Education / Maman féministe

Je suis pour la PMA pour toutes

Alerte sujet polémique ! A l’occasion de la révision de la loi bioéthique il est question d’ouvrir enfin la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes. Et devine quoi: je suis totalement pour la PMA. Partout en France ont eu lieu des débats sur ces sujets sensibles, et on a surtout entendu les voix contre. Leur parole doit être entendue et prise en compte. Mais moi aussi j’ai envie de donner mon opinion sur le sujet, une opinion très différente. Je n’exprime que mon avis forcement subjectif. Mais je vais t’expliquer mon raisonnement.

En préambule, je tiens à préciser que la génétique ne fait pas pour moi la famille. Je t’en parle ici.

 

Mon premier argument en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes:
En tant que juriste, je pense que le droit doit s’adapter à la réalité
et encadrer les pratiques existantes pour éviter les inégalités et l’arbitr
aire.

Guess what, les femmes qui ne sont pas en couple hétéro feront toujours des enfants.

Ne pas légaliser cette pratique n’y changera rien, elle se fera juste sous le manteau. Ca te rappelle pas quelque chose ? C’est un peu comme un autre combat qui concerne le maîtrise de leur corps et de leur fertilité par les principales intéressée ? Tu sais ce petit combat mené par une certaine Simone V.

Shocking, les couples de femmes et les femmes célibataires ont déjà recours à la PMA … à l’étranger. Et pas qu’une poignée, vraiment beaucoup. On parle d’une dizaines de couples de femmes (qui viennent pour un premier rdv, comme pour un suivi, ou une insémination) PAR SEMAINE dans les cliniques belges les plus en vogue. L’étranger c’est à quelques centaines de kilomètres de nos frontières, genre à un peu plus d’une heure de Thalys ou à une heure de vol vers le sud. Les cliniques étrangères le savent et ça devient un vrai business juteux (avec même des coordinatrices françaises qui vous accueillent et vous accompagnent tout au long du parcours). Il y’a même des agences qui se créent pour vous orienter dans ce dédale, contre écus sonnants et trébuchants bien sur.

 

 

Et pour celles qui ne peuvent pas débourser entre 3 000 et 10 000 € ?

Ben oui, à l’étranger tout est effectivement à ta charge, notamment les médicaments servant à la stimulation hormonales qui montent seuls à plus de 1 000€ pour une stimulation hormonale à faible dose. Et ensuite tu dois payer l’intégralité de tes soins et la paillette de sperme utilisée. Le prix monte en même temps que la complexité du traitement en cas d’infertilité. Certaines font également le choix de se tourner vers des donneurs non anonymes dont la paillette est facturée plus cher. Et tu alignes ça à chaque tentative. Une femme lambda met à peu près 6 mois à concevoir dans des conditions classiques. Je te laisse faire le calcul.

Jusqu’en juillet 2018, il était tout à fait possible de commander des paillettes de sperme qu’on recevait directement chez soi via la banque de sperme dannoise Cryos. Non je ne plaisante pas. La livraison se faisait à l’aide de pains de glace sèche. Au moins, c’était une solution safe même si totalement illégale. Aujourd’hui, il est possible de se les procurer grâce à l’aide d’un professionnel de santé.

 

 

Et maintenant et/ou si on était vraiment fauchée ?

 

Eh bien Jean Mi-mi, on se contente des “inséminations artisanales” avec les gamètes d’un gars trouvé via un site de petites annonces en ligne bien souvent (le copain du copain ça pue en général).

Une méthode qui offre les meilleures garanties en matière de sécurité sanitaire hein.
Oui tu peux demander une copie du dernier dépistage MST du gars, mais qui te dit qu’il n’a bidouillé le truc avec paint pour le rendre clean ? Qui te dit qu’il n’a pas eu de conduite à risques depuis ? Tu peux juste y passer et/ou contracter une maladie chronique et handicapante au passage.

 

On en parle des risques en termes juridiques ?

Rien n’empêche le gars de se pointer un jour devant le tribunal et de réclamer des droits sur l’enfant. Inversement, rien n’empêche la gentille bénéficiaire de se pointer devant le juge aux affaires familiales et demander son dû pour l’éducation du rejeton.

