Gemellité

Plus que des frères, des jumeaux: mes craintes

Être parents de jumeaux c’est pour moi être embarqués dans une aventure unique. Émouvante, joyeuse, surprenante, mais aussi déstabilisante et parsemée de doutes sur l’éducation qu’on va leur donner.
Clairement, le plus dur est de
respecter leur relation spéciale tout en leur permettant de développer leur propre individualité.

Isaac et Yoann ont connu la collectivité depuis leurs premiers mois. Ils ont donc toujours été intégrés dans un groupe d’enfants plus large. Leur fusion a en quelque sorte été contrariée depuis leur plus jeune âge. Ils n’ont jamais eu de langage propre qu’eux seuls comprenaient par exemple. Leur besoin d’échanger avec les autres enfants du groupe a dû primer.

Ils sont dizygotes. Petite explication médicale de ce terme barbare: ils sont issus de deux œufs différents. Leur ressemblance physique n’est donc pas plus grande que ceux de frères lambda. Mais je n’utilise jamais le terme “faux jumeaux” car ils ont partagé mon ventre pendant 9 mois, ils sont nés en même temps et font les mêmes découvertes à peu près en même temps (car logiquement ils ont toujours exactement le même âge, duh !). En quoi est-ce une fausse gémellité ?

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MAIS ….

Ils ont ce besoin constant de savoir l’autre pas loin, ou du moins pas trop longtemps. La présence de l’autre les rassure, leur donne la force nécessaire pour oser, pour apprendre.

En voiture ils font souvent la sieste comme ça …

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Yoann (à droite sur la photo) n’a pas une coupe de moine, il a bien des cheveux sur le côté je vous rassure

 

Vers leurs 6-7 mois on les retrouvait souvent comme ça, collés dans le parc (et pourtant qu’est ce qu’il prend comme place dans notre salon ce fameux parc), main dans la main. Promis cette photo compte zéro mise en scène.

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T’as vu comment je maîtrise paint ?

 

C’est vrai que moi j’aimerais bien avoir quelqu’un avec qui je pourrais parcourir le chemin sinueux de la vie main dans la main. Quelqu’un qui comprenne exactement ce que je vis car il vient de la même famille, a reçu la même éducation, a vécu avec moi chaque jour avant même que je naisse. Quelqu’un qui comprend mes émotions car il en est au même stade de la vie que moi.

(Cette parenthèse gnian-gnian est terminée, vous pouvez arrêter de vous ficher de moi)

 

Pourtant, je ne peux pas m’empêcher de m’inquiéter de cette relation si spéciale que nous ne pourrons, nous parents, jamais complètement comprendre.

Je sais pas vous, mais moi quand je ne comprends pas quelque chose, j’entre en mode flip intense.

Pendant longtemps alors qu’ils nommaient tout le monde, ils ne se nommaient pas entre eux. Leur frère jumeau n’avait juste pas de nom. Ils connaissaient pourtant le leur, ceux de leurs copains, de leurs oncles, puis de leur petit frère ensuite. On a pensé avec Mr G que dans leur tête ça devait être: Pourquoi donner un nom différent à une partie de nous ?
Encore aujourd’hui, lorsqu’on leur demande de nommer l’un d’entre eux sur une photo, ils emploient le nom de leur jumeau au lieu du leur. Ils ne confondent jamais avec le nom d’une autre personne. Parfois quand mamie leur demande au téléphone qui parle, c’est la même chose.

J’avais peur que cela nuise indirectement à leur autonomie, à leur socialisation avec les autres enfants de leur âge, que leur développement cognitif soit in fine altéré (pour penser et exprimer des idées encore faut-il avoir les mots pour le faire !)

Alors oui, j’ai entendu parler de la phase de la fusion gémellaire de 0 à 2 ans. C’est pour ça que je ne m’en suis pas inquiétée jusque là outre mesure.

