Au quotidien / Education

Leur entrée en maternelle, ma première rentrée de maman

C’est de saison, aujourd’hui c’est la reprise des cours. Enfin, ici c’est surtout leur première entrée. Le cap de la maternelle. Notre première rentrée, de l’autre côté de la barrière.  Je la passe avec une grande joie. Aucun pincement au cœur, je suis tellement fière, tellement heureuse pour eux. Une journée si spéciale méritait bien un petit article. Spoiler alter: ca été la rentrée de la loose.

Bon avouons le j’ai chouiné ma race le dernier jour de la crèche.

Non pas parce que ça me serrait le cœur de voir mes bébés grandir, au contraire.
Je plane complètement à l’idée de leur première rentrée, mais parce que c’était la fin d’une ère.

Fini les trajets entre la maison et la crèche qui est juste au bout de la rue. Fini ce mode de garde qui nous convenait si bien.

Ce qui a été le plus dur, ça a été de voir toutes les photos de la section des « grands » enlevées du mur. Des pots de fleurs avec des petits bâtons vides là où étaient auparavant accrochées leur nom et une image de leur petite bouille. Ils sont tous partis, pas seulement Yoann et Isaac. Tous. Ce ne sont pas seulement les repères de nos chères petites têtes blondes qui sont chamboulés, mais aussi les nôtres.

J’ai zieuté sur la table des puéricultrices. Il y avait déjà une feuille avec des nouveaux noms. C’est ridicule, ils auraient du garder en exposition les photos d’un groupe si créatif, si charismatique, si exceptionnelle que la promotion Voltaire de l’ENA pouvait aller se rhabiller (celle dont sont issus notamment Hollande, Royal, de Villepin, et  Incorporated).

 

Les puéricultrices doivent garder un souvenir ému de certains enfants dans un coin de leur tête,
tout comme nous garderons un souvenir de cette crèche.

Nous n’avons visité l’école que le vendredi de la semaine précédent la rentrée. J’ai serré les fesses pour qu’Isaac ne nous fasse pas un gros accident visible ou olfactivement détectable. Pas une goutte à l’horizon, merci l’univers !

 

Sur le papier tout est parfait

 

Ils ont déjà l’habitude de la collectivité, le changement ne devrait pas être trop rude.

Le projet pédagogique est vraiment très intéressant.
Les niveaux sont mélangés, c’est un choix de l’école malgré le nombre de classes existantes.

J’aime cet esprit, les plus grands aidant les petits. C’est un peu Montessori ça non ? Sans avoir à vendre un rein pour les inscrire dans une école qui se réclame de cette méthode.Je vous invite à aller voir un article très intéressant sur le sujet d’un de mes blog préféré, celui de Madame Chamboule Tout.

 

Chacun sera dans une classe

C’est notre choix. Isaac n’ose pas s’exprimer lorsque Yoann est à côté. Yoann lui rappelle constamment que lui était le premier pour ci, le répéter pour ça. La compétition est féroce entre eux. Il me semble qu’il soit plus sain que cette compétition, pesante et potentiellement destructrice, ne passe pas les murs de la classe. On croise d’autres parents: oui ce sont des jumeaux, non ils ne sont pas dans la même classe. Pourquoi ? Paaarrrce que

 

 

Le jour J

Le jour J, je les ai vêtus de leur plus beau habits. Enfin, j’ai choisi de beaux tee-shirts parce que je n’avais pas prévu que je n’aurais que des pantalons plus ou moins moches en stock.

Et crotte, on retrouve plus les sacs en toile pour le change. Bon on va prendre les sacs en papier de Carrefour drive, au moins il y’a le nom de famille déjà dessus. Et puis c’est juste un sac de change, personne ne le verra ….

On nous a dit pas de cartable ? Bon ben on va prendre le sac de courses Astérix pour mettre les cahiers et classeurs.

 

Il est temps de se mettre en chemin

RAGHH il est déjà 8h15 !!! Tout le monde sur le pont !!

 

On croise la voisine dans la cage d’escalier. Elle aussi emmène ses enfants. Tout bien habillés, bien BGBG, très calmes, très organisés. Et le petit à un petit sac à dos .. Grand moment de solitude. Les miens sont en train de hurler dans la cage d’escalier et point de sac sur leur petit dos pour faire de belles photos. Nous les parents ne sommes pas mieux avec un stress tellement palpable qu’il pourrait faire exploser un moine bouddhiste.