 

 

Bref tu l’as compris, des solutions pour contourner la discrimination législation française, tu n’en manques pas.

Ces familles existent ! Et il s’en crée tous les jours !
Faire l’autruche n’y changera rien Pépé

Car oui, pour un grand nombre de personnes, homo, hétéro, célibataires,
fonder une famille c’est un besoin viscéral, c’est leur projet de vie

 

Et si ces familles ne bénéficient pas des mêmes protections que les autres étant donné qu’elles sont dans l’illégalité.
Alors c’est l’enfant qui trinque

 

Oui je sais, depuis la loi de 2012 mettant fin aux discriminations dans l’accès au mariage il est plus facile pour l’autre parent d’adopter SON enfant. Mais nous restons dans une procédure longue et complexe, et à l’issue qui reste tout de même incertaine. Et pendant ce temps l’autre parent de fait est vu aussi bien considéré par la loi que la voisine de palier.

 

 

 

Laissez-moi vous compter une histoire que j’ai personnellement connue en stage C’était en 2010.

 

Un couple de femme avait eu une petite fille en passant par une IAD en Belgique. L’enfant avait 7/8 ans. Sa mère biologique était décédée de manière brutale. L’enfant a été pris en charge par les services d’aide sociale à l’enfance car il était “orphelin” son autre parent n’étant pas reconnu comme tel aux yeux de la loi. S’en est suivi cet échange triste, révoltant, poignant. Je vous la fais courte sans les fioritures.

 

Assistante sociale: malheureusement ta maman étant morte, tu vas devoir venir avec nous, nous allons nous occuper de toi
Enfant: Mais elle est où mon autre maman ?
Assistante sociale: Mais ta maman est morte, tu n’as plus de parent maintenant

 

Je pense que c’est la discussion la plus violente que j’ai pu entendre. Cet enfant venait de perdre un de ses parents, et il était arraché sans aucune humanité, aucun ménagement, à son parent survivant, parent dont on allait jusqu’à nier l’existence. Les 20 ans de psychothérapie ne viendront pas du fait qu’elle ait été élevée pendant 7 ans par un couple de femmes je vous le dis. Aux dernières nouvelles, elle a pu être réunie avec sa maman. Il a juste fallu 5 ans de bataille juridique pour ça, 5 ans où les droits de l’enfant ont été jetés dans le siphon des toilettes.

 

Et puis il y’a une autre raison, plus personnelle, qui fait que pour moi
l’ouverture de la PMA à toutes les femmes est juste une évidence: 

Je me reconnais tout à fait dans la situation des femmes célibataires
car c’est la solution que j’aurais adoptée

 

J’ai toujours vu une famille nombreuse dans le futur. Pendant longtemps, je n’ai toutefois pas vu d’homme dans le tableau. Si je n’avais pas rencontré Mr G alors que j’étais encore étudiante, alors vers 27/28 ans je serai allée faire un petit tour de Thalys ou j’aurais pris quelques vacances en Espagne. Je savais même vers quelle clinique j’allais me diriger. Mon projet était déjà prêt. Merci Mr G d’avoir tout fichu en l’air hein. Ces mecs je vous jure …

Penchons nous maintenant sur les arguments avancés par les opposants à cette loi, et répondons à leurs arguments 

 

Je le répète je ne suis pas ici dans l’optique de descendre les personnes qui s’opposent à cette ouverture, juste d’exposer aussi mon opinion.

 

C’est malsain de grandir sans père

En ce qui concerne l’innocuité du fait de grandir dans une famille homoparentale, je ne peux que te renvoyer vers les nombreuses études faites au niveau mondial sur le sujet. Pour une référence facile à lire je vous invite à voir par ici ou ici, et pour la route une petite thèse. Pour une étude plus fouillée, je vous recommande cette étude publiée sur le site du Cairn, et le livre de Susan Golombok sur les nouvelles familles.

