douleurs.

 

Non on ne s’y fait pas. Un jour vous pensez que quelque chose d’extraordinaire
se passe à l’intérieur de vous,
le lendemain vous savez qu’il n’y que le désespoir qui attend de voir le jour.

 

Tu veux savoir ce qui signifie pour moi maintenant un test de grossesse positif ? Comment ça se passe une fois que l’innocence est missing in action ?

 

 

Chaque test positif est pour moi une longue traversée en apnée des premières semaines. Il n’y a plus aucune place pour la physiologie, ici ne règne que l’angoisse. L’attente heureuse encapsulée pour quelques temps encore. Je ne me suis jamais sentie enceinte en lisant le résultat du test de grossesse. En général je vais plutôt acheter un paquet de serviettes maxi nuit en soupirant.

Il y’a d’abord les premières de sang avec le couperet des taux de BHCG,
les mini crises cardiaques chaque fois que le sms du labo m’indiquant que les résultats sont prêts,
les calculs frénétiques du taux d’augmentation, du temps de doublement (pour les calculer facilement c’est par ici)
les appels du secrétariat du gynécologue PMA pour la suite de la marche à suivre qu’on attend beaucoup trop

Et puis après il y’a l’attente angoissante des premières échographies: une vers 6/7 SA et la seconde vers 9 SA.
Il y’a aussi les échographies volées aux urgences quand on en peut plus

Quitte à aller à l’hôpital autant aller au service de gynéco et éviter l’aile psy

 

Et pour patienter en dehors de ces échéances médicales, demandez le programme !

Comparaison de la tension et de la douleur à la palpation dans les seins toutes les 15 minutes,
Crainte au moindre pic d’énergie que la progestérone soit en chute libre,
Flippage complet si ma vessie ne se rappelle pas assez souvent à moi je crains que mon utérus ait perdu de son volume.

Vraiment, un délice ces débuts de grossesse.

Et quand l’inévitable se produit

Il y’a les stratagèmes pour tenter de cacher sa peine, lui dire d’aller voir ailleurs car on joue les insensibles ici à force. Lorsque les symptômes disparaissent, lorsque les taux s’effondrent, avec chéri on joue au jeu des départements. On parie chacun sur un département genre Isère (38) et celui qui a parié le département dont le numéro est le plus proche du taux de BHCG obtenu a gagné.

 

A force de ruminer, je commence à me poser des questions existentielles: pourquoi taire ces premiers mois ?

 

Attention, je ne critique pas, j’ai toujours fait exactement la même chose.

Le risque de fausse couche nous pousse à nous taire avant la sacro-sainte première échographie du premier trimestre. Pourtant il est impossible de faire comme si rien ne passait dans notre corps: les nausées, la fatigue, les seins qui douillent. Sans compter que dans ta tête c’est aussi une petite musique de fond.

On a peur qu’en l’annonçant à chaque personne on revive X100 ce difficile moment si cette grossesse vient à s’arrêter. Et on nous dira qu’on avait qu’à faire comme tout le monde et attendre avant de l’annoncer. Si nous avons osé en parler avant cette célèbre échéance, à la peine de perdre notre petite étincelle nous devons faire face aux superbes remarques à la c*n (les fameuses RALC):

 

– Rhhhoo mais pas besoin d’en faire tout un plat. C’était rien du tout à ce stade
– T’en fais pas tu vas vite retomber enceinte, on est plus fertile après une fausse couche
– T’as pas trop eu mal c’est bon c’était pas comme un accouchement non plus

 

Le pire c’est que tu te sens obligée de répondre par des mots au lieu des baffes.

 

 

L’incendie dévastateur a deux foyers, notre peine, et puis les autres
Alors c’est vrai, on essaie de s’en épargner au moins un

On ne peut extérioriser notre peine, afficher un sourire de circonstances aussi douloureux
que celui du Joker dans Batman, tout ça car la société ne peut tolérer une émotion plus haute que l’autre.
On doit toujours être au top, que les hauts jamais les bas.

Toutefois, de mon expérience personnelle, taire ce que je vivais comme un drame,
devoir jouer un rôle à gagner un Oscar tellement je jouais
une personne éloignée de ce que j’étais était extrêmement douloureux.

 

Peut être que c’est le burn out qui parle, mais j’en ai marre de me cacher derrière une poker face aussi naturelle qu’un sourire d’une nana au visage botoxé.

