Education / Santé des enfants

Les dérives de la parentalité positive et handicap

J’avoue, je surfe allégrement sur la vague de déculpabilisation des mères vis-à-vis des VEO à de l’application intransigeante des principes de l’éducation positive qui nous fait du bien tellement on s’en mange sur les réseaux sociaux de cette merveilleuse et lisse bienveillance . En tant que parents d’enfants extra-ordinaires, nous nous prenons aussi en plein tronche cette vague d’injonction à la perfection parentale au détriment de l’humain derrière le parent.

 

 

Pour rappel pour les nouveaux lecteurs qui erreraient par ici. Je suis la maman, autiste Asperger (en gros traits, Sheldon Cooper) de:

 

Yoann, 5 ans en 2020, diagnostiqué TSA profil Asperger + TDAH à confirmer à 6 ans
Isaac, son frère jumeau, tout pareil
Samuel, 3 ans en 2020, TSA et une passion dévorante pour les chiffres et les maths en général
Mais aussi d’Aliénor, qui a soufflé sa première bougie en 2020, et pour lequel des investigations sont en cours

 

 

 

Pour des familles d’enfants sans handicap, ce genre de vendeurs de rêve (ou de commercial tout court) peut déjà être destructeur.
Je ne vais pas revenir sur ce qui a été dit sur les conséquences sur les parents,
donc je vous mets en lien les articles de Marie du blog PRGR qui nous pose une analyse scientifique solide,
de Frau Pruno, et de Madame Captaine sur la question.

 

 

 

 

 

 

Certes, il y a dans ces mots une volonté de déculpabiliser. Mais j’y vois aussi une avancée dans les “”méthodes d’éducation”” des parents qui vont dans le sens du bien être de l’enfant. En outre, bienveillance bien ordonnée commence aussi par soi-même non ?

Je vous rassure, je ne prône pas la violence, les fessées, les vociférations en tous genres lancés sur des enfants qui font un tiers de la taille de l’adulte. Mais, que le cerveau de l’enfant étant immature, parfois le parents sait mieux que lui ce dont il a besoin à long terme pour qu’il soit un adulte bien dans ses baskets ou ses converses si l’enfant en question a du style. Le fait que certains profitent, et parfois créent cette culpabilité pour mieux en profiter, pour écrire moultes ouvrages, lancer moultes formations sans avoir de formation solide derrière, me débecte au plus haut point.

 

 

 

 

 

 

 

Pour les parents d’enfants avec un handicap, la vulnérabilité est encore plus grande
Nous sommes des pigeons de compétition

 

 

Tout parent veut protéger son enfant et s’assurer qu’il sera plus tard un adulte épanoui. Cela est encore plus compliqué à imaginer dès lors que ton enfant part malheureusement de plus loin par rapport à ses pairs. Cette insidieuse culpabilité te chuchote en permanence à l’oreille que c’est à cause de TOI que ton enfant n’est pas dans une cases dite normale, donc pas heureux (faux). Et quand la maladie a, ou peut avoir, une origine génétique, ta culpabilité explose comme un compteur Geiger près de Tchernobyl.

 

 

Pour ce qui est de l’autisme de mes fils TOUT le monde m’a fait l’honneur de partager leur diagnostic du haut de leurs doctorat Facebook-Doctissimo.

 

 

Ce ne serait pas à cause de ton traitement pour l’épilepsie ?

Ce ne serait pas parce que tu as voulu accoucher par voie basse à tout prix et que ton bébé était en souffrance fœtale ?

C’est pas parce que tu as du passer par la PMA pour l’avoir ?

Ce ne serait pas à cause des vaccins ?

Ca c’est parce que tu l’as trop laissé pleurer (bien sur, sans savoir si c’était réellement le cas)
et donc qu’il est trop en insécurité et n’arrive pas à communiquer ?

Non mais quelle idée de faire des enfants quand on est autiste aussi !
(Nota: j’ai été diagnostiquée après la naissance de ma fille)

C’est contagieux non ?

 

 

 

 

 

 

En France, pays de Lacan et de la psychanalyse (pseudo science où tout est de la faute de la mère par principe), les mères d’enfants extra-ordinaires se voient condamnés à une double peine. Le corps médical (pas malveillant, mais non formé dans la plupart des structures publiques) va faire écho à ta propre culpabilité, la renforcer puisque ce sont les bases de la thérapie. La mère doit effectuer un travail sur elle-même pour que ses enfants aillent mieux.

