Education

L’ASE: cette machine à broyer ubuesque, dans notre tronche

Eh oui, je te parle bien de l’aide sociale à l’enfance, la feu DDASS, les agents qui s’occupent, en théorie, de protéger les enfants en danger. En théorie. Je pense que notre situation personnelle en est un exemple. Ou comment tu mets un doigt la dedans en pensant innocemment qu’on va t’apporter une aide et que tu te retrouves enfermée dans une machine aveugle, kafkaïenne, et qui a le pouvoir de briser des familles.

On amis le doigt là dedans tout seuls comme des grands:
on a accepté une aide pendant la grossesse

 

Parce que j’étais alitée
Parce que Mr G devait générer tout seul 3 enfants en bas-âge

 

 

Un jour, nous n’avions pas pu chercher un Yoann “malade” à l’école. La dite école nous avait déjà fait le coup à plusieurs reprises les dernières semaines. Je dois souligner que 95% du temps, l’enfant malade est en train de courir avec ses copains. Passons. J’étais alitée, sans permis, et je ne pouvais pas faire à pied les 2 km aller-retour pour l’école pour cause d’utérus qui menaçait d’exploser.  Étant donné que le dit garçon allait très bien, tu penses bien qu’on pouvait se frotter pour une attestation enfant malade de la part du médecin. Mr G était ce jour là bien occupé, il ne pouvait se libérer, surtout pour ce motif déjà un peu éculé. Vu que nous sommes isolés géographiquement, personne pour venir chercher nos enfants. Il fallait attendre 2 heures avant de récupérer notre marmot bien aimé.

 

 

La PMI a été informée
de nos “difficultés”

 

 

J’ai pas pu m’en empêcher

 

 

Une puéricultrice est passée à la maison, elle nous a vendu du rêve, un accompagnement pour que tout se passe mieux. Une aide logistique, un soutien psychologique pour ne pas que la dépression post-partum ne vienne à nouveau frapper à ma porte. Nous étions tellement soulagés.

 

 

 

Il faut le reconnaître, l’intervention de TISF (techniciennes d’intervention sociale et familiale)
nous a été d’un soutien précieux durant ces mois difficiles

Mais aujourd’hui, on se sent beaucoup plus contrôlés qu’aidés

 

 

 

 

 

Nous avons certes des marges d’amélioration. Par exemple, notre gestion des médicaments était très moyenne. Nous avons maintenant compris que nos grands pouvaient déplacer une chaise pour aller au milieu de notre étagère. Dans le feu de l’action, des comprimés ont pu se retrouver par terre.
Idem pour l’entretien de l’appart qui avait été approximatif pendant les premiers mois d’Aliénor. Mais on en a jamais été rendus aux cafards et aux moisissures. Les biberons d’Aliénor ont toujours été nickel, la nourriture servie aux enfants toute fraîche, leur baignoire lavée régulièrement.

 

 

MAIS

 

Depuis la naissance d’Aliénor, nous avons repris nos esprits. Les médicaments sont stocké à une hauteur un petit plus élevée que ma tête. Je mesure 1m74 et je dirais qu’ils sont à 1m78 du sol. Je prends mes médicaments dans notre chambre pour éviter qu’ils soient dans le salon. L’aspirateur étant passé souvent, il est donc très très improbable qu’on trouve un comprimé qui traîne des semaines. Nous avons donc corrigé notre trajectoire étant donné les enjeux. Nous avons trouvé une routine de ménage qui permet de maintenir un semblant d’ordre. Sauf à la fin du week-end, faut pas déconner étant donné que cela n’est pas humainement possible.

On est chaud là pour l’amélioration.

 

 

 

 

Ce que je ne supporte plus ce sont ces jugements porté uniquement
sur une organisation

et non la sécurité des enfants

 

 

Par exemple.

Aliénor dort encore dans le salon car il n’y a pas de place dans notre chambre. Dans son berceau. Pourquoi ? Parce qu’elle devrait sinon partager sa chambre avec Samuel, et qu’il adore chanter tout seul le soir. De quoi empêcher notre fille de dormir à la nuit tombée, sommeil nocturne dont elle a absolument besoin étant donné qu’elle ne dort presque pas la journée. Ah ben non, saymaaaal. Elle doit dormir dans une chambre pour avoir son “espace à elle”, et intégrer un lit à barreau au cas où elle se mettrait assise dans son berceau et déciderait de se lever. A 7 mois. Dans un berceau dont ses petites mains n’arrivent même pas à attraper les bords supérieurs. Alors qu’elle ne tient même pas correctement assise lorsqu’on la met dans cette position … Bien sur qu’à 1 an elle ne sera plus dans ce berceau ! Mais l’argument “sécuritaire” est totalement à l’ouest maintenant, à cet instant T. 