 

Mais là, ce qui me gêne ce n’est pas que cette phase de fusion se prolonge un peu plus, mais que leur relation commence à devenir asymétrique

Issac fidèle à son tempérament avenant et aventureux commence à se faire une bande de copains à la crèche et même une amoureuse. Yoann lui, reste en retrait. Il a peur de tout, refuse toute nouvelle expérience (parfois l’accepte si son frère accepte de se lancer sous ses yeux) et reste toujours collé à l’adulte. Il a besoin d’avoir constamment son frère avec lui. Il ne cesse de l’appeler pour qu’il le rejoigne et prenne les devants. Et malgré son jeune âge et son expression pas encore parfaite, on sent bien qu’Isaac s’agace. Et que Yoann se sent frustré. Et réclame donc encore plus l’adulte. Cercle vicieux.

Cette situation n’est pas tenable ni pour Yoann, ni pour Isaac. Yoann se s’épanouit pas malgré la présence constante de son frère. Isaac a envie de faire ses propres expériences sans devoir porter son frère à bout de bras, parfois.

 

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Toujours le même schéma

 

Deux hypothèses trottent dans ma petite tête pour tenter d’expliquer tout ça:

  • Soit Yoann est toujours dans la fusion alors qu’Isaac est passé à l’étape suivante de leur relation
  • Soit ils entament leur période de complémentarité, et leur complémentarité à eux c’est que l’un s’ouvre au monde et l’autre s’en isole

J’ai pensé que cela pouvait être aussi une sorte de régression due à l’arrivée de son frère. Mais son comportement a commencé bien avant la naissance de Samuel.

Oui, on a essayé de pousser Yoann à aller vers les autres enfants au lieu d’aller systématiquement vers son frère. On a demandé aux puéricultrices de le faire à la crèche. Sans résultat. Il se colle à Isaac dès qu’il le peut, ou alors à l’adulte. On dirait presque que les autres lui font peur lorsque son jumeau n’est pas là. Que les seuls autres enfants dont il n’a pas peur ce sont ses frères.

On a essayé de donner le maximum de câlins à Yoann pour qu’il prenne confiance en lui. Genre il passait des heures dans les bras à tout moment de la journée. Mais ça n’a pas l’air de porter ses fruits. Il est très heureux des câlins avec maman, mais il ne sent pas plus en sécurité pour aller découvrir le monde.
Le week-end dernier il a refusé d’aller faire vélo avec papa pour rester avec maman et Isaac. Pourtant il ADORE le vélo. J’avais envie de passer un moment JUSTE avec Isaac pour que lui aussi ne se sente pas laissé de côté.

 

Alors, je commence à penser séparation. Un gros mot pour des jumeaux de cet âge. Séparation à leur entrée à l’école en septembre, séparation pour leurs activités à l’extérieur. Ils se verront bien à la maison  matin et soir, et puis à la récré et à la cantine. Peut être qu’ils ont besoin d’avoir chacun leur espace pour ne plus se sentir dépendants l’un de l’autre, des rôles qu’ils se sont mutuellement assignés.

 

La réflexion est ouverte

 

36 Comments

  1. C’est très intéressant, cette évolution…Ca doit être fascinant à observer, cette dynamique entre les jumeaux (et j’aime beaucoup la description que tu en fait de ces non-faux jumeaux), mais j’imagine également combien ça gènère de questions supplémentaires!

    1. C’est une expérience inroyable d’être aux première loges pour voir tout ça en effet :).
      J’essaie de me dire que tous ces questionnement m’aident à remettre en question mon attitude envers mes enfants et donc de faire de moi un meilleur parent.