 

 

Pour celles qui le vivent la fausse couche est une épreuve qui la pourront les marquer à vie alors oui:

Elle a le droit d’être triste
Elle a le droit de ne pas vouloir se faner les conversations sur la grossesse et l’accouchement de machine
Elle a le droit de rentrer un peu plus tôt du boulot pour aller se fourrer dans son canapé
Elle a le droit d’être absente parce qu’elle souffre beaucoup et que se vider de son sang dans ces cas là c’est gore et douloureux.

 

Ma dernière fausse couche a grandement participé à mon burn out (ben oui avec mes ovaires de femme de 45 ans tu peux tomber enceinte, mais tu feras une fausse couche à 98%).

Oui, j’ai fais une fausse couche le mois dernier.

 

Mon hypothétique bébé miracle, ma chance sur 1 million qu’une ovulation spontanée se produise. J’aurais défié les statistiques. Un espoir fou qui était né. Une bombe nucléaire est tombée sur mon utérus lorsque le taux a chuté.  Et je me mange encore les radiations aujourd’hui.

 

Et je n’ai rien pu en dire, ni de ma joie, ni de mes rêves brisés
Alors je me vidais de mon sang au boulot, je serrais les dents,
je vidais ma cup qui se remplissait à ras-bord toutes les deux heures
dans les toilettes du boulot avec un lavabo à l’intérieur pour bien cacher tout ça.

 

 

 

Il y’a peut être aussi un bon vieux relent de société patriarcale dans ce tabou : la fausse couche c’est une affliction de bonne femme, on s’en fout dans l’espace public. Et puis de toute manière les femmes sont toutes un peu hystériques, c’était les trois premiers mois, ça arrive souvent, qu’est ce qu’elle vient nous faire chier avec son ressenti ?

C’est une vraie question du timing de l’annonce que je me pose. Je n’ai pas encore de réponse. Je sais juste que si une amie, une collègue, une connaissance passait par cette épreuve, j’ai juste envie de lui lancer un regard de compassion, une main sur l’épaule ou un gros câlin. Juste pour lui dire que je sais à quel point ça fait mal, mais qu’un jour ça ira un peu mieux même si on oublie pas.

 

Nota: les données médicales dans cet article sont issues des recommandations pour la pratique clinique CNGOF que vous pouvez consulter ici).

22 Comments

  1. Et cette envie viscérale de mordre et frapper toutes les femmes enceintes que l’on croise, avec leur grand sourire content qui poignarde encore un peu plus de l’intérieur… Ne pas arriver à se réjouir pour les 7 (!) copines enceintes en même temps (paye ton angoisse à chaque coup de fil d’une amie… pas une de plus s’il vous plait… ha ben si)
    J’ai essayé de soigner mon chagrin avec une bouteille de cidre, des sushis et du shopping mais en réalité il m’a fallu des mois pour m’en remettre (et pour que ce fichu taux de BetaHCG tombe à zéro). Et encore j’ai eu de la chance que tout le process se passe naturellement , pour une fois que mon corps fait bien son job 🙂
    De quoi effleurer la douleur que peut représenter le fait de pas arriver à avoir d’enfants pour tous ces couples qui essaient ☹️

    1. Lorsque la cousine de Mr G a annoncé sa grossesse j’avais presque de la rage contre elle. C’est terrible lorsque l’infirmière du labo te demande si ça monte bien le taux de BHCG et que tu serres les dents.

      Pour les couples infertiles je pense que le quotidien est vraiment un enfer malheureusement

  2. Je suis désolée pour ta fausse couche récente 🙁
    Je n’ai pas fait de fausse couche (et je touche du bois pour que ça reste ainsi vu le temps que je mets à tomber enceinte…) mais ce que tu décris sur le premier trimestre, je l’ai vécu pour Tess. Impossible pour moi de profiter et de me dire que je suis enceinte. Je n’ai eu aucune écho avant les 12 SA, c’était interminable, angoissant et j’en passe… A l’écho, ma première question: Est-ce qu’il est vivant? Ca a bien surpris le médecin… J’ai seulement commencé à profiter à partir de ce moment. Pourtant, la grossesse, on l’avait annoncé avant à nos famille. Je devais être à 8/9 SA. Je pense que de toute façon, j’aurais eu besoin d’eux en cas de coup dur! Pour les amis et le boulot par contre, on attend que ça se voit, histoire d’avoir notre petit secret rien qu’à nous ^^
    Je t’envoie plein de bisous et de câlins…

    1. Wow aucune écho avant 12 SA …. je ne sais pas comment j’aurais tenu ! Peut être que pour celles qui sont tombées enceintes rapidement il n’y a pas autant de peur et d’angoisse et que donc ça va ?