 

Pour ce qui est du cas des familles monoparentales choisies:

Allons d’abord sur le terrain des faits: en France 1 enfant sur 5 vit dans une famille monoparentale (source ici), foyers ayant une femme à leur tête dans l’écrasante majorité. Il est donc loin d’être rare d’avoir des familles sans modèle masculin labellisé père. Petite provoc gratuite qui n’apporte rien au débat: s’il est impensable de grandir sans pater familias, alors il faut marier de force ces inconscientes.

 

Oui mais c’est de la mauvaise foi, ce sont en grande majorité des situations subies.
Ici on parle de créer volontairement des familles monoparentales !

Subies ou voulue, on constate que les enfants grandissant au sein des familles monoparentales ne vont pas plus mal que les autres. Donc il est ou le problème ?

Oui les familles monoparentales sont plus à risque de se retrouver dans la précarité. Je pense également que lorsqu’on choisitr d’avoir un enfant seule on aménage sa vie de manière à pouvoir gérer cette énorme responsabilité seule et apporter la stabilité nécessaire à l’enfant. L’adaptation peut être plus dure lorsque la situation est subie.

 

 

Mais au-delà ça, je trouve que cet argument touche réellement au symbolique,
à l’implicite de notre structure sociale.

 

C’est sur que si on parle de faire passer le mâaaaaale au second plan, ça fait aux fesses du patriarcat.  Cela sous-entend qu’il existe une figure type “père”et une figure type “mère”. Certes, cette représentation n’est pas figée, on admet qu’il existe des variations, mais elles restent uniquement des déclinaisons du modèle de base. Ben oui, si les deux étaient parfaitement interchangeables, que les caractéristiques de l’un passait à l’autre sans aucune limite, que finalement il n’y avait pas de grandes lignes qui nous identifient à l’un ou à l’autre de ces rôles sociaux, alors on parlerait juste de parent. Et ce qui pose problème dans le débat de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes c’est justement qu’on ne peut pas juste parler de parent sans y mettre un rôle genré derrière. S’il y’a un moule du père par exemple, je vois plutôt ça comme un carcan qui sent bon les relents de patriarcat à l’heure où on se bat pour déconstruire les stéréotypes de genre.

 

Les enfants vont forcément se questionner sur leurs origines.
Ils vont vite comprendre que maman toute seule
ou maman et maman n’ont pas pu faire un bébé toutes seules

 

C’est une demande légitime que de chercher à savoir d’où on vient. Mais je pense que ce n’est pas un problème insurmontable. La preuve, il n’empêche pas l’adoption, ou le don d’ovocyte, ou de spermatozoides. Scuzez moi mais quand un enfant venu d’Amérique du Sud est adopté par deux parents aussi foncés qu’un cachet d’aspirine, il se doute bien qu’il y’a un schmilblick dans la soupe.

 

 

 

Blague à part, pourquoi pas un modèle comme au Danemark ?

Dans ce pays, il existe la possibilité d’avoir des photos  du donneur enfant, ses caractères physiques, son parcours scolaire et professionnel, sa situation maritale. Il a même la possibilité d’écrire aux futurs enfants nés de son don.

 

La seule question qui fait débat dans ma petite tête est celle du remboursement par la sécurité sociale des traitements PMA pour des couples qui ne sont pas en situation d’infertilité médicale

 

Côté pour:

Le coût des traitements est énorme (plusieurs milliers d’euros par tentative) et ils seraient inaccessibles aux plus modestes qui continueraient à se tourner vers des méthodes artisanales risquées. La belle affaire d’avoir ouvert cette possibilité en France …

Cela ne concernerait qu’une petite partie de la population, la dépense serait assez limitée.

Si on se base sur la définition que fait l’OMS de la santé en se disant qu’elle englobe aussi le bien-être mental et social de la personne, et que l’absence de possibilité de fonder une famille, une partie aussi fondamentale du projet de vie peut menacer grandement ce bien-être.

 

Côté contre:

La sécurité sociale a vocation à rembourser des soins rendus nécessaires par l’état de santé d’une personne. Dans un contexte où on dérembourse de plus en plus des prestations, pourtant nécessaires, est-ce qu’on peut se payer le luxe de rembourser des traitements non motivés par une infertilité médicale ? C’est une considération bassement matérielle je sais, mais la question mérite d’être posée … Enfin, selon moi.