      Mais pour être totalement honnête je m’en passerais bien 😉

    2. Bonjour

      J’ai lu votre article, étant moi-même maman de « faux jumeaux » (garçons) qui ont bientôt 12 ans aujourd’hui (deja…), j’avais envie de réagir.
      Avec un peu de recul, je peux simplement vous dire -il s’agit bien entendu de mon expérience- que tous ces questionnements sont bien légitimes parce que l’on veut le meilleur pour nos enfants et d’autant plus lorsqu’ils sont jumeaux car on s’inquiète lorsque l’un prend « le pas sur l’autre »…
      Et pourtant, c’est bien comme cela que cela se passe! Ce que j’ai constaté, plus tardivement, c’est qu’il y a des cycles : l’un va, l’autre non et inversement, l’un a de supers bonnes notes l’autre moins et en une semaine, cela s’inverse! De quoi vous rendre chèvre… parce qu’en général, on ne le voit pas venir!
      Ils ont été séparés à l’entrée en maternelle (première collectivité pour eux) et ça a été top! Un super conseil de la directrice avé moi, j’en étais malade!
      Ils ont eu chacun leur classe, leur maîtresse, leurs copains et cela a été salvateur.
      L’un était toujours « plus » que l’autre : plus chétif, plus timide, plus peureux, plus gentil, plus facilement impressionnable… bref, je m’inquiétais… sans raison!
      Aujourd’hui, l’entrée en sixième a révélé encore plus chacun d’eux : des personnalités fortes et marquées, avec un envol littéral de celui pour lequel je me faisais plu de soucis. Il a pris sa place, s’est déployé, s’impose (presque trop parfois!) à tel point qu’ils règlent leurs comptes en se bagarrant parfois!!! (Et c’est à moi que cela fait le plus mal, eux, tout va bien!)
      Les voir grandir est source de surprises et d’emerveillements, surtout quand ils sont deux, on croit avoir compris, et finalement, rien du tout! Cela apprend l’humilité, outre la patience et le reste !
      Bref, je voulais simplement vous dire de ne pas trop vous poser de questions, (même si c’est difficile, je sais!) finalement, ils savent très bien trouver leur place, même si parfois, cela prend un peu de temps. Et une chose est certaine, c’est qu’ils ne se posent pas toutes ces questions, eux (et heureusement!)
      Une autre chose encore, les miens sont vraiment aujourd’hui deux personnalités très différentes, avec des goûts très différents, des envies différentes aussi et pourtant ils aiment se retrouver et savent qu’ils sont là l’un pour l’autre et ça, c’est génial!
      NB : ma fille qui passait par là et me demande ce que je fais (elle a deux ans d’en plus) me dit qu’ils savent très bien équilibrer eux mêmes leur relation

      Alors profitez, profitez, même si c’est frustrant parfois (de ne pas avoir assez de temps avec l’un ou lautre) c’est une expérience absolument fabuleuse, mais ça, vous me savez déjà!

      1. Merci beaucoup pour votre retour d’expérience :). Nous ne connaissons pas d’autres parents de jumeaux et donc tous les avis nous éclairent ! Il est vrai que dans un premier temps Yoann était celui qui tentait tout: la station assise, les gazouillis. Peut être que c’est une nouvelle phase. Ca me rassure de voir que des séparations en maternelle peuvent être bénéfiques pour chacun

  2. Je ne connais absolument rien aux relations entre jumeaux mais je comprends que cela commence à t’inquiéter et que tu envisages d’essayer de les séparer… je te souhaite, en tout cas, d’évoluer dans cette réflexion complexe.

  3. Ton article est très intéressant. Je trouve que tu as un regard très riche sur la relation qui unie tes deux enfants. Tu essaies toujours d’analyser 🙂
    Je pense que tes enfants cherchent leur place rien qu’à eux. Vivre pour eux-mêmes. S’affirmer en tant qu’individu à part entière. Ils approchent doucement mais surement de la phase d’affirmation. Comme tous les enfants de leur âge, ils vont vouloir montrer au monde qu’ils existent et qu’ils sont bien là. Et pour chacun des deux ça ne se fera pas de la même façon. Peut être que Isaac a besoin de faire ses expériences en pleine autonomie alors que Yoann a besoin de son frère pour se révéler. Dans tous les cas, je pense que ton attitude très prévenante va les aider. La question de séparation dont tu parles va peut être les aider l’un et l’autre car malgré de nouveaux repères différents, ils auront toujours la possibilité de se voir l’un et l’autre et de se ressourcer ensemble 😉 Et puis, maintenant, ils ont peut être la capacité de te dire s’ils le veulent ou pas? Bon courage dans cette réflexion! Faites vous confiance avec le papa, vous allez trouver les clés 😉