Sur le chemin piéton qui mène à l’école, tous les enfants ont des petits sacs à dos. Les nôtres trainent avec rien sur le dos. Parents loosers, parents je m’en foutistes, parents dépassés. Bref, on se cache derrière la poussette. Samuel, bébé sourire, s’il te plait fait diversion !

 

 

Et dans la cour, on se bouscule, on veut entrer dans les classes.

Je dépose Yoann dans sa classe

Il ne veut pas porter sa petite étiquette avec son nom autour du cou. Il hurle littéralement,rien d’intelligible, juste un cri. Tout le monde se retourne. Punaise, on pouvait passer inaperçus maintenant que tout le monde avait posé le sac à dos ! Je tente de le consoler. Il hurle encore plus fort. Je tente vainement de l’intéresser aux jouets présentés.

Et je pense aussi à mon RER, à ma réunion de ce matin. Oui c’est un grand jour. Mais la terre ne s’arrête pas de tourner pour autant. Je pense que je vais bien apprécier le récit de leur journée ce soir.

Même si Mr G s’occupe d’Isaac, il va falloir aussi que je gère les sanglotants au revoir.

Je regarde autour de moi pour vérifier mon level de mère indigne. Point de mamans en larmes. Ouff !!! Pas de risque de passer pour une mère indigne si je ne sors pas le paquet de Kleenex et la rhétorique de mon fils qui grandit trop vite, c’est trop dur.

L’ATSEM me dit de partir.
Il faut qu’elle retienne Yoann pour ne pas qu’il me suive.

 

Et on repart pour un tour avec Isaac

Il a son petit nom autour du cou. Ouf, il va peut être se laisser distraire par les jeux et oublier que papa maman sont sortis de la classe sur la pointe des pieds.  Il a l’air intimidé mais au moins il ne nous pousse pas de hurlements stridents. Mais lorsqu’on lui dit qu’on doit repartir, il chante en canon avec son frère en ouin majeur, et mineur, et intermédiaire. Une symphonie.

 

Vous pouvez sortir les doudous et les tétines qu’elle nous dit la maîtresse
Ca va aider

……
Mr G, tu peux passer vite fait à l’appart pour prendre les lapins et les tétines

Même pas de traditionnelle séance photos.
Je n’ai pas envie que plus tard ils croient que leur mère n’avait
rien trouvé de mieux que de leur faire faire un cosplay
de l’exorciste le jour de leur première rentrée

 

On sort de l’école par la cour, derrière les salles de classe. On entend des cris d’enfants. Le premier cri: Yoann, le second, Isaac. Non décidément je n’en entends aucun autre cri. Les autres enfants ont la politesse de faire une crise dans leur coin juste en pleurant et en devant tout rouge, mais sans bruit.

 

Ah tiens, vous être la maman de qui ? De celui qui se roule par terre en hurlant la bas.
Ah et puis aussi de celui qui est rouge violet et qui se débat comme un diable
“.

Stratégie à double tranchant soit je brise la glace, soit je rencontre la permanence locale de la protection de l’enfance.

 

En résumé, pour cette rentrée nous avons gagné un beau bonnet d’âne.
Allez un petit 2/20 pour le déplacement.

Vos notes ne vous permettent pas de passer les rattrapages.
Présentez vous à nouveau à l’examen l’année prochaine.

 

On m’a toujours dit: “Tu verras une fois entrés à l’école tout serait différent, tout serait plus simple”

En fait rien n’a changé. Ils sont tout à fait pareils qu’hier et n’auront pas beaucoup changé  demain. Un peu comme lorsqu’on fait le choix de se marier. C’est un symbole, mais ça ne change pas grand chose à notre quotidien.

Ils ont toujours peur de l’inconnu, ils font toujours des crises de colère pour rien. Oui on galère toujours autant avec le pot.

Il faut toujours les emmener le matin, les cherches le soir aux mêmes heures. Ils mangent à la cantine, ramènent leurs peintures et leurs dessins le soir.

Oui c’est plus facilement maintenant , mais c’est surtout les mois passés depuis leur naissance et leur développement constant qui rendent notre quotidien bien plus facile.

 

On a passé le cap, mais petit à petit, sans vraiment s’en rendre compte.
L’école a juste officialisé cet état de fait: mes bébés sont des enfants.

