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Ma lactation induite/relactation ratée

C’était là l’objet de mes articles privés. Voir une maman allaitante étai hyper difficile pour moi. J’avais (et j’ai) toujours cette impression de ne pas m’être donnée à fond pour me permettre de rattraper ma faiblesse post-accouchement. En plus, les problèmes de santé de ma fille ne sont pas exactement en voie d’amélioration. J’avais envie de pouvoir l’aider, et je pensais que mon lait pouvait lui apporter quelque chose. Je voulais faire quelque chose tant qu’il était encore temps, essayer une dernière fois de relancer ma lactation.

Comment qu’on fait 6 mois après un accouchement ?

 

Nous sommes à la frontière entre la relactation et la lactation induite. Enfin, selon moi, on est surtout dans le second cas. Je me suis basée sur le protocole du Dr Newman. C’est un médecin canadien très connu pour ses compétences en matière d’allaitement.

Je ne peux pas prendre de contraception hormonale étant donné mes migraines avec aura et mon épilepsie, enfin surtout le traitement que je prends pour les deux (du Lamictal pour les curieux).

Du coup, je suis passée directement à la prise cachetons
de dompéridone (motilium en France).

 

 

La posologie est variable selon les personnes. Ca peut aller de 60 mg à 160 mg par jour, répartis en général en 3 prises quotidiennes.

Attention toutefois, il est fort probable que vous galériez à trouver un médecin pour vous en prescrire étant donné qu’il existe des risques au niveau-cardiovasculaire avec la prise de cette molécule. Enfin … sur des personnes déjà fragiles avec des antécédents cardiaques. Sur une femme jeune en bonne santé, le risque est simplement théorique. Mais je comprends tout à fait les médecins qui mettent en jeu leur responsabilité et qui sont plutôt frileux, surtout qu’il existe une alternative au lait maternel.

On peut y ajouter des quantités astronomiques de Fénugrec et de Chardon béni. Impossible de trouver des gélules aussi dosées en France (pour le Fénugrec il faudrait prendre 13 gélules par jour), et il faut en général passer par des sites anglais ou américains.  Bien sur, rien de tout ça n’est remboursé, pas même le motilium étant donné qu’on est hors AMM. Donc, une lactation induite implique souvent de se gaver de cachetons, et a un certain coût financier. Bon, c’est pour la bonne cause donc je n’ai pas rechigné. 

Et l’indispensable: tirer son lait trèèèèès fréquemment

 

 

 

En général, il faut prévoir de tirer toutes les 2/3 heures en journée et toutes les 4h la nuit. Ouaip, je sais pas comment tu peux faire si tu travailles …. J’ai utilisé un symphony de Medela, la grosse star des tire-lait.

J’ai réussi à obtenir une première goutte de lait 2 semaines après le début des stimulations et de la prise de motilium J’ai réussi à obtenir un peu de lait, mais clairement, rien ne valait la stimulation manuelle. Le top du glamour, on a vraiment l’impression de faire la traite pour le coup.

 

 

Sauf que … Même après 2 mois de stimulations, de cachetons
les quantités étaient ridicules

 

 

 

Même en tirant toutes les 2h, je ne tirais que l’équivalent d’un glaçon par 24h. Pendant 2/3 semaines, 0 améliorations. J’ai été aux réunion de la Leche League, j’ai vu des conseillères en lactation.

 

Malheureusement, on avait un peu vidé tout l’arsenal.

 

Il y aurait bien eu la possibilité de stimuler via un bébé au sein.

 

 

 

Aliénor refusait catégoriquement de s’approcher du sein. Elle qui est si calme devenait une furie. Et c’était de pire en pire à chaque tentative car elle savait ce qui l’attendait. Même le fait de mettre du lait n’arrivait pas à la calmer.

Et après, vient l’étape épuisement avec 4 enfants en bas-âge, les études, le quotidien quoi. Tirer 20 minutes toutes les 2/3h c’est hyper chronophage, c’est du temps qui n’est pas consacré à mes enfants. Et quand on voit le piteux résultat …

Alors j’ai commencé à me sentir aigrie, énervée. A ressasser le passé. Et puis, je me suis rendu compte qu’avec tous les obstacles, cet allaitement n’aurait jamais réussi.