    1. Merci c’est gentil, mais je ne pense pas que j’ai une réflexion toujours très pertinente. J’avoue que je m’y connais pas vraiment en psychologie de l’enfant.
      Même s’ils sont séparés en classe ils seront ensemble dans les temps communs qui sont quand même très nombreux !
      Je réécrirai un article quelques mois après la rentrée pour faire le point 😉

  4. Je ne connais pas les relations gémellaires mais avec l’entrée à l’école ils vont être séparés… et chacun pour affirmer sa personnalité sans l’autre, tu nous raconteras ?

  5. Je comprends toutes tes interrogations même si je ne les vis pas.
    Mais souvent je me dis que j’aurai presque “preféré” avoir des jumelles que mes deux poulettes rapprochées, qui sont très proches, très complices mais que néanmoins 18 mois séparent et empêchent parfois d’évoluer de la même manière 🙂

    1. Pour le coup j’ai les deux ! Jumeaux et enfants rapprochés. C’est vrai que la complicité est quand même assez différente. Mais je pense que ça va vraiment s’éstomper au fur et à mesure du temps. Un des jumeaux et mon petit dernier se ressemblent vraiment beaucoup. Je suis sure que plus tard on pensera que ce sont eux les jumeaux

  6. C’est très intéressant ta vision de maman sur les jumeaux. C’est vrai que c’est un lien très particulier difficile à comprendre de l’extérieur. Mais ce que tu dis sur la différence de caractère ne me surprend pas. Autour de moi, les parents me décrivent ce type de différence, où l’un est plus réservé que l’autre. Comme tu dis, ils doivent se compléter. !
    Mes garçons ont 20 mois d’écart, ils sont extrêmement proches et des caractères très différents.

    1. Les psys parlent de locomative et de moteur, de relation forcément déséquilibrée. C’est vrai que c’est souvent le cas. C’est là tout le rôle de parent: accompagner la différence et faire qu’elle ne soit pas délétère

  7. Merci pour ce joli partage. Je suis aussi maman de deux petits gars de 4 ans nés la même nuit, et je trouve cela absolument magique. Quel bonheur cela doit être d’avoir un jumeau. Même leur grand frère est un peu (beaucoup) jaloux de leur relation.
    Ces deux loulous se ressemblent beaucoup physiquement et ont des tempéraments bien différents. Pendant une période, c’est l’un qui prend le dessus sur l’autre, puis cela peut s’inverser. Il y a beaucoup de jeux entre eux, de complicité, de bagarres, de farces. Souvent l’un ose faire quelque chose de nouveau, l’autre essaie et se sent mal de ne pas réussir ce qu’a accompli son frère. Heureusement, ils parviennent chacun à faire de nouvelles choses dans des domaines différents.
    Quand je lis ton article, ma question est : qu’en pense Isaac et qu’en pense Yoann ? Avez-vous déjà parlé avec eux de votre inquiétude ? De notre côté, on remarque la pertinence des réponses et des réflexions que les enfants peuvent apporter aux questions que l’on se pose à leur sujet. C’est peut-être une piste….
    Enfin, je suis complètement d’accord avec toi au sujet des “faux-jumeaux” : homozygotes ou hétérozygotes, ils sont de vrais jumeaux !!!!
    Plein de belles choses à toute votre famille !

    1. Merci beaucoup :). Isaac et Yoann sont encore assez jeunes (2 ans et demi) donc il est difficile d’en discuter directement et clairement avec eux. Mais j’essaie de demander à Yoann comment il se sent, si parfois il se sent tout seul, s’il a des copains rien qu’à lui à la crèche. Je parle à Isaac en lui demandant si parfois il a envie de faire des choses tout seul, s’il veut y aller seul avec papa ou maman.