Libéréeee Délivréeeee

 

A l’heure où cet article sort, je n’ai pas encore pu discuter avec mes enfants de ce jour si spécial.  On en reparlera dans un bilan à la Toussaint ! En espérant qu’ils ne soient pas fait virer d’ici là.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 Comments

  1. Vous n’étiez peut être pas au top niveau organisation mais en tout cas tu m’as bien fait rire ! J’espère que demain ça se passera un peu mieux… si ça peut te rassurer depuis la reprise de la crèche bébé Lu aime bien nous faire une petite crise de larme quand on le dépose, juste pour que ses parents aient la boule au ventre en allant bosser et après il paraît qu’il s’arrête direct !
    J’adhère bien à l’organisation de votre école et j’attend le prochain bilan avec impatience. Et merci beaucoup pour le lien 😉j’adore aussi ton blog et j’avoue que le lundi et le jeudi soir je file sur hellocoton quand j’ai le temps car je sais que ce sont tes jours de publications.

    1. Wow, ben écoutes je ne sais pas trop quoi répondre à ce joli compliment, donc juste merci 🙂

      Bon j’ai omis la partie où je prenais des nouvelles toutes les 3 heures de mes néo écoliers ;). L’après-midi a été plus simple en tout cas. Ouf !
      Mais effectivement avec le recul c’était quand même très très drôle notre course du matin.

      Bébé Samuel nous fait la même chose en ce moment. A peine la porte fermée il s’arrête et commence à jouer. La petite crapule !

  2. Mais du coup il n’y a personne qui en voyant son enfant pleurer décide de ne pas le laisser à l’école ?? Ça doit tellement remuer les tripes de le voir en détresse et de devoir s’en aller 😰. Maintenant que l’instruction est devenu obligatoire depuis la maternelle j’imagine que c’est beaucoup plus strict.

    1. Normalement je crois que c’est uniquement à partir de l’année scolaire prochaine que la maternelle intégrera la scolarité obligatoire. Mais malheureusement, en l’état actuel des choses, il est quasi impossible pour un parent de ne pas laisser son enfant à l’école s’il a une activité professionnelle. En période de rentrée, et après avoir pris plusieurs semaines de vacances, très peu d’entreprises/administrations accorderaient des congés pour ce motif. Surtout qu’on ne sait pas combien de temps l’absence peut durer si les pleurs se réitèrent chaque jour où on tente.
      Je sais que dans notre cas on risquerait très gros. Surtout qu’on gruge déjà pas mal pour voir nos enfants plus d’une heure par jour.

      Le confier à une assistante maternelle ? Il faut avoir les moyens. Les aides de la CAF baissent drastiquement à 3 ans. Le système est mal fait de ce point de vue là.

      Nous avons demandé des nouvelles régulières à l’école. Le reste de la journée s’est heureusement mieux passé que la matinée.

  3. Et bien ! Une sacrée rentrée !!! J’espère qu’ils vont réussir à prendre leurs marques et s’adapter à leur nouvel environnement. J’espère que ça se passera mieux les jours à venir ! La suite au prochain épisode comme on dit 😉 Mais j’ai bon espoir ! A deux on est plus forts 😉

  4. Ca me rappelle des souvenirs…. pas mal d’ailleurs.
    Pour l’aîné, il y a ce jour béni où j’ai dû le porter jusqu’à l’école. D’une main j’avais la poussette avec sa soeur, de l’autre, calé sur la hanche, le 3 ans qui hurlait à la mort en s’accrochant à tous les grillages sur la route…. Pour le côté affichage et mère indigne, c’est la palme, non? Je précise, si besoin, que j’ai bien sûr essayer la négociation avant, mais au bout d’un moment il y a un planning familial à tenir et on ne peut pas se permettre d’emmener un enfant de 3 ans à la réunion de 10h.
    Le petit dernier m’a fait des crises de larmes pendant… 6 semaines, chaque matin, l’an dernier. J’y suis même allée de ma larmichette moi aussi, devant la maîtresse, une fois (on en parle de l’affichage??!) Ca s’est tassé pour les vacances de la Toussaint et je pensais que le souci reviendrait ensuite mais en fait non. Pourtant il avait fait 3 ans de crèche, n’attendait que ça, etc… Mais les 2 mois de congés juste avant, ça ne lui a pas réussi : il préférait rester en famille plutôt que d’être séparé. Ecole ou pas.

    Bref, bon courage, ça va se tasser. 🙂
    Et sympa la méthode de votre école!

    1. Effectivement il y’a du level là ! Effectivement il y’a des contraintes pro qui sont incompressibles. Les employeurs s’en foutent des difficultés des enfant, pour eux école = solution de garde = salarié qui n’a pas d’excuse pour ne pas venir.

      Je pense que chez nous aussi les 2 mois de congés ont fait beaucoup de dégats de ce point de vue la. Mais pour Yoann plus de soucis. Ouf !!!!

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