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PAI pour asthme: la grande vadrouille de début d’année

Lorsque vient le début d’année et qu’il faut remettre à l’école ce précieux sésame pour qu’ils puissent donner un peu de ventoline à ton rejeton en cas de crise d’asthme, galérer tu vas. Valider un PAI, c’est un petit peu comme suivre une procédure administrative fraîchement sortie de l’administration soviétique des années 70. Longue, rigide, et parfois avec des trucs totalement inutiles ou WTF.

Remarque préliminaire: les PAI varient selon les départements.
Ce qui est écrit ici ne vaut donc uniquement que pour mon département.

 

 

Première étape: la demande du dossier à remplir

 

 

Email envoyé à la directrice la veille de la rentrée. En retour, un document de 7 pages bien bordélique.

 

 

 

 

 

 

C’est le même dossier pour un enfant qui a des difficultés pour se déplacer, des allergies alimentaires, ou bien de l’asthme.
En gros, les 3/4 des rubriques ne te concernent pas.
Au milieu des spécificités du panier repas remis à l’école, tu dois trouver les petites cases qui t’intéressent.

 

 

 

Et puis, petite touche sympa, on voit bien que le document est en fait un fichier word qui est fait pour être rempli sur un PC. La case pour écrire le nom des parents …. est juste assez grande pour héberger le texte: nom du père/de la mère. Au passage, faudra penser à faire une mise à jour de cette rubrique TTU. Tu as d’autres micro-cases du même genre tout au long du document. Un vrai bonheur de se péter les yeux pour tenter d’écrire des pattes de mouches à peu près lisibles. C’est là qu’on se rend compte que donner nos deux noms à nos enfants c’est bien chiantos à écrire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par la suite, il te faudra le faire signer le dit PAI par
à peu près l’ensemble des personnes
qui gravitent (dans les textes) autour de l’enfant.

Sauf son médecin traitant et/ou spécialiste

 

 

Ce dernier se limite à compléter une page détaillant la conduite à tenir pour la prise en charge médicale de l’enfant à l’école. Pour des pathologies communes comme l’asthme, les médecins ont souvent des protocoles tout prêts tout imprimés, avec juste des blancs pour noter les doses en fonction du poids de l’enfant et de la gravité habituelle des crises. Il suffirait juste de faire un renvoi à cette procédure. Mais nope. Il faut tout recopier à la main. Dans des petites cases. Et joindre en annexe exactement le même document, mais en plus lisible. Heureusement que ma pédiatre est cool.

 

 

 

Petit fait surprenant , le gars/la nana, qui connaît le mieux l’enfant et sa pathologie n’a pas à mettre
sa petite gribouille en fin de document pour valider tout ça.

 

 

 

 

Ce rôle revient au médecin de PMI pour les plus jeunes, et au médecin scolaire par la suite. Tu sais, le médecin que ton gamin verra en gros deux fois pendant toute sa scolarité. Et qui ne sera même pas en charge d’appliquer le dit protocole.

Toi qu’est ce que tu fais en parent exemplaire ? Tu regardes les heures de permanence de la PMI en te préparant psychologiquement à poireauter 2 heures pour une signature qui va prendre 10 minutes à tout casser.

 

 

 

Je redoutais d’autant plus ce moment,
très certainement tout à fait crucial dans la prise en charge de l’enfant (ironie inside),
que nous avions eu une expérience
désastreuse avec le médecin de PMI de la crèche où étaient gardés les aînés.

Petit flashback

 

 

C’était assez drôle de voir à quel point il était possible d’avoir une conversation sans descendre de son piédestal et s’abaisser au point de communiquer avec les deux gugus en face, c’est-à-dire les concons que sont les parents de l’enfant. Moments choisis.