 

 

 

 

Pour clôturer, la question de la fin:
Mais après les couples d’hommes vont réclamer l’égalité dans le droit à l’enfant,
c’est la porte ouverte à la future légalisation de la GPA !

 

Pour moi on sort du cadre du débat actuel, donc je ne veux pas trop développer la question. Je suis favorable à la GPA dans une cadre éthique strict et une législation très claire. Les modalités pratiques ? Je ne sais pas, justement il faut en discuter.

 

Mais je vous en parle car à force de l’entendre sorti à toutes les sauces, il faut que ça sorte
De toute façon cet article est déjà beaucoup trop long, un peu plus, un peu moins …

 

Je suis particulièrement amusée de voir que certains grands monsieurs s’offusquer de manière grandiloquente contre cette honte, ce manquement au respect des droits humains que représenterait la GPA. ARGHHH la marchandisation du corps.

Pourtant ils sont tous silencieux lorsqu’on évoque le sujet de la prostitution, en écrasante majorité forcée. On est pas dans la marchandisation du corps là ? Maiis nooon ça a toujours existé voyons, il faut être pragmatique. Il est donc pour eux bien plus acceptable de vendre son corps, quitte à se retrouver réduite à une position d’esclave dans la grande majorité des cas , pour le plaisir de ces messieurs, que de le faire pour donner la chance à un couple de construire une famille.

 

 

Donner la vie est une source de pouvoir fondamentale
Laisser ce pouvoir uniquement entre les mains de femmes
Perdre le mince contrôle qu’ils ont
Ça doit vraiment faire peur au patriarcat

 

Allez, bientôt un article sur les vaccins.

 

20 Comments

  1. Je suis très partagée sur la question. Moi mon pb principal, c’est que la PMA pour toutes aboutira forcément à la GPA. Car bien évidemment, les couples d’hommes réclameront au nom de l’égalité la légalisation de la GPA, c’est l’évidence même (et ce serait la justice, d’ailleurs !) Cela me paraît impossible de dissocier les deux débats.
    Je pense que les couples homosexuels ont tout autant les capacités, l’amour à donner, l’investissement nécessaire pour être d’excellents parents. Voire plus que certains hétérosexuels qui ne désirent pas leurs enfants et les maltraitent. Mais ce qui me questionne c’est l’éclatement génétique de la famille et la conception de + en + artificielle des enfants.

    J’écoutais Marc-Olivier Fogiel, qui parlait de son livre sur France Inter (c’est en replay si ça t’intéresse, ici https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-10-octobre-2018)
    Il a avec son mari deux petites filles conçues par GPA aux US. L’une est sa fille, l’autre celle de son mari, je crois qu’il y a une seule donneuse d’ovocyte et une seule mère porteuse. Je m’interroge sur la représentation de la mère que peuvent avoir ces enfants. Qui est leur mère ? Car MOF raconte bien qu’ils gardent un contact très régulier avec la mère porteuse (preuve d’ailleurs que ce n’est pas qu’un achat de prestation, mais qu’un lien existe bien entre cette femme et les filles).

    Tu parles des enfants adoptés. Mais les enfants adoptés, comme les enfants nés sous X ou les enfants nés de dons de sperme, peuvent rencontrer des problèmes dans la construction de leur identité. Je crois que cela reste assez tabou, au nom du bonheur, et de l’amour qui sont censés tout régler. Mais ne pas connaître une partie de ses origines, c’est perturbant, même si la génétique ne fait pas tout.

    Ensuite une question que personne ne pose jamais, c’est la question des autres enfants de la mère porteuse (car elle doit être déjà mère pour pouvoir être porteuse). Qu’est-ce qu’on leur raconte aux enfants, qui voit leur mère enceinte puis constatent qu’il n’y a pas de bébé car il est parti avec ses papas ? Est-ce que ce n’est pas insécurisant pour eux ?