 

 

 

Je résume:

La société te dit que c’est quand même un peu de ta faute hein
Le corps médical peut te dire que c’est bien toi la coupable
Forcément, vu que tu es déjà en pleine auto-flagellation, tu t’en serviras toi-même un petit dernier pour la route

 

 

 

 

 

Tu pars donc à la recherche de ce qui fera de toi un parent acceptable (peut-être même bon)
Qui fera que ton enfant sera intégré dans notre société au top de la non-inclusion

 

 

Tu scrolles ton feed instagram au moins depuis une heure, vu que tu ne peux plus dormir. Tu penses trop à la dernière crise que tu as pu à peine gérer et qui va laisser une belle marque sur le visage de son enfant car il n’a pas arrêté de se griffer. Peut-être même que l’école va appeler les services sociaux.

Il est 23h, tu vas taper les mains tremblantes un hashtag type “TSA” ou “autisme” en espérant trouver le compte d’une famille qui arrive à tout gérer ELLE. Une famille qui affiche des enfants rayonnants de bonheur sur les réseaux social, gage d’une harmonie familiale impossible à découper rageusement au couteau. Avec des enfants qui pourraient être dans le casting de la pub ricorée.

 

 

 

 

Tu vas forcément tomber sur un(e) vendeur(euse) de rêve qui va te vanter les miracles de
SA méthode d’éducation révolutionnaire

Etant donné que ce sont en grande majorité des femmes, je vais mettre tout ça au féminin pour la suite.

 

 

 

 

 

 

Elle, qui se paye même le luxe de la slow life sur pas mal de ses posts (la c*nnasse), va se vanter d’appliquer la méthode Montessori, cette dernière ayant été créé par Maria Montessori pour aider les enfants handicapés, c’est donc universel, et ça devrait marcher sur tes marmots aussi. Tu seras aussi baignée dans un monde d’éducation positive à toutes les sauces, parfois utilisée de manière hyper tirée par les cheveux, pour obtenir le résultat parfait d’un enfant heureux et souriant. On soulignera également le bonheur que procure cette abnégation parentale de chaque instant. Sans répit. Sans jamais arrêter de souffrir de sourire.

C’est le même pudding à l’arsenic avec toute autre de méthode d’éducation “alternative/à la mode”. Ne soyons pas des rapias, le marché à conquérir est bien assez large.

Plus particulièrement dans le domaine de l’autisme, tu peux donc te laisser tenter par des méthodes d’éducation positives soit-disant spécifiques aux enfants neuroatypiques, telle que celle de Son Rise, méthodes au demeurant totalement inefficaces, voire délétères, malgré leur super marketing  montrant des enfants heureux du monde entier. Pour les appliquer et ensoleiller ton quotidien, il te suffit de payer de jolies formations, bien sur au pluriel, car avec une seule, tu ne peux que commencer à toucher du doigt les principes de génie de cette méthode, dont les médecins ne veulent pas parler tellement elle est bien et qu’elle est à contre-courant des maltraitances médicales (malheureusement subies par de nombreuses familles, ce qui rend ces méthodes d’autant plus attirantes).

Vu ses milliers voire dizaines de milliers d’abonnés qu’affiche cette nana, ses trouzaines de likes, tu te dis que ça ne peut pas être du chiqué tout de même.  De toute manière, la directrice t’a dis sur le pas de la porte de la classe vendredi dernier que si ton enfant continuait comme ça, il ne serait plus accepté à l’école, tu te dis que tu peux bien tenter cette nouvelle approche, tu n’as pas grand chose à perdre.

 

 

 

 

 

 

Sauf que pour des enfants autistes et TDAH, l’éducation positive et la méthode Montessori pures et dures
ne sont absolument pas adaptées et vont déstabiliser l’enfant plus qu’autre chose

 

L’enfant neuroatypique présente souvent des hyper et des hyposensibilités qui lui font percevoir le monde autrement. Par exemple, pour le fameux exemple de l’obligation du manteau quand il fait froid, l’enfant peut être hyposensible et ne pas sentir le froid. Mais par contre, la belle crève derrière, avec la douleur difficile à communiquer, celle-là, vous allez tous les deux la prendre dans le pif. Etant donné qu’il n’a pas identifié la cause, on va repartir pour un tour la prochaine fois.
Autre exemple classique, un enfant TSA ne fera pas forcément le lien entre les moqueries de ses camarades de classe et le fait qu’il porte un pyjama, et ne saura peut-être pas que ce sont des moqueries. Belle manière de le préparer au monde.