      Plus ils grandiront, plus il sera aisé d’en parler avec eux et de déméler la situation. J’espère juste qu’entre temps aucun ne se sentira blessé

      1. Je ne crois pas (comme Cathy, maman de jumeaux qui a écrit également) qu’il y ait de quoi s’inquiéter…surtout qu’ils sont encore petits. Je crois que les jumeaux ont “choisi” de venir ensemble, qu’ils ont besoin l’un de l’autre (surtout à 2 ans 1/2), tout en ayant besoin également de moments de solitude. Tout deux vont grandir, et comme chaque jour amène des changements, cette inquiétude n’existera peut-être plus (du tout) dans quelques mois.

        1. L’entrée en maternelle va nous apporter des réponses je pense. Et puis ce sont nos aînés, donc nous découvrons tout avec eux, ce qui rajoute à nos questionnements je pense 😉

  8. Bonjour
    Je viens de lire votre article que je trouve très intéressant.
    Je ne suis pas maman mais je peux vous parler de mon expérience gémellaire ^^.
    Mon frère jumeau et moi (je n’aime pas dire faux jumeau non plus) étions dans la même classe en CP. A la fin de l’année scolaire, les enseignants ont proposés à mes parents de nous séparer durant notre classe de CE1 car ils trouvaient que je m’effaçait trop par rapport à mon frère. Trop timide, trop réservée, ayant peur de tout, etc.
    Le fait est que nous avons mal vécu cette situation. Nous n’étions pas spécialement fusionnel mais nous sentions comme un manque, comme un vide. Résultat: l’expérience n’a pas eu l’effet escompté. J’étais toujours aussi réservée et ils se sont aperçu que mon frère “ne prenait pas le dessus sur moi”. Ils nous remis dans la même classe l’année d’après et ceux jusqu’à nos 18 ans ^^. Je me suis épanouie à mon rythme avec plus ou moins de rapidité par rapport à mon frère.
    Je ne sais pas si mon expérience peut vous aider. Sachez qu’un jumeau aura nécessairement plus d’influence sur l’autre et ceci peut se modifier, voir s’inverser avec le temps. l’essentiel est de les accompagner dans leur construction sociale qui sera aussi différente (car oui, même si on essaye de l’éviter, on compare forcément l’épanouissement des jumeaux).

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire, c’est très intéressant d’avoir l’avis d’une personne qui l’a vécu “de l’intérieur”. Il n’y a donc aucune recette universelle, et il faut avant tout écouter les envies des principaux intéressés. En CP ça doit être plus facile qu’en maternelle ! L’avantage c’est que l’organisation de leur école permet une flexibilité en début d’année; Nous pourrons donc tester une organisation et voir avec mes fils ce qui leur convient le mieux

  9. Bonjour

    Je suis papa de jumeaux également , comme toi un des deux est plus aventurier et autonome… ils sont jumeaux mais leurs propres traits de caractères , je ne me fait aucuns soucis pour mon moins aventuriers , car étant également jumeau ma maman l’a vécu et me confirme tout le temps que malgré la gémellité ils n’ont pas la même envie ni les mêmes besoins au même moment… du coup je vis le truc normalement …
    Pleins de bons moments à toi et ta famille

    1. Ah super, tu as donc pas mal d’expérience personnelle sur le sujet 🙂 . Les besoins de Yoann ne sont donc pas forcément tournés en ce moment vers une socialisation. Dans ce cas, en effet rien ne sert de le forcer !