    Enfin je ne crois pas à la GPA éthique (à 50000 dollars la GPA…). La GPA sera forcément l’exploitation de femmes très pauvres, qui y voient un revenu plus “honorable” que la prostitution, et plus lucratif (cf la clinique à bébés en Inde, ARTE avait fait un reportage dessus). Pour ces femmes, être mère porteuse, c’est la honte absolue. elles quittent leur village et leur famille le temps de la grossesse. On leur demande de s’investir dans la grossesse pour être sûrs que le bébé ira bien, puis de se détacher totalement. L’une racontait : “on ne m’a même pas laissée le caresser à la naissance, et je ne l’ai pas revu”. J’ai trouvé ça tellement inhumain. Et franchement, se taper 9 mois de grossesse, des vergetures, des varices, des hémorroïdes, un risque pour ta santé, pour un bébé qui ne sera pas le tien… Je trouve ça flippant et je doute qu’il y ait beaucoup de candidates issues d’un milieu favorisé.

    Donc je crains fort (même si mon laïus n’est pas sur le sujet de la PMA pour toutes, désolée ! ) que la PMA pour toutes débouche sur la GPA.

    Cela dit, j’ai la chance immense d’avoir des enfants, et comme le dit Cécilia, qu’aurais-je fait si à presque 40 ans je m’étais retrouvée seule et sans enfant ? Je ne sais pas, vraiment. Je comprends le besoin viscéral de fonder une famille, je comprends la douleur immense que ce doit être de ne pas le pouvoir, car on est seule, ou homosexuel(le). Mais la loi peut-elle être faite selon les ressentis de chacun ? Je n’ai pas la réponse.

    1. Merci déjà pour ce commentaire très argumenté :).

      Pour ce qui est du livre de MOF j’en ai entendu parler via son intervention dans la maison des maternelles. J’aimerais beaucoup pouvoir le lire. Mais j’aimerais avant tout qu’il expose clairement sa méthodologie. Je ne doute pas de son intégrité journalistique, mais c’est une déformation professionnelle à force de lire des publications scientifiques. Et c’est sur qu’on ne peut pas tirer une conséquence universelle de son expérience personnelle, ni de la seule situation des USA.

      Le coût de la GPA est vraiment énorme aux USA comme ailleurs. Et clairement, profiter de la détresse de femmes en situation de grande pauvreté n’est pas éthique et horrible d’un point de vue humain.
      Je suis certainement biaisé par mes opinions personnelles. Je défends le droit à l’IVG, mais je n’aurais jamais pu m’y résoudre. J’aurais préféré pouvoir donner une famille aimante à cet enfant, et être sure qu’il soit élevé par des parents qui prendront soin de lui. Pour mes deux accouchements, je n’ai pas ressenti de liens immédiats avec bébé, je voulais juste me reposer (je ne les ai eu vraiment que quelques heures plus tard). Même pour Samuel où les choses se sont mieux passées, ce n’était pas mon fils “affectivement” avant plusieurs semaines. En connaissant l’issue dès le départ, je pense que je n’aurais pas eu grand mal à laisser le bébé avec ceux qui sont pour moi ses vrais parents. #merehorrible

      Mais encore une fois, je suis ici sur le terrain de l’opinion personnelle et pas du tout dans de l’universel. Mais je me dis que si c’est mon cas, ça peut l’être aussi pour d’autres personnes. Mon opinion est certainement biaisée par le fait que toutes les situations d’adoption autour de moi (copains que j’ai connu enfant notamment) se sont très bien passées, en tout cas en apparence. Peut être aussi parce que l’infertilité m’a fait réfléchir sur la possibilité de porter un enfant qui ne serait pas génétiquement le mien ? J’ai aussi totalement déconnecté famille et génétique dans ma tête ce qui rend aussi mon propos parfait extrême.

      Mais il faut justement se poser les questions que tu soulèves. Elles sont vraiment très importantes et je doute qu’il y ait une réponse simple et facile.

      1. D’ailleurs, je te remercie pour les références que tu as données dans ton texte. Pour une fois il s’agit de textes scientifiques et dépassionnés et non pas d’interprétations partisanes brandies par l’un ou l’autre des camps.
        Je crois que de toute façon il est impossible de se prononcer sur les conséquences de ce nouveau mode de filiation avant au moins une génération, les troubles psychiques liés à l’enfance se révélant en général quand on devient parent à son tour.

