Ma vie de Working Mom / Santé des enfants

Pot pourri de petites et délicieuses absurdités administratives

Ce matin, mon cher et tendre Mr G m’a fait remarquer que si je devais un jour être transmutée dans le corps d’une marionnette des feu Guignols de l’Info, je serais Jean-Pierre Coffe, pour si célèbre envolée lyrique: “mais c’est de la merde“. Même s’il est difficile de lui donner tord sur le fond (à Mr G, pas à JP le taquin), l’idée que la première personne à laquelle il pense en me voyant râler de bon matin soit un vieil homme chauve me fait me demander s’il n’infuse psa quelques substances illicites dans son appareillage d’apnées du sommeil. Néanmoins, plutôt que de saouler jusqu’aux murs de mon appartement avec mes colères quotidiennes,  je vais tenter de tourner en ridicule ces petites tranches de vie administrative. C’est le meilleur moyen de tourneur en ridicule, et de reprendre un peu le pouvoir sur tout ça.

 

 

Eh la MDPH, elle est cachée où la caméra ?

 

 

Cet appel a eu lieu il y a quelques temps, alors que nous n’avions pas encore trouvé les professionnels pour effectuer le suivi de Yoann. Lors d’un appel téléphonique, un maître vaudou, ou tout simplement un groupe anarchiste qui accepte les temps partiels.e de la MDPH (91, oui je balance), voici en gros la retranscription de notre échange

 

 

” – MDPH: Il nous faut tous les devis pour calculer les droits à l’AEEH (allocation d’éducation de l’enfant handicapé) puisque vous avez demandé cette prestation
C’est un bon usage des deniers publics. C’est un bon début.

 

 

– Moi: Je vous les ai transmis en pièces complémentaires puisque le principal c’est de statuer sur les droits à l’AVS.
C’est ce que j’ai expliqué dans le dossier

De toute manière, mon fils est sur liste d’attente pour pas mal de professionnels, je ne sais pas où une place se libérera le plus rapidement
donc je demande juste l’AEEH de base (encore une fois, écrit dans le dossier)

Je t’ai emballé une belle LRAR qui m’a coûté 10 balles, 1h de file d’attente avec un mec bourré dans un coin qui faisait une fixette
sur la boulangère, et qui a pris ma brioche ventrale pour une grossesse naissante. Tu vas pas me dire que tu l’as paumée ma lettre avec mes pièces complémentaires !
Et sinon, ça vous arrive d’ouvrir le dossier pour le lire en entier ? Je dis ça je dis rien, mais c’est plus pratique pour l’instruire

 

 

 

 

 

Ah … en fait tant que le dossier n’a pas été enregistré, les pièces complémentaires envoyées par LRAR ne sont pas affectées à un dossier. Envoyez-moi tout ça par mail.
Les devis aussi, c’est important pour statuer les éventuels compléments pour frais AEEH, il me faut obligatoirement toutes les pièces pour statuer sur votre demande.

Il existe donc un vortex où sont aspirées des kilos de pièces complémentaires
ou vous faites juste du classement vertical de peur de vous luxer l’index à les classer de manière à les trouver?

 

 

– Oui, mais pour avoir des devis, il faut trouver des professionnels, et je vous l’ai écrit clairement dans le dossier, il est sur LISTE D’ATTENTE
Je demande juste l’AEEH de base PAS les compléments pour frais !
Ok tu ne lis pas les dossiers, mais tu m’écoutes au moins Ginette ?
Moi toujours: Laissez tomber l’AEEH je veux surtout que la commission statue sur la notification AVS.
Je vais vous envoyer une LRAR pour modifier ma demande

 

 

 

 

 

– Non madame, ça ne changera rien, votre dossier sera bloqué car il manque des pièces complémentaires
vu que nous ne pouvons pas évaluer vos droits à l’AEEH.

Il faudra donc nous en envoyer un nouveau dossier, avec un nouveau certificat médical
car celui que vous nous avez envoyé ne sera plus valable
Et faire commencer un nouveau délai de 4 mois et faire que mon fils ait son AVS en terminale ?