 

 

Il aurait fallu que je ne sois pas épileptique
Il aurait fallu que je me défende seule à la maternité après une césarienne sans anesthésie
Il aurait fallu que mette en route cet allaitement toute seule étant donné que je ne pouvais compter sur aucun soutien familial ou médical
Il aurait fallu que je me batte pour faire comprendre qu’un jeune enfant est toujours pendu au sein
Il aurait fallu que je maîtrise mon REF (j’ai découvert le nom des jets karcher présents à chaque montée de lait)
Il aurait fallu que la perte de poids de ma fille ne soit pas imputée à l’allaitement
Il aurait fallu que la culpabilité de ne pas être assez présente pour mes grands ne me fasse pas arrêter
Il aurait fallu que je ne fasse aucune crise (avec le tire-allaitement, ça aurait pu être possible pour papa de prendre le relais)

Et si j’avais pris du motilium aux 2 mois de ma fille pour tout relancer et réussir
Et si j’avais tenu malgré le rythme infernal des vacances d’été
Et si j’avais fait couper son frein de langue et qu’elle aurait pu stimuler le sein
Et si j’avais compensé le manque de soutien par plus de détermination

En fait, je commence à comprendre pourquoi tant d’allaitements foirent dans les premières semaines …

7 Comments

  1. Pas de regrets à avoir ! C’est super courageux d’avoir tenté et cela prouve combien tu aimes Aliénor ! Moi je te félicite et te décerne la médaille de Supertolle Mutti 😘

  2. Je comprends tes “et si”, j’ai eu un peu les mêmes pour ma petite que j’ai sevrée à un mois, parce que je n’ai pas remarqué que je n’avais pas eu de véritable montée de lait alors que j’avais l’expérience de mes deux premiers allaitements, parce que j’aurais aimé lui donner mon lait comme à son frère et à sa sœur… Et puis, nous sommes humaines, nous faisons avec notre histoire, nos soucis, nous peurs. Nous essayons de faire le meilleur pour nos enfants.
    Tu as été très courageuse et constante, tu as tout tenté mais ça n’a pas fonctionné pour des raisons indépendantes de ta volonté.

  3. Tu sais, je crois que tu devrais surtout te dire “et si j’avais aidé une maman en détresse en lui donnant le courage de tenir avec mes articles sur le sujet ?”. Parce que ce que moi je lis, c’est surtout que tu es une super maman, déterminée et tenace ! Et je suis sure que tes articles serviront à d’autres mamans dans des situations similaires à la tienne. Et ça, c’est déjà formidable. Et puis ta petite Aliénor n’a peut être pas eu beaucoup de ton lait, mais elle a eu la dose maximum de ton amour pour elle 🙂 Alors bravo à toi Super Maman !!

  4. Tu as complètement raison sur le nombre d’allaitements qui s’écroulent par manque d’informations et de soutien.
    Mais dans ton ces, il me semble que tu as fais le maximum possible avec une situation extrêmement complexe.
    Sois forte de toi!

  5. Tu t’es battue ! Tu as essayé de toutes tes forces ! Et ça, même quand tes proches n’y croyaient pas ! Tu n’as pas de regrets à avoir !
    En tous cas, je suis d’accord avec toi, avec ton témoignage, je prends d’autant plus conscience du pourquoi tant d’histoires d’allaitement s’écroulent… Nous avons besoin de soutien et aussi, d’informations !

  6. Moi je te tire de nouveau mon chapeau pour ce superbe don de soi ! Certes, c’est malchanceux car tu n’as pas eu de fruits au bout de tes efforts, il y a de quoi je suppose, être en colère, dépitée, crier à l’injustice. J’ai souhaité de toutes mes forces que tu aies les résultats attendus. Je comprends tes “et si” mais, on connais toutes la faiblesse et la fragilité de la maman qui vient d’accoucher, du post-partum… Ne pas avoir de soutien, ce doit être infiniment difficile. Ce n’est absolument pas de ta faute si cet allaitement n’a pas fonctionné. Et ça n’enlève pas une once de l’amour que tu portes à ta fille ♥

  7. Tu as fait tout ce que tu as pu et tu peux déjà en être particulièrement fière. Ton cas est très particulier, 4 enfants en bas âge , pas de soutien, ta maladie… Je crois que maintenant il faut que tu accepte le fait que ça n’ait pas fonctionné mais que tu as fait tout ton possible et que tu tournes la page… (je sais, c’est bien plus facile à dire qu’à faire).

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