Pour ce qui est de la méthode Montessori, l’enfant n’ira pas reproduire l’activité qu’il vient de voir. Il n’ira pas la chercher seul alors qu’elle repose dans l’étagère. Nope. Mon Samuel s’en ira très vite empiler les assiettes de dînette vu que c’est intérêt restreint, mon Isaac faire les 400 coups dans la salle de classe. Un enfant avec ces particularités à besoin d’un cadre, il ne peut pas gérer l’autonomie (en tout cas pas au niveau maternelle/début de primaire). Donc, toi et ta jolie tour rose, vous allez juste faire un tête-à-te digne de ton pire date Tinder, toi la regardant comme un miroir de ta culpabilité. La super méthode d’éducation dont le monde parle a été un fail total. C’est forcément de ta faute puisque tout le monde semble y arriver.

 

 

 

 

 

Et non, ce n’est pas parce qu’il ne souffre de ne pas avoir été porté et materné en mode collé/serré
contre maman 24/24 jusqu’à ce qu’il soit prêt à prendre son autonomie.
Ca va souvent avec le package ce genre de choses.

Le maternage proximal est très très compliqué avec certains enfants neuroatypiques. 

 

Passé les premières semaines, certains bébés ayant un TSA (ne pas oublier, on naît avec ce câblage différent) peuvent ne pas supporter le toucher prolongé avec leur mère. Jamais mes enfants n’ont réussi à dormir avec moi, ou avec leur père. Pour mes aînés, le seul moyen était de les laisser pleurer quelques minutes puis de les laisser s’endormir. Rester avec eux, les bercer, les rassurer etc, ne faisait qu’intensifier leurs pleurs et leur fatigue. Ils avaient besoin du moins de stimulis possibles, et nous, parents, nous en étions un et nous devions nous retirer.

Cette injonction à l’éducation positive, forcément alternative, forcément en mettant le parent au centre tel un dieu pouvant, d’un simple éternuement mal retenu dans son coude (#gestesbarrière) d’envoyer un éclair qui va calciner à jamais toute estime de soi de l’enfant. Enfant déjà fragilisé puisque de toute manière il-est-né-comme-ça-par-ta-faute. Oh yeah, joie.

 

 

 

 

Bien sur, même principe que pour les autres
Si ça ne marche pas, c’est de TA faute
Vu que tu nages déjà dans le grand bassin de la culpabilité, ça te semble presque normal tout ça

 

 

Proposer un accompagnement éducatif aux parents d’enfants différents, c’est un putain de métier. Ca demande des ANNÉES de formation spécifique avec des contenus à jour. Les enjeux sont trop importants au vu des dégâts que peuvent causer des approches trop approximatives appliquées avec acharnement pendant trop longtemps. Jamais une expérience personnelle, ou celle de quelques familles accompagnées sans véritable contrôle de l’application des dites méthodes (pour s’assurer de l’absence de biais) ne doit se prévaloir d’une efficacité. Je préfère penser que la plupart des influenceuses spécialisées sont de bonne foi et aveuglées, plutôt que des personnes avides et sans scrupules.

 

 

 

Le double effet Kiss Cool c’est que ces méthodes c’est qu’elles crachent souvent
sur les méthode recommandées par la Haute Autorité de Santé pour les enfants TSA

 

 

 

 

 

 

 

C’est sur vu que de manière caricaturale, la méthode ABA (LA méthode qui a le plus prouvé son efficacité)
fait un peu dressage plutôt que méthode d’éducation.

 

Cette approche vise la modification du comportement via des renforçateurs si le comportement est approprié, et par en gros trouver comment ignorer et dévier sur autre chose quand apparaît un comportement à problème, le tout à coup de gros mots bien technique (guidances, chaînages, incitations…). On est loin de l’appel à la nature, à l’ancestral, et de la mise sur un piédestal d’un supposé instinct maternel tout puissant.