 

 

 

La suite de cette conversation ne peut malheureusement être retranscrite étant donné qu’elle est principalement composée d’onomatopées et d’une excuse pourrie pour raccrocher, car je commençais à me transformer en un Jean-Pierre Coffe à deux pincées d’une overdose de coke et d’acide. Alors j’ai fais ce que beaucoup de parents d’enfants autistes sont obligés de faire: demander des devis à des professionnels qui ne suivrons pas forcément l’enfant, et donc, avec des tarifs approximatifs (même si on est toujours dans la même tranche à 10€ près en IDF).

 

 

 

 

 

 

 

 

Récemment, après un courrier de ma chère MDPH accusant réception du dossier de Samuel,
je commence vraiment à me demander s’ils ne se font pas des compets d’avions en papier avec le contenu des dossiers

 

 

Il m’était demandé dans le courrier de fournir le Gevasco, un document qui doit être rédigé notamment par l’enseignante de mon fils. Non scolarisé. Ce qui est noté dans le dossier. Une belle grosse case à cocher, et répété dans le projet de vie.

 

Ah désolé, j’avais pas vu qu’il n’était pas scolarisé
Ne tenez pas compte du courrier.

 

 

 

Bon c’est soit de l’incompétence, soit du je m’enfoutisme, soit ils sont aussi bienveillants que ça:

 

 

 

 

 

 

Seconde partie: le reclassement professionnel et les emplois fictifs de Cap Emploi

 

 

 

Ma RQTH (reconnaissance de travailleur handicapé) en main, je me suis tournée vers Cap Emploi,
l’organisme dédié à l’insertion et au maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap.

 

 

J’ai envoyé, pendant le confinement, des mails à l’adresse indiquée sur leur site internet, laissé des messages sur un répondeur qui nous orientait vers les mêmes jolies adresses mails que sur leur site, et m’invitait à aller sur X site pour compléter des questionnaires en vue d’un premier entretien. Promis juré, on fait quand même un peu de télétravail qu’ils clament sur leur répondeur.

 

 

 

Un jour, lasse de faire comme ma sœur Anne et de rien voir venir après de plusieurs mois,
et un déconfinement ayant bien avancé,
j’ai décidé de contacter leur siège.

 

 

 

 

 

 

La personne m’informe que leur antenne à côté de chez moi était “”temporairement“” fermée (4 bons mois après, elle est toujours fermée), mais qu’ils avaient bien reçu mes mails, mais … on avait oublié de me répondre. Soit. Errare humanum est. Elle me demande de renvoyer un formulaire ma foi bien fichu pour préciser ma demande.

 

Claudine (les prénoms ont été changés pour des raisons d’anonymat) me dit qu’elle va transférer mon dossier au pôle maintien de Cap Emploi Paris. Je fais remarquer à Claudine que je ne souhaite pas continuer à travailler à Paris, que je préfère rester dans mon département de banlieue en raison de mes problèmes de fatigabilité, et je lâche quelques mots sur ma situation familiale compliquée. Pas trop non plus hein. J’ai fait sciences pipo, et j’ai été formée à travailler dans l’administration, ce qui revient à dire que j’ai un master en entourloupes de tout genre, de noyage de poisson, et de refourgage dans la tronche de petits détails. Tout ce que je dis pourra être retenu contre moi, et que donc je fais valoir mon droit à garder le silence.
Claudine me répond que administrativement, elle ne peut pas gérer les cas des personnes qui ne travaillent pas dans mon département de résidence. J’avais oublié l’étanchéité de chaque service administratif, et là c’est tout de suite moins drôle de les voir nager en s’agitant dans tous les sens dans leur petit aquarium.