Les mêmes personnes qui m’ont dit qu’il fallait que je pose ma fille lorsqu’elle avait même pas 2 mois, qu’il fallait qu’elle s’endorme seule. On en parle de la sécurité affective des enfants dans ce cas là ?

 

 

Tu le sens le WTF ?

Non, l’éducation positive ne veut pas dire chez nous qu’on applique une force positive avec notre poing dans la tronche de nos enfants. Nous n’avons JAMAIS maltraité physiquement nos enfants. Ils ont toujours reçu les soins nécessaires. Ils ont été vus par le médecin de PMI qui n’a rien trouvé à redire, et qui a, au contraire, souligné leur large vocabulaire. Aliénor est méga surveillée du fait de sa santé. S’il y avait un problème, personne ne s’en serait aperçu en voyant les enfants ?

 

 

 

On nous a même proposé une mesure d’Aide Éducative à Domicile !

 

 

 

 

 

En gros un éducateur qui passe chez toi toutes les semaines, et qui pourra, ou pas, demander plus d’heure de présence de TISF. C’est une mesure ASE, donc pour les familles où il existe un risque de danger pour les enfants. Sauf qu’on a demandé plus de mains dans le cambouis, pas d’un éducateur qui vienne nous aider à résoudre des problèmes éducatifs qui n’existent pas. Ils nous ont emballé ça dans un “vous pourrez peut-être avoir plus d’heures de TISF“. Tout ce qu’on a à faire, c’est d’écrire un courrier décrivant nos difficultés éducatives avec chacun de nos enfants et d’envoyer ça à l’ASE. Le piège pas DU TOUT évident.

 

 

 

 

Volet aide psy, nous avons été orientés vers  
l’unité dédiée à la petite enfance (CMPP pour les intimes) de notre CH local.

 

 

Aujourd’hui, Aliénor a 7 mois, et tout va bien entre nous. Point de dépression du post-partum. Nous nous sentons vraiment maintenant en confiance dans notre rôle de parents et totalement prêts à voler de nos propres ailes. Je ne vois pas l’utilité d’un suivi aux conseils délirants (ignorez totalement les conseils de votre neurologue), infantilisants (ça c’est ce que vous pensez madame …) et culpabilisants (vous trouvez toujours une excuse pour ne pas vous occuper de votre fille). On passera également sur la négation de notre expérience en tant que parents. On commence à avoir de la bouteille au 4e enfant. Notre capacité à réagir en cas d’allergie de notre fille par exemple, constamment remise en cause sous les cris de “vous n’êtes pas médecin”.

Nous souhaitons donc arrêter le suivi.

Vl’a t-il pas qu’on reçoit une convocation pour y retourner pour qu’ils voient Aliénor
et qu’on discute « de notre souhait d’arrêter le suivi »

 

 

J’espère donc pouvoir leur expliquer que ce sera notre dernière rencontre, que je les remercie pour l’aide apportée blablbla, a tchao bonsoir. On va y aller, mais mon nez de nana qui a bossé dans le social sent que ça pue le lait pour bébé APLV. Sortir d’un suivi CMPP peut toujours exposer à ce qu’on appelle une information préoccupante. En gros, le CMPPP irait dire à l’ASE qu’il y a défaut de soins. Sauf que selon les médecin qui ont examinés ma fille (et il y en a une pelletée vu mon dossier médical), elle va TRES bien.

Et c’est le début de l’engrenage infernal.

 

 

Je ne vais pas crier au loup, mais j’ai un mauvais pressentiment

 

 

 

Notre plan actuel est donc de disparaître de leur radar
au plus

 

 

Quitter le CMPP en mettant en place un suivi en libéral pour parer à l’argument du défaut de soins(qui sera juste d’une consultation pour dire qu’on a vu quelqu’un et qu’on nous foute la paix). Épuiser au plus vite les heures de TISF pour nous plus avoir la visite de l’inspecteur des travaux finis. On ne nous y reprendra plus, maintenant, on a compris que la machine ASE est cassée.

 

 

 

De toute manière, je ne suis peut-être pas médecin comme ils me le rabâchent
mais je suis une p*tain de juriste badass
Donc les cocos, vous nous collez une information préoccupante
Je vous colle un copain avocat dans votre délicat popotin

 

Pro tip: lorsqu’un avocat intervient au moment de l’information préoccupante, et non pas plus tard, lorsque la procédure judiciaire est déjà lancée, les placements sont très très rares. Parce que, très souvent les dossiers sont plutôt vides, comme le notre, mais que les juges aux affaires familiales sont tellement débordés qu’ils les prennent comme parole d’évangile (cf. les documentaires en bas). Et je ne suis pas la seule à le dire, il y la dernière mission parlementaire, l’association Autisme France (je me sens particulièrement concernée étant autiste Asperger légère, le plus léger du léger). Et je peux vous en trouver plein d’autres.