        1. Je suis une accro à la littérature scientifique. Lorsque j’ai découvert ce monde j’ai cru qu’on m’avait offert le saint Graal de la connaissance et de l’esprit critique.

  2. Ton article est très intéressant, je partage totalement ton point de vue sur la PMA pour toutes. Les opposants mènent un combat d’arrière-garde. Par contre, la GPA, je n’ai pas encore d’avis tranché mais je pense être plutôt contre, comme je serais pour l’interdiction de la prostitution. La question de légaliser les enfants nés d’une GPA à l’étranger est bien sûr fondamentale car au final, c’est l’enfant qui se retrouve au milieu d’un imbroglio administratif et qui en souffre au quotidien (ainsi que ses parents).
    Mais si on n’autorise pas la GPA, il faudrait être cohérent et laisser une vraie chance à un couple d’hommes de pouvoir adopter un enfant.

    1. C’est bien la le problème: beaucoup de Conseils Départementaux mettent les couples d’hommes en bas des listes en ce qui concerne l’adoption. De même, il y’a peu de pays étrangers qui leur offrent cette possibilité.

  3. Je suis tout à fait d’accord avec ton point de vu, sauf peut être la photo du père et les informations qui vont avec. Je n’aime pas l’idée de tout choisir comme ça, ça me gène de choisir comme si on était au supermarché, mais c’est mon point de vu.
    Par contre il y a un soucis avec la PMA en général, qui se pose encore plus dans le cas ou beaucoup de personnes peuvent y accéder : la santé. Je n’ai jamais vraiment fait de recherches à ce sujet mais une de mes collègues est en arrêt depuis 1 an en raison d’un cancer qui, d’après ses médecins, a été causé par ses années de PMA pour avoir sa fille. Elle m’a confié qu’apparemment elle n’est pas un cas isolé, que beaucoup de femmes ayant eu un parcours de PMA il y a une dizaine d’années sont concernées. La PMA est finalement assez récente et a-t-on vraiment du recul sur ses pratiques ? N’exposerait-on pas les femmes a de gros risques ? Je n’ai pas les réponses mais cela m’inquiète !

    1. Je me suis mal exprimée dans l’article certainement concernant les infos sur le donneur. Le côté catalogue me fait froid dans le dos aussi. Je préfère que ce soit comme en Belgique où c’est le centre médical qui choisit un donneur en fonction des caractéristiques physiques du couple ou de la femme. Et après on pourrait envisager de donner des infos sur ce donneur si ce dernier l’a souhaité.

      La PMA est quelque chose de vraiment récent, on a pas de recul sur les effets à long terme des énormes doses d’hormones injectées. Mais les techniques changent constamment et sont moins invasives aujourd’hui qu’il y’a 15 ans. Dans le même laps de temps, il y’a eu une explosion de l’exposition aux perturbateurs endocriniens qui a aussi pu jouer. Mais on a aucune donnée, aucune étude fiable sur les relations de cause à effet. Et ça mériterait une étude sérieuse et indépendante de grande ampleur car on est quand même dans une grande question de santé publique. Mais vivre sans enfant est tellement douloureux que je pense que pas mal de couples prendraient le risque (nous l’aurions pris en tout cas).

  4. D’accord avec toi à tous points de vue. Pour la GPA, je suis plus partagée, il faudrait que je me documente plus afin de me forger une opinion éclairée. Je rejoins Maman Chamboule Tout sur le manque de recul actuel au sujet de la PMA.

  5. Ta dernière réflexion entre la prostitution forcée, la GPA et la marchandisation des corps m’a captivé ! Phrases chocs et c’est tellement parlant !! Merci pour ça !
    J’ai beaucoup aimé ton article ! Je pense aussi que l’amour d’une famille ne se résume pas à la filiation génétique !