 

 

“Non mais votre mari et vous, vous n’êtes pas les mêmes,
vous ne pensez pas souvent pareil

Ben si en fait, on est bizarres, mais de la même façon.
C’est justement pour ça qu’on est si bien ensemble

Non vous n’êtes pas pareil.
D’ailleurs vous n’êtes pas souvent d’accord, c’est normal”

 

 

 

“Monsieur, vous avez quitté l’armée car vous ne supportiez plus l’ordre

Ah non, pas du tout. Au contraire, ça me plaisait beaucoup comme manière de fonctionner.
C’est juste que les contraintes du métier en termes d’horaires, de mutation, de déploiements n’étaient
pas vraiment compatible avec la vie que je souhaitais mener

Non, vous avez quitté l’armée car vous ne supportiez pas l’ordre. Vous savez donc qu’il ne faut pas l’imposer à vos enfants.”

 

 

 

“Vous avez un troisième enfant ? Mais vous devriez être en congé parental !

Non, je n’en ai pas envie, je préfère travailler

Mais madame, c’est irresponsable de votre part !
Une mère de famille nombreuse ça reste à la maison les premières années.
Là maintenant, ce n’est bon, ni pour vous, ni pour eux, que vous soyez au travail

Mais logiquement c’est mon mari qui devrait rester à la maison
car j’ai le plus gros salaire

*étouffement* oui mais c’est pas pareil une maman”

 

 

 

 

 

J’aurais du lui dire que j’avais reprise le travail à peine 2 mois après la naissance de mes jumeaux. Là, j’aurais fait le buzz sur Youtube et on aurait pas tiré la langue pour payer les factures de crèche et on aurait mangé moins de gratin de pâtes. Sauf qu’il aurait été vraisemblable que nous soyons persona non grata la bas.

 

 

 

 

Mes fils avaient peur des médecins comme beaucoup d’enfants de cet âge.

 

 

Aujourd’hui, tout va bien, ils ont grandi, ils peuvent mieux comprendre ce qui se passe.

Voyant que mes enfants hurlaient, elle s’est coiffée d’une espèce de serre-tête coccinelle à paillettes et a commencé à leur faire des gouzis gouzis en remuant la tête pour faire bouger les antennes roses. Comme un clown sous acide. Avec des enfants sur le point d’entrer en maternelle, ça a assez peu de chance de marcher. Mieux vaut faire comme le dentiste, les coller devant cars ou la reine des neiges. Oui, pas d’écrans avant trois ans, tout ça tout ça. Mais boréal, la fin justifie les moyens. Je note aussi que les camarades de crèche de mes enfants étaient capable de citer Pat Patrouille. Je dis ça, je dis rien.

La médecin de PMI nous a conseillé de voir un pédopsychiatre pour explorer leur trauma. En effet, je pense que aujourd’hui, eux et moi sommes traumatisés par les serre-têtes à paillette.

 

 

Imagine ça avec des paillettes en plus

 

 

 

 

Fin du flashback
Bref, pour en revenir à ce qui nous occupe

 

Nous sommes informés par la PMI que les permanences pour les PAI se tiennent le mardi matin et non le mercredi matin par la directrice. Fallait le savoir !  Ouf, ça va aller vite étant donné que c’est de la signature à la chaîne sans examen de l’enfant.  En plus, cette médecin de PMI là a l’air très sympa et bienveillante.

 

Ca me va” qu’elle me dit en regardant le PAI

 

Euh meuf, en fait, je crois que tu n’as pas exactement la légitimité pour critiquer les procédures indiquées par le médecin qui suit l’enfant. Ce n’est pas là un problème de compétence de la dite médecin de PMI. Elle n’a juste jamais vu mon fils, donc franchement je ne pense pas qu’elle soit en mesure de décider de la procédure la plus adaptée pour lui.

 

 

 

 

Ensuite, tu transmets le PAI à la directrice de l’école

 

Et il doit faire le tour des services de l’école et de la ville (pour les temps périscolaires et centre de loisirs). Tu a juste l’impression que le machin doit être signé de la main même de Manu à l’Élysée.

 

 

 

 

 

 

Et là, tu peux discuter des aménagements nécessaires. Perdus dans cette liste de cases ont trouve “possibilité d’aller au WC sans restriction“possibilité de boire en classe sans restriction” “possibilité de se reposer pendant les activités sportives en cas de mauvaise tolérance à l’effort“.