  10. J’ai vécu la séparation pour leur première année scolaire. Ce fut très dur jusqu’à la Toussaint. L’école avait aménagé des temps de recreation ensemble et les mettait ensemble à la cantine. Mon mari et moi étions très inquiets de leurs pleurs, de la séparation.. Au point de nous demander si on ne devait pas les remettre dans la même classe. La c’est top depuis la Toussaint, on se raconte nos journées, nos amitiés le soir à table. Au premier point “officiel” avec les maîtresses nous avons découvert nos enfants différemment. Ma fille finissait ses exercices, mon fils n’est pas colérique. Chez nous, ma fille cède souvent quand son frère pleure. Son frère pleure pour obtenir des choses. Nous avons essayer une activité commune et ma fille angoisse de savoir comment ça se passe pour son frère. Bref, ils ont chacun leur vie et j’aime bien ça.

    1. Les premiers temps ont du être vraiment très durs. Vous êtes bien courageux. Heureusement, le résultat est là aujourd’hui et c’est bien là le plus important !

  11. Bonjour j’ai moi même une sœur jumelle nous sommes comme vous deux fils dizygote nous avons maintenant 22 ans nos parents ne nous on jamais séparé volontairement cela est arrivé naturellement car même en étant tout le temps ensemble nous avons développé un caractère et des façons de réagir totalement différent oui, nous sommes les opposés. Quand nous étions enfants nous étions très fusionnelle, nous avions été séparés plusieurs fois car une fois j’ai du aller à l’hôpital pour une bonne semaine donc nous avons dû être séparé, cela a était très dur pour nous deux mais les retrouvailles n’ont été que du bonheur un autre fois c’était à elle d’aller à l’hôpital nos réactions ont été les mêmes que la première fois. En grandissant nous nous sommes forgé différemment ma sœur est (au present car c’est toujours le cas) très attachée à mes parents tandis que moi j’ai besoin de mon espace et de ma liberté. Qu’en aux études dans les filières normal les professeurs ‘ius mettaient dans les mêmes classes. Arrivé aux lycée nous avons prisent des orientations différentes elle en S SVT et moi en S sciences de l’ingénieur donc à ce moment la nous avons été séparés. La vie nous forge de façon différente. Nous avions débuter comme vos jumeaux jamais l’un(e) sans l’autre. Cela ne nous a pas empêché d’avoir notre propre caractère/caractéristiques.

    Bien cordialement
    Rachel

    1. Merci beaucoup de votre commentaire :). C’est un témoignage qui me rassure beaucoup. Beaucoup de bonheur à vous et à votre soeur.

  12. Je ne suis pas certain que ce soit sur des blogs que vous trouverez la réponse à ces questions importantes. Etant moi-même papa de jumelles, je peux vous dire que lorsqu’elles avaient 3 ans, il nous semblait que l’une prenait l’ascendant sur l’autre, ce qui nous avait été confirmé par une institutrice. Nous avons donc choisi de les mettre chacune dans des classes différentes. Cela a duré toutes leurs maternelles et primaires, et elles se sont retrouvées ensemble une fois au cours de leurs humanités. Elles se sont donc forgées des caractères différents, elles avaient chacune leur cercle de copines, leurs activités propres : l’une s’est essayée au piano, l’autre au violon, mais elles se retrouvaient au tennis et à l’équitation. Néanmoins elles sont toujours restées très proches, avec des attitudes inexplicables : nous étions partis quelques jours en vacances sans elles (elles devaient avoir 5 ans), et nous les avions mises chacune chez une mamy. Lorsque nous les avons récupérées, elles s’étaient habillées avec la même tenue ! Depuis lors, le temps a passé et nous n’avons jamais regretté notre choix. Leur complicité a toujours été aussi forte, même si de temps en temps elles sont en désaccord. Elles ont 27 ans, elles font le même métier, l’une s’est mariée l’an dernier, l’autre pas encore. Mais elles sont bien dans leur tête ! Donc, ne vous tracassez pas trop. Vivez avec chacun de vos enfants comme s’il était unique, et veillez à leur équilibre. Le reste devrait bien se passer !