On va te culpabiliser en te balançant que les renforçateurs positifs sont des susucres donnés à un chien-chien quand il a fait le beau. On va t’accuser de ne pas répondre certaines fois aux comportements à problèmes des enfants, et donc on les écoute pas, et qu’on les fait durement souffrir et que ça devrait faire saigner ton coeur de maman. On va t’assurer que c’est barbare d’enfermer nos enfants dans des cases en notant les comportements à problèmes dans un cahier avec leur contexte, d’en déduire ainsi des situations à risques et de les éviter, de faire des courbes de progression port s’assurer qu’on est pas en train de mettre l’enfant en échec/de faire n’importe quoi, et donc plus de mal que de bien.
Horreur, la méthode sans erreur (guider l’enfant vers la bonne réponse pour qu’il la trouve progressivement de lui-même au bout de plusieurs essais), c’est montrer à son enfant qu’on ne croit pas en lui => mauvais parent qui condamne son enfant à la damnation éternelle.

 

 

Deux précisions très importantes:

 

– Quand on parle de comportement problématique, on ne parle de l’enfant qui te tanner pour avoir un 3e épisode de Pat Patrouille, ou qui râle pour avoir une 3e ration de frites. On parle d’un enfant qui jette les verres contre les murs de ton salon et qui crache sur les enfants qui veulent jouer avec lui. On parle ainsi de comportements qui peuvent nuire à l’inclusion de ton enfant, et donc de son épanouissement à long terme.

– Pour une personne TSA, le monde autour n’a pas de sens. Tout semble s’opérer comme un ballet bien rodé dont on est spectateur incrédule … et, souvent, on se prend un danseur sur le coin de la tronche car on ne sait pas bien où se mettre. Ces règles, l’enfant ne va pas les apprendre tout seul, sauf à se prendre mur sur mur (tout à fait bienveillant n’est-ce pas ?). Sans prise en charge, au mieux, il risque de se retrouver dans un état de souffrance à l’âge adulte, ou complètement déscolarisé et désocialisé à très court terme.

 

 

 

 

 

Sachant que l’enfant TSA a besoin d’un cadre avec une routine répétitive, les mêmes renforçateurs (bravo, câlins, activités cool avec les parents) vont être des guides rassurants. La méthode ABA s’adapte bien sur au niveau de l’enfant pour l’aider à apprendre les gestes du quotidien, ses principes s’appliquent aussi en tant que méthode pédagogique dans le domaine scolaire. Jamais un enfant n’est laissé seul face à sa détresse physique ou psychologique. Lorsqu’on utilise une technique type extinction (on ne réagit pas positivement à un comportement à problème), on guide l’enfant vers une manière positive de demander ou de faire les choses.

La fameuse méthode Montessori mêlée aux principe de l’ABA est d’ailleurs largement utilisée dans le milieu de l’autisme. Les deux ne sont pas incompatibles, mais les ingrédients du mélange sont dosés en fonction de l’enfant, sans aucune recette universelle, sans aucune recette qui ne soit la même dans le temps pour un même enfant. Le tout est accompagné bien souvent par un(e) educateur (rice) certifié(e), supervisé(e) par un professionnel ayant la qualification de superviseur. On est loin de l’influenceuse instagram hein ?

 

 

 

Le plan de travail TEACCH n’est pas non plus en mode “nobody put baby on the corner“, enfin dans ce cas, en face d’un mur

 

 

 

C’est simplement une adaptation de l’environnement pour éliminer le maximum de stimulis parasites. On s’adapte en tenant compte des réalités du vécu de l’enfant, et de ses points faibles.

 

 

Pour conclure, je vous donne mon opinion à deux francs et 3 sous (même que j’ai connu le franc pendant 10 ans #fossilisée)

 

Les meilleures personnes pouvant vous conseiller une méthode d’éducation
sont ceux qui vous diront directement qu’elle ne marchera pas forcément
qu’il faut dans tous les cas en parler avec l’équipe de soignants qui suivent votre enfant

 

 

Parce qu’ils sont prêts à se remettre en question, qu’ils n’ont pas à cacher quoi que ce soit étant donné que leurs méthodes sont fondées sur des preuves scientifiques et non des expériences personnelles, et qu’ils s’adaptent ou même arrêtent le suivi s’il n’est pas profitable à l’enfant.

 

 

 

7 Comments

  1. Je pense qu’il faut laisser instagram, et les réseaux sociaux en général, à leur place : ce sont de simples passe temps. Parfois une idée peut y être piochée, mais malgré tout il ne faut pas les laisser trop influer sur nos vies. Je crois profondément en l’éducation bienveillante mais cela ne veut pas dire que nous devons abandonner notre sens critique, bien au contraire. Je crois qu’il n’y a pas un chemin tout tracé, que c’est à nous de le créer. Tu fais de ton mieux pour tes enfants et c’est ce qui compte, tu es une bonne maman et si tu en doute coupes juste ta box, pas de connexion ça peut (aussi) être le bonheur !