 

 

 

 

 

Janine, sa collègue de Cap Emploi 75 me dit qu’il faut absolument qu’on fasse le point de vive voix
Obligatoire, on ne peut pas le faire par mail
A moins qu’elle n’ait peur que je m’appelle Jean-Michel et que je tente de frauder, je ne vois pas trop l’intérêt

 

 

 

 

 

Nous perdons donc une semaine pour programmer un échange qui aurait très bien pu se faire par mail. L’appel dure exactement 3 minutes 22. Plot Twist: en fait Janine, elle ne travaille pas pour Cap Emploi 75, elle ne fait que vérifier les dossiers avant de les refiler à Cap Emploi 75. Elle me demande si j’ai bien compris le principe: ils aident à rester dans l’emploi, proposent des formations, et contactent aussi l’employeur pour tenter de trouver des solutions. J’opine du chef, même si Janine a du mal à le voir. Ok super WorkingMutti, c’est tout pour moi, je passe votre dossier à mes collègues. En gros, elle m’a lu la fiche que je lui avais écrite. Elle m’a sorti un topo que n’importe quel agent de Cap Emploi aurait pu me sortir, ou alors écrire dans un fucking pdf. Je ne vois pas trop à quoi elle sert Janine en fait à part me faire perdre mon temps. Serait-elle mêlée à une sombre affaire d’emploi fictif ou de détournement d’agent public ? Ou alors juste un agent qui a été promu en tant que chef d’un service dont il est l’unique employé. Vu que maintenant on ne peut plus reclasser les gens aux archives, faut bien trouver des solutions ma petite dame !

 

 

 

Micheline de Cap Emploi 75 prend ensuite contact avec moi.

 

Elle me débite le même speech que Janine et relit ma fiche en direct. Cela renforce mes soupçons sur la double vie que doit mener Janine pour ne servir autant à rien dans cette affaire. Après cette énième relecture où je dois encore expliquer des choses écrites noir sur blanc et déjà vues avec Fantomette-Janine, elle me dit qu’elle va pouvoir accompagner mon employeur et moi-même afin d’adapter mon poste existant à mes pathologies.

 

 

 

 

 

 

WTF ????
Tu viens de lire ma fiche il y a 2 secondes où je marque: je souhaite un reclassement ?
Tu t’es mis au skype apéro pluri-quotidien depuis le confinement (on the rocks, sans skype) ?

“Ah, ben dans ce cas-là, je ne peux rien pour vous, il faut prendre contact avec la médecine du travail
Je vais vous donner les coordonnées du médecin en charge des agents de votre service”

 

 

Là je suis partagée. J’ai envie de me mettre en position fœtale dans ma douche, en me balançant, vouant désormais mon allégeance à Satan, ou d’aller à Paris à pieds pour la secouer au point de foutre la honte à l’énergie dégagée par une ola dans un stade le soir de finale de coupe du monde. Bon, Errare humanum est, mais là perseverare diabolicum.

Après 2 relances par mail, elle finit par abouler le nom du médecin du travail. L’adresse mail est invalide. Je lui transfère donc l’e-mail d’erreur. Micheline n’en démord pas, c’est bien la bonne adresse mail, et le bon médecin. Je pense maintenant à me mettre à l’art du Vaudou et à la conversion de mes vieux rideaux moches en poupée. Et moi qui croyais être incompétente, j’ai un petit boost d’égo.

Je joins le secrétariat de la médecine du travail de mon ministère. On me répond que le médecin dont m’a parlé Micheline n’exerce pas du tout là bas. Même qu’elle n’en a jamais entendu parler du gars la dame de la médecin du travail. Nope. Je dois me coltiner la médecin du travail sortie tout droit de Mad Men. Celle, que j’ai déjà vu et dont je ne peux pas changer, dont la préconisation officielle était que je prenne un congé parental de 3 ans payé 80% de mon salaire (parce que ça existe) qui s’élève à 2 600€ et qui est donc tout petit, de garder les enfants des voisins au noir pour faire face à notre “petit” effort mensuel de 600€, d’acheter des bons légumes sur le marché pour mes enfants, et surtout de renoncer à mon allégeance au végétarisme. Je vais acheter des aiguilles pour aller avec ma poupée.

 

 

 

Mon projet de reconversion a donc changé.
Aujourd’hui, je suis à la recherche d’un stage chez un marabou, la démolition, ou chez un maître Sith.