      En même temps on nous dit de pas nous réjouir trop vite et ils s’attendent à ce qu’on vienne la bouche en coeur à la première écho ?

  3. Merci. Merci. Merci. Merci d’avoir osé écrire à ce sujet. Encore très tabou. De nombreuses femmes le vivent et pouvoir lire des témoignages comme le tien peut être un réel soutien, je n’en doute pas une seule seconde. La perte fait mal. Et malheureusement cette douleur est banalisée, rejetée. Les autres ne la reconnaissent pas toujours. Et j’espère que cela évoluera, notamment grâce à un personnel formé comme ceux que tu as pu rencontrer.
    Ca n’a pas du être facile. Ca a du même être extrêmement dur. Et même si derrière mon écran je ne peux malheureusement rien faire, j’aurais aimé pouvoir te lancer un regard de compassion, mettre une main sur ton épaule ou te faire un gros câlin. Juste pour te dire que je sais à quel point ça fait mal, mais qu’un jour ça ira un peu mieux même si on oublie pas.

  4. Comme je te comprends et comme je suis de tout coeur avec toi… J’ai traversé une fausse couche et une GEU avant d’avoir mon fils. Pour la fausse couche le médecin des urgences m’a dit d’un air stoïque, « votre utérus est vide ». Je ne comprenais pas, j’ai posé des questions et il m’a expliqué d’un air un peu agacé « c’est une fausse-couche Madame ». Forcément, je me suis mise à pleurer alors il s’est un peu radoucis et m’a dit « c’est rien, on en voit tous les jours ici, vous retomberez enceinte ». Bammm dans ta face !
    Pour la GEU une très gentille sage-femme m’a prise en charge mais dans la salle d’attente des urgences gynéco obstétrique il y avait une femme qui attendait pour une écho de terme, j’avais envie de pleurer rien qu’en regardant son ventre énorme…

    Par contre, si c’était à refaire je continuerai de ne le dire à personne avant le 3ème mois. Ça peut paraitre bête mais j’ai assez de mal comme ça à gérer mon chagrin sans gérer celui de voir les autres malheureux pour moi. Je sais que ma famille m’aurait soutenue mais je sais aussi qu’ils auraient souffert de me voir malheureuse et c’est la dernière chose dont j’avais besoin à ce moment là. Il y a aussi, je crois, une volonté de « garder » mon chagrin pour moi comme ça je le gère comme je l’entend. Mais je ne dis pas que toutes les femmes doivent faire pareil hein, je crois juste que l’on à toutes un fonctionnement différent.
    Dans tout les cas je pense fort à toi, je t’envoie tout l’amour et la compassion possible en ces moments douloureux.

  5. Bonjour, je suis ton blog sans commenter depuis qq semaines. Je suis particulièrement interpellée par ton article aujourd’hui parce que j‘ai fait 1 fausse couche l‘été dernier après 3 grossesses sans pb. J‘ai été très surprise du désintérêt de la chose de la part de mon gynéco et je m’en suis sentie très abandonnée alors qu‘en Allemagne où j‘habite, on a droit au suivi par une sage-femme, ce que je ne savais malheureusement pas. En revanche, je me suis faite arrêter 15 jours par mon généraliste, 1 semaine pour saigner et souffrir chez moi en paix et 1 semaine pour me reposer et faire mon deuil. Après j‘ai pu retourner travailler. Je compatis et t‘envoie plein de courage, en espérant que l‘amour de tes proches te console. Quand j‘ai parlé de cette fausse couche, les langues se sont déliées autour de moi, donc bravo pour ton courage!

    1. L’arrêt de travail est pour moi indispensable. On est pas dans le meilleur des états après un fausse couche. Il est vrai que lorsqu’on ose en parle on se rend compte qu’on est largement au-dessus des chiffres officiels d’une femme sur 4.