 

 

 

 

 

Ce qui m’énerve dans tout ça, c’est que tous ces moyens déployés à nous chercher des puces
ne sont pas employés pour détecter et aider des familles qui ont de VRAIS problèmes

 

 

Enfin bon, ce n’est qu’une hypothèse personnelle qui est fondée sur du vécu, mais c’est quand même plus cool de venir dans un quartier cool d’une ville bien chic que dans une téci où tu vas être accueillie bien autrement. Oups, un bouchon de termos est tombé depuis le 8e lorsque tu as le malheur de passer près de l’immeuble. Histoire vraie.
Lorsqu’une situation ne leur revient pas,  les personnels de l’ASE vont chercher absolument la petite bête, se baser sur des thèses psychanalytiques, jamais prouvées,  jugées inefficaces et délétères par la Haute Autorité de Santé.  On en parle du Syndrome d’Aliénation Parentale qui légitime le fait de retirer des enfants à leur mère et à renvoyer au foyer des enfants abusés sexuellement par un de leur parent/beau-parent ? Ben oui, en psychanalyse, c’est toujours la faute de la moooman.

 

 

 

 

Si vous avez le temps, je vous conseille ces deux documentaires qui me rappellent pas mal de situations de terrain
et qui vont plus loin sur les trucs que je n’ai pas eu le temps de développer.

L’affaire Rachel. Une mère Asperger voit que ses enfants sont différents. Elle passe par le CMPP mais se rend compte que la prise en charge n’est pas adaptée. Elle cherche alors des réponses dans le privé. La machine à broyer se met en branle. On l’accuse du fait qu’elle voudrait absolument que ses enfants soient autistes. Entre temps, les diagnsotics tombent. Elle avait raison. Mais ses enfants sont toujours placés.

https://www.dailymotion.com/video/x7563f3

Maternophobie. Une discussion entre professionnels et patients/mères de patients qui évoquent ces situations ubuesques où la mère est toujours en cause, et surtout des pistes sur leurs causes profondes. Niveau format, on est plus dans un podcast que dans un reportage et donc ça s’écoute très bien sans les images.

Par ici

4 Comments

  1. La pmi, c’est un peu tout ou rien. J’ai arrêté d’y aller parce que je me sentais jugée dans ma façon de faire. J’attendais au moins de la bienveillance si ce n’est de l’aide et des conseils.
    J’espère que vous allez pouvoir vous en défaire, d’autant plus que les difficultés que vous avez pu avoir semblent derrière vous maintenant. Quatre jeunes enfants à gérer, peu de personnes savent ce que ça implique en terme de fatigue, de logistique, de charge mentale.

  2. La PMM a part les pesées et visites mensuelled.on n’y va pas. Quand j’ai demandé à voir la psychologue y en avait pas… Tant pis je suis passé par ailleurs.

    En revanche j’ai eu une TiSF et j’ai stoppé des que j’ai voulu mettre du j’avais encore droit a des heures.

    J’espère que cette machine à broyer de vous fera pas de mal

  3. Travaillant également dans le social, je ne peux que comprendre ce que tu exposes. Quand la machine est lancée, elle est lancée. Parfois à juste titre (et d’ailleurs des fois ca ne va clairement pas assez vite) et dans d’autres cas c’est juste : WTF. Car là, comme tu l’exposes, c’est parti d’un petit pois et tu sens le camion gros comme ça arriver. J’espère que tout va vite s’apaiser.

  4. Je suis effarée de voir comment une politique publique construire pour protéger peut se transformer en machine à broyer .
    Et encore, vous saurez vous défendre…. Je n’ose imaginer ce que ça donnerait pour une famille parlant mal le français, ou maîtrisant mal les « codes administratifs ».

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Enchantée, je m’appelle WorkingMutti et j’ai 29 ans et 4 enfants en 4 ans.

Je suis une working mom féministe, épileptique, inadaptée socialement, un peu garçon manqué (et souvent à côté de la plaque) d’Isaac et de Yoann, des jumeaux nés en octobre 2015 et de Samuel né en novembre 2017. Aliénor est venue compléter notre famille en 2019.

 

Des enfants très rapprochés. Je vis avec Mr G en région parisienne. Ici vous trouverez tous les sujets qui me donnent envie de l’ouvrir, et je suis très bavarde ! On parle vie de famille bordélique, réflexions et approximations éducatives, participation au déficit de la sécu du fait des pathologies de maman et des enfants, et puis de ma vie de femme aussi.

 

J’apprends chaque jour mon métier de maman. Je construis petit à petit ma méthode d’éducation avec un supplément de câlins et une dose de bienveillance. Je suis une maman work in progress.

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