8 Comments

  1. Je pense qu’il est grand temps de lister les mdph compétentes et bienveillantes ou de se mettre à la magie noire…. les bras m’en tombent…. comment traiter une famille avec 5 aspergers (ça fait très avengers). C’est scandaleux mais hélas… soupir…. bref…. tu dis tout ça avec beaucoup d’humour mais dans les faits, déjà que tu dois être juste épuisée, alors gaspiller ne serait-ce qu’un millième de ce sesame qui te fait tenir c’est juste insupportable…
    Un congé parental payé à 80%?! Quel est ce filon dont j’ignore le nom?!

  2. Sur les 2 sujets je partage ton point de vue jeanpierrecoffesque, à savoir “quelle m….!”
    Non mais enfin ! C’est juste ignoble de traiter les gens ainsi. Et je ne sais pas où passent nos impôts mais visiblement pas dans la formation de personnels compétents dans ces corps de l’administration …

  3. Bonjour,

    Je viens de lire votre article sur le HuffingtonPost. Ayant eu une expérience professionnelle dans le secteur du privé et poursuivant actuellement ma carrière dans le public, je souhaite apporter quelques éclaircissements à certains de vos propos qui sont dans l’ensemble, hélas, exacts. En ayant parcouru très rapidement votre blog, j’ai cru comprendre que vous connaissez déjà l’administration. Ce que je vais écrire concerne donc plutôt les autres lectrices et lecteurs de votre blog.

    Le management dans le secteur public est très compliqué, bien plus que dans le privé. En effet, l’encadrant dispose de peu de moyens de motivation envers ses collaborateurs et collaboratrices. Soyons honnête, la principale source de motivation est le salaire (on appelle cela le traitement dans la fonction publique), ce qui vous permet accessoirement de manger, de vous loger, de vous vêtir et avec un peu de chance de dépenser le reste en loisir. Cet axe de motivation est totalement verrouillé par les grilles (l’ancienneté) et les primes sont en général ridicules pour les agents en bas de l’échelle et ne peuvent pas être individualisées en fonction de la compétence professionnelle de la personne. Les primes dépendent des missions de l’agent. En clair, tous les agents qui font le même métier seront payés à l’identique au niveau des primes et seul leur ancienneté va faire varier le salaire. Que vous soyez un excellent agent ou un agent médiocre ne changera rien sur votre salaire.

    Par ailleurs, le point d’indice de la fonction publique n’est quasiment plus revalorisé. Le salaire de base des fonctionnaires augmente depuis 15 ans moins vite que l’inflation. Il y avait un article sur le site Le Monde qui mettait cela en perspective au niveau du salaire des professeurs. D’ailleurs, les agents de base (catégorie C) de la fonction publique sont payés en dessous du salaire minimum en début de carrière, l’Etat est dans l’obligation de compenser cette perte. Cela laisse rêveur en terme de motivation.

    En parallèle, depuis une vingtaine d’année, l’âge d’or des fonctionnaires est révolu. Si mes anciens collègues qui sont très proches de la retraite ont, pour la plupart, connu un seul employeur (une seule mairie, un seul ministère…) et ont réussi à monter les échelons sans concours (promotion interne), ce n’est plus du tout la même musique pour les nouveaux arrivants.

    Ajoutez à cela que la masse salariale est souvent l’un des premiers postes budgétaires qui est impacté par les économies nécessaires et vous vous retrouvez avec des services qui ne remplacent plus les départs en retraite (ou un sur deux), qui ne prennent plus de contractuels lorsqu’il y a des longues maladies ou un congé parental pour remplacer les collègues. La charge de travail augmente donc sur les agents qui restent sans hausse de salaire. On sent bien que cette tendance à « dégrossir » le mammouth est bien lancée.