  6. Ca fait du bien de lire cet article, bien que j’aie mal pour toi. Tout ce que tu racontes, arf, je le connais très (trop) bien: 5 fausses couches ici. 3 avant ma fille, 2 depuis. Je me doute bien que je n’ai pas encore terminé d’en faire… Alors je connais l’angoisse qui suit les tests positifs, les taux qui se cassent la figure, la douleur physique et morale, l’indifférence du monde qui nous entoure. Ce dernier point fait super mal donc, depuis ma seconde FC, je les cache. Très peu de gens savent, et je préfère ça car j’ai compris que les gens ne pouvaient saisir ce qui se joue en nous s’il ne l’ont pas vécu. Ici, pas de cause identifiée très clairement mais entre les 98% de soldats atypiques chez monsieur et mon endométriose profonde, on se doute que ça n’aide pas les rares embryons warrior à s’accrocher. Pourtant, ma seule grossesse menée à terme a été spontanée, on se demande encore comment. Tu es passée par les FIV toi? En tout cas, je compatis sincèrement.

    1. Vu la réaction “moué”de mes proches, je ne suis pas sure d’en reparler non plus. En tout cas, aux vraiment très proches. On m’a dit que soit disant les spermato malformés ne fécondent pas les ovocytes. Bizarre tous les couples que je connais dans ce cas (dont le mien) font quand même pas mal de fausses couches.

      Je suis passée par les stims simples de mon côté, j’ai eu la chance de ne pas avoir eu l’artillerie lourde.

  7. Je suis désolée pour tes fausses couches. Je n’en ai jamais fait, mais j’imagine que c’est vraiment dure comme épreuve. Tu as de la chance d’avoir pu tomber sur des équipes médicales qui étaient humaines et bienveillantes pour t’accompagner dans cette épreuve difficile. Je trouve ça bien que ce sujet encore tabou soit de plus en plus abordé à travers des témoignages comme le tien car malheureusement ça peut arriver à n’importe quelle femme et je considère que l’information est importante notamment pour l’entourage qui souvent à des réflexions inappropriées envers la femme qui vient de traverser cette tragédie dans son moi intime. Il en va de même pour les équipes médicales qui sont souvent mal préparées pour gérer ces femmes notamment au niveau de la bienveillance.

    1. Ca arrive même tellement souvent … Pour les équipes médicales c’est le quotidien, pour les personnes qui le vive c’est un évènement qui les marquera à vie

  8. J’ai fait une fausse-couche aussi. Et encore, j’ai “eu de la chance” : c’était un oeuf clair, sans embryon donc, j’ai donc pu me consoler en me disant que je n’étais pas vraiment enceinte. Mais c’est certain, dès le petit + sur le test, on se projette, on imagine ce bébé dans nos bras, il est là déjà présent dans nos vies. Je ne peux qu’imaginer la souffrance de celles qui vivent ce cauchemar à répétition <3

    1. L’oeuf clair en effet aide à se distancier, on a jamais entendu de petit coeur battre. Certains médecins ne font pas écouter le coeur avant 8/9 SA. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose

  9. Je compatis… 5 grossesses et 2 bébés en 4 ans (enfin presque hein on va pas chipoter pour quelques semaines 😉 ) mais la douleur est toujours là quand le couperet tombe. Pour ma part je fais désormais le choix de me passer des prises de sang (c’est idiot mais mes 2 grossesses “réussies” sont celles pour lesquelles le taux de bhcg n’a jamais été contrôlé).
    Il n’y a pas d’explication médicale pour moi pour l’instant. Par contre je n’ai pas la “chance” d’expulser naturellement, j’ai donc à mon actif deux aspirations. Mais heureusement je suis suivie depuis maintenant 4 ans par une équipe formidable !
    Merci d’en parler et surtout je t’envoie tout le réconfort que je peux, même si on n’oublie pas, ça finira par aller mieux. <3

    1. J’avoue que je ne tiendrais pas sans prises de sang et écho. J’ai besoin de savoir si c’est fini pour organiser la logistique, presque comme un rituel de deuil. Si je peux me permettre tu es suivie par une équipe sur Paris ?

  10. Je suis de tout coeur avec toi ❤️.
    Je crois qu’un petit plateau de fromage s’impose, histoire de se remonter le moral.
    Si les chaussettes short te gêne sache que j’aime porter des chaussettes en sandales 😂.

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