    1. Merci beaucoup pour le partage de votre expérience. C’est rassurant de lire qu’une séparation dès la maternelle peut être bénéfique pour les enfants. L’important semble donc de leur ménager certains temps où ils peuvent être réunis. Au quotidien nous restons ferme sur le fait de ne pas jamais leur dire “les jumeaux” mais “Isaac et Yoann” lorqu’on les apellent par exemple. Ils faut qu’ils se sentent reconnus par les adultes comme deux enfants distincts en dehors du couple gemelellaire.
      Bon week-end à vous et à votre famille !

  13. Je découvre ton blog. Bien que je ne sois pas maman de jumeaux (ça m’aurait bien plu ^^), j’ai des amies proches qui sont jumelles et qui ont un frère et une sœur eux-mêmes jumeaux (oui la maman a fait un double combo!) et je pense que la relation entre jumeaux est très particulière et je comprends ton inquiétude pour tes fils. Mes copines ont une relation assez fusionnelle encore aujourd’hui, elles partent encore en vacances ensembles à leur âge (leurs compagnons respectifs sont assez cool là-dessus), font un métier similaire, mais par contre habitent une région différente alors que leur frère et leur sœur ne s’entendent absolument pas et ça depuis l’enfance. Comme quoi, les relations entre jumeaux peut beaucoup varier. Par contre, elles ont été séparées une bonne partie de leur scolarité et peut-être que c’est ça qui a jouer. Quoiqu’il en soit, elles restent très sociables l’une comme l’autre (je m’entends autant avec l’une que l’autre). Peut-être que la séparation à l’école aidera ton petit qui a plus de mal à prendre de l’indépendance vis-à-vis de son jumeau. J’espère que mon témoignage pourra t’aider un peu.

    1. Merci beaucoup pour ton témoignage :). Effectivement les relations entre jumeaux peuvent être très différentes. Mais je remarque que c’est souvent très fort soit dans l’attachement soit dans le “détachement”

  14. Bonjour! Je suis maman de jumeaux (garcon-fille) de 2 ans et demi (et d’une grande soeur qui a trois ans et demi), qui feront également leur rentrée en petite section en septembre. Dans notre école de village, il n’y a qu’une seule classe par section, donc la question de les séparer ou non ne se pose pas. Ils seront d’office ensemble et dans leur cas, je pense que c’est une bonne chose. Ils n’ont pas encore été confrontés à la collectivité car ils sont gardés à domicile par une nounou. Ils jouent régulièrement avec les petits voisins de la rue, mais ils n’ont pas encore l’habitude de faire partie d’un groupe. Du coup je pense qu’être deux pour découvrir ce nouveau monde sera une force et peut-être un réconfort pour eux. Du moins je l’espère 🙂

    1. En effet la découverte de la collectivité est déjà un assez gros morceau ! J’espère que tout se passera au mieux pour vos loulous

  15. Je n’y connais rien donc je ne pourrais pas du tout t’aider. Mais ça doit être assez fascinant. La pédopsychologie m’intéresse beaucoup et ce cas précis est vraiment à part.
    C’est un lien unique que la science à même du mal à expliquer.
    Et j’imagine que pour une maman, ça doit être assez particulier à gérer.

  16. Je n’ai pas de jumeaux, mais des proches amies jumelles (monozygotes). Elles sont en couple et mères toutes les 2, et ont acheté, avec leurs conjoints, une maison qu’elles se partagent, un étage chacune 🙂 Comme quoi, la proximité entre jumeaux dure à vie ! Alors, séparer ou ne pas séparer, je ne sais pas s’il y a une bonne et une mauvaise décision. C’est toi la maman qui sent ce qu’il faut faire, pour que chaque enfant exprime ses possibilités et s’épanouisse. Je suis certaine que tu sentiras quelle est la décision à prendre, pour eux 🙂

    1. Merci :). Je trouve que ton exemple est vraiment très beau. Elles ont trouvé un mode de vie qui leur permet d’être ensemble tout en menant leur propre vie. Très bien pensé 🙂

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