  6. Moi je suis la septième​ enfant d’une famille qui ne voulais pas de moi. Ma mère était contre l’avortement et m’a eu avec 44ans. L’amour pour ses parents je ne connais pas. J’ai grandi avec une liberté totale et toujours en me demandant pourquoi les services sociaux ne venaient pas me chercher. Mais au même temps je ne me suis pas plainte​. Personne savait ce qu’il se passait à la maison. C’est mes frères et sœurs qui m’ont appris tout de la vie.
    Je pense que le plus important c’est de grandrir avec amour et bienveillante. Avoir les mêmes gènes n’est pas important de tout. Je suis pour la PMA et la GPA car je pense qu’être désiré avant de naître est déjà un avantage. ( Même si on ne sait pas vraiment comment ils seront comme parents mais ça c’est une débat. )
    Et même si on autorise de GPA on peut suivre l’exemple des us où, il me semble bien encadré sans avoir des usines de femmes enceintes comme en Inde.

    1. Exactement ! L’important c’est le désir des parents d’avoir un enfant. Et c’est loin d’être quelque chose de naturel, surtout lorsqu’on travaille avec l’aide sociale à l’enfance.

  7. Je prends la plume pour la première fois sur ce blog car j’apprécie énormément, liebe arbeitende Mutti, que tout en ayant des opinions tranchées tu respectes beaucoup celles des autres 🙂

    Je suis personnellement maman (de jumeaux) via PMA, avec mon mari et je suis pour la PMA pour… Tous les couples. Hétérosexuels et homosexuels. Je crois qu’un enfant n’a pas forcément besoin d’un père et d’une mère, mais qu’il a besoin de deux parents. Parce que s’occuper d’un enfant c’est épuisant, et que seul on a beaucoup plus de risques de craquer. Parce que c’est bien d’avoir plusieurs références et modèles. Parce que la relation parent enfant ne doit as être une de couple. Certes de nombreux enfants sont élevés par un seul parent et s’en sortent bien, mais souvent ils ont au moins une idée du deuxième (cf plusieurs références), et par ailleurs il y a trop d’enfants qui souffrent moralement financièrement affectivement pour qu’on en rajoute. Accessoirement j’ai peur de l’effet “je viens de me faire plaquer j’ai un vide affectif je vais faire un enfant” : que ce soit un projet à 2 est un garde fou. Et puis en tant que contribuable je le dis carrément, je trouve anormal de créer une situation génératrice d’allocation aux familles monoparentales (et qu’on ne vienne pas m’objecter les 32€ royaux que je touche par mois pour les miens).

    En termes de prise en charge par la Sécu, je suis pour uniquement sur raisons médicales : donc OK pour tous les couples hétérosexuels ayant vraiment essayé auparavant, et pour les couples homosexuels en cas par exemple d’OPK, ou d’essais “maison” n’ayant pas fonctionné. L’homosexualité n’est pas une maladie, mais la stérilité si, or on parle bien de l’assurance Maladie pas l’assurance bonheur (dommage le concept serait sympa)

    Et la GPA pour moi c’est une horreur. Si on était venus me dire à 4 mois de grossesse “désolés Madame on s’est trompés, vos bébés sont dans le ventre de Mme X , et à l’accouchement il faudra lui rendre ses bébés à elle que vous avez portés par erreur” je n’aurais jamais accepté. On ne peut pas savoir à l’avance, même en ayant déjà été enceinte, le lien qu’on tissera avec un enfant à naître. Et pareil, peu m’importe que pour certaines ça se passe bien, aucun “droit à l’enfant” ne peut justifier une telle souffrance potentielle.

    Meiner Meinung nach, tout ça.

    1. Merci pour ton commentaire bien argumenté :). C’est toujours intéressant de lire des avis qui diffèrent du sien.

      Effectivement pour ce qui est du remboursement sécu,je pense que ce sera le nerf de la guerre. Pour ce qui est des allocations familiales, je pense que le système entier est à revoir … Il incite des personnes qui n’ont pas forcément les moyens d’assumer financièrement des enfants à en avoir pour bénéficier de prestations proportionnellement plus importantes. A l’inverse les prestations payées aux familles de classe “moyenne” (en gros pour moi qui va de salaires à un peu plus du smic à des personnes qui gagnent à 2 jusqu’à 3500€/mois) sont ridicules et ne tiennent pas compte des variations du cout de la vie selon les régions.

      300€ mensuel pour une assistante maternelle en IDF c’est juste ridicule alors que c’est beaucoup plus tenable lorsqu’on habite dans une petite ville ou dans un coin plus rural.

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