    1. Votre article est très juste. J’ai découvert ces vendeuses de formations avec Instagram et vraiment ça me révolte de voir qu’on profite de la vulnérabilité de jeunes parents pour se faire du fric. Je pense qu’en termes d’éducation il faut faire preuve de bon sens, se faire confiance et savoir se remettre en question quand ça ne marche pas. Bon, c’est vrai que mon fils n’a que 15 mois donc j’ai encore un long chemin à parcourir mais je me dis que je ferai de mon mieux et que ce sera déjà pas si mal. En vrai, j’ai peur aussi de faire un peu n’importe quoi. Mais si nos parents ont réussi, alors pourquoi pas nous ? Il n’y avait pas de réseaux sociaux il y a 30 ans, peut-être moins d’influence extérieure, moins de jugements peut-être aussi. En tout cas, ma mère était plutôt relax dans sa manière de faire (je veux dire qu’elle a fait “à sa sauce” sans se poser des milliards de questions) et je n’ai pas trop mal tourné alors je vais m’inspirer d’elle. Enfin, j’ai beaucoup aimé votre article !

  2. Merci pour ce texte. Je suis plutôt dans la mouvance bienveillante/montessori/freinet pour la simple raison que c’est assez proche de ce que ma mère a essayé de faire avec ma fratrie et moi. Et mon grand frère est autiste hp (asperger peut-être mais niveau communication c’est pas tout à fait ça). Et franchement je vois passer des inepties. Du type faire un signalement pour des chatouilles…
    Bref, je trouve violent de refuser notre aide à nos enfants sous prétexte qu’ils seront plus fiers et plein de confiance en eux s’ils trouvent tous seuls. Ma deuxième fille a quasi l’âge d’Alienor et est en plein dans l’acquisition de la marche. Elle veut qu’on lui donne la main. Je le fais, j’ai pas envie qu’elle se dise que maman ne l’aidera pas plus qu’avec des encouragements verbaux. Imaginez si on se contentait de dire aux jeunes parents qui ont besoin de sommeil : « tu vas y arriver, je crois en toi » tout en se resservant une bière sans lever le petit doigt. (Quoi, c’est déjà ce que certains font ? Y a pas de quoi être fier 😅).
    Et si ma mère n’avait pas lutté pendant 3 ans avec mon grand frère, il ne saurait juste ni lire ni écrire…
    J’essaye d’apporter mon soutien éducatif quand l’occasion se présente et que je vois une mère avec un pitchoune manifestement TSA. J’explique les règles de la vie en société au petit avec douceur (quand il s’agit de défendre le goûter de ma fille par exemple). Parce que punaise, je me rappelle de ma mère et de mon enfance. Et des sales regards au supermarché même hors crise.
    Raaah, je suis en colère rien que d’y penser.

    Bref, soutien, courage et comme disait ma mère « comment veux-tu qu’ils comprennent notre vie ? Ça n’a tellement rien à voir avec la leur ? »

  3. Ton article est très juste et pourrait, en fait, s’appliquer à n’importe quel enfant. Si on a un tant soit peu de bon sens, on se doute bien qu’il n’existe aucune recette miracle pour éduquer un enfant. Chaque enfant a sa personnalité (d’autant plus les enfants extraordinaires), son histoire, son contexte. Croire qu’une méthode éducative pourrait coller à la multiplicité des enfants serait vraiment de la naïveté!
    Pour ma part, je suis abonnée à très peu de comptes sur IG. Dès que l’un d’eux me semble trop lisse et péremptoire, je fuis. Idem pour ceux qui finissent par n’être que des affiches publicitaires. Maintenant encore plus qu’avant, je ne recherche que de l’authentique et, même sur les réseaux, on en trouve!

  4. Merci pour cet article qui me parle tant. La société nous culpabilise déjà tant, ne parlons pas des cmp et CAMSP avec démarche psychanalytique qui t’offrent une corde et un xanax ainsi qu’un fouet (mais sans cagoule sinon ça pourrait être drôle). Au final on voit que sur les réseaux c’est l’argent qui motive avant tout autre chose. C’est révoltant de surfer sur la douleur. Et dieu sait si on ne le sait que trop au travers de l’infertilité.
    Bref…
    Comment t’es tu formée a la méthode ABA? J’ai trouvé des vidéos sur canal autisme, je commence à regarder mais si tu as des conseils, je prends!

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