 

 

SÉRIEUX ?!?!?!?

Tout ça devrait juste être NORMAL, LOGIQUE.

 

 

Étant donné qu’on a sous les yeux un document qui mentionne médecin de PMI et non médecin scolaire, on parle tout de même d’enfants de 5 ans maximum !! Il est où le respect de l’enfant et de ses besoins spécifiques ?

 

 

 

 

 

 

Étant donné que les WC sont en commun et en arc de cercle, que rien qui n’isole l’enfant de la vue des tous les autres (dans l’école de mes enfants), je peux comprendre que des enfants puissent être gênés d’aller aux toilettes devant les autres et se retiennent. J’entends très bien qu’il soit impossible d’avoir des cabines fermées pour des raisons de sécurité. Une petite cloison sur les côtés c’est si difficile ??

Je sais que c’est compliqué de gérer des enfants qui doivent être accompagnés tout le temps aux toilettes. Mais souvent ce besoin d’un minimum d’intimité vient avec l’âge. Un enfant de moyenne/grande section n’est-il pas capable de se rendre seul aux toilettes ?

Pour être tout à fait honnête, je ne pense pas que des contraintes d’organisation doivent primer sur le respect des besoins primaires des enfants. On ne peut pas s’en occuper correctement en classe si les bases ne sont pas couvertes.

 

 

Enfin, tu peux aller chercher les médocs, les mettre dans une petite trousse, et confier le package à l’école

 

La délivrance !!!!

 

 

 

Moi à 16 ans. Mis à part le visage de la dame, le reste est une copie assez fidèle

 

 

 

 

PS: je suis en train de préparer des examens, et ça va durer toute l’année. Il est donc possible que parfois les articles soient plus courts. Mais hors de question de les espacer. Je n’ai, je crois, jamais manqué ce rendez-vous bi-hébdomadaire

14 Comments

  1. J’ai ri jaune ! C’est les 12 travaux d’Hercule ton truc. Chez nous, c’est beaucoup plus simple. Le médecin de l’enfant fait le PAI et les parents le remettent à l’école plus ou moins mairie pour cantine et périscolaire. Fini!

  2. Je ne sais pas comment fonctionne un PAI (enfin son équivalent) en Allemagne, il va falloir que je me renseigne. Mais pour revenir aux toilettes. Dans la crèche de la petite, les toilettes sont les unes à côté des autres pour celles du groupe des petits (1-3 ans) mais séparées par des cloisons et des portes (qui ne ferment pas à clé bien sûr) pour le groupe des grands (3-6 ans). Pareil à l’école des grands ! Mais je ne sais pas s’il y a un loquet. Dans tous les cas, mettre des petites cloisons et des petites portes n’est pas compliqué et assure un minimum d’intimité aux enfants. Ça ne choque pas les autres parents ?

    1. Ca me semble être du bon sens pour les enfants de + de 3 ans. Les parents commencent à s’élever de plus en plus contre tout ça. Mais ce n’est pas pour rien qu’on surnomme l’éducation nationale est surnommée le mammouth. Dur à faire bouger et bien ancrés dans les anciens principes.

  3. Tu me fais…flipper! Chéri et moi nous apprêtons non sans angoisse à mettre La Bête à la cantine. Je ne te fais pas de dessin sur le carnage que ça risque d’etre, hein… Si mon intuition se révèle exacte, il faudra un pai afin que je puisse fournir ses repas à ma fille. Gloups, quand je vois le truc, je me demande combien de temps elle va rester à jeun de 8 à 16h… Sans parler du regard fort probable des autres personnels face à un trouble helas encore peu connu… Quant aux « aménagements » prévus, je plussoie pleinement ta réflexion, c’est terrible de s’en dire que nos enfants n’y ont pas droit de base!

    1. C’est sur dès que ce n’est pas une pathologie reconnue et bien balisée, le regard change. Je le vois pour les petits épileptiques qui se voient refuser l’accès à la cantine et au périscolaire. J’espère vraiment que tout va bien se passer pour ta fille.

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