    Cela s’en ressent pour les administrés de deux manières différentes : soit le service n’est plus un service public soit le service est de moins bonne qualité. Dans le premier cas, l’exemple le plus concret qui me vient à l’esprit concerne les cartes grises. Toutes mes connaissances sont passées par une entreprise privées pour faire le changement de carte grise (en payant, évidemment) car les services de la Préfecture ne suivent plus, pas assez de personnel et leur site internet est une catastrophe. Avant, c’était gratuit. Cela rejoint l’exemple du dépistage de l’autisme Asperger que vous évoquez dans un autre article, 4 ans pour avoir un diagnostic de posé dans une structure publique et quelques semaines dans le privé (mais au prix de 600 €). Dans le second cas, les agents ne pouvant pas faire des journées de travail de 20 heures, les réponses deviennent automatisées et les dossiers particuliers qui demandent de se pencher dessus en prenant plus de temps sont bâclés. Au passage, la fameuse dématérialisation et l’informatisation ne permet pas de gagner autant de postes qui ne sont pas remplacés (les départs en retraite) ou supprimés (les contractuels). En outre, cela sous-entend que les individus sont capables de s’approprier de nouvelles manières de travailler et pour certaines personnes de 60 ans, l’informatique est du chinois.

    Enfin, les administrations ont l’obligation de reclasser le personnel, ce qui n’est pas le cas pour le privé. Lorsqu’un agent ne peut plus exercer ses missions, souvent à cause d’un problème physique, l’employeur public est tenu de retrouver un autre poste à l’agent. Les reclassements se font toujours dans les services administratifs car tout le monde pense que c’est facile, ce qui n’est plus le cas depuis de nombreuses années. En effet, les nombreuses règles ajoutées comme les marchés publics et l’informatisation demandent d’avoir des connaissances spécifiques. C’est fini le temps de la machine à écrire et du boulier. Même en étant sur un poste administratif, il faut savoir se servir de moult logiciels parfois complexes. En général, les personnes reclassées n’apprécient pas le travail administratif. Dans une de mes précédentes collectivités territoriales, un agent qui travaillait dans les réseaux d’assainissement s’est bousillé le dos en soulevant les plaques d’égout. Résultat des courses, inaptitude pour son travail et reclassement en tant qu’agent d’accueil. Il va sans dire que ce nouveau travail ne lui plaisait pas et même avec les formations, il était incapable de transférer correctement un appel téléphonique. Vous en conviendrez, cela donne une mauvaise image de la collectivité car le premier contact de l’administré est souvent l’accueil.

    Maintenant, vous mélangez tout cela et vous pouvez avoir dans certains services ou certaines structures (comme les MDPH), de gros problèmes d’efficacité. Une structure en sous-effectif, avec des agents mal payés qui doivent travailler plus et qui, pour certains, n’ont pas choisi leur poste, ne va pas être optimale. Loin de moi l’idée d’amoindrir les dysfonctionnements des MDPH, qui sont réels et qui sont extrêmement préjudiciables pour les administrés, mais la personne que vous avez eu au bout du fil est peut-être en burn-out pour toutes les raisons évoquées plus hauts. D’ailleurs, dans le privé, parfois, ce n’est pas mieux, Orange a mis presque deux mois à réparer la fibre (elle avait été cassée en dehors de mon domicile et 5 techniciens sont venus dont 3 ont fait exactement la même chose, à savoir rien).

    D’un autre côté, comme partout, on tombe sur des bras cassés qui mettent de la mauvaise volonté, qui refusent les formations ou qui y vont les mains dans les poches et qui peuvent désorganiser un service entier à eux seul. Comme il est extrêmement difficile de se débarrasser d’un collaborateur dans la fonction publique, ce dernier va avoir un pouvoir de nuisance sur du très long terme.

    Je vais être pessimiste mais la qualité de la fonction publique va encore se dégrader. Nous sommes de plus en plus nombreux en France en tant que citoyens et l’Etat souhaite de moins en moins de fonctionnaires. On vient de s’en apercevoir avec le personnel soignant mais c’est le même principe partout. En outre, les citoyens sont de plus en plus demandeurs de services publics. On exige que nos enfants soient gardés après l’école, pour pas cher si possible, on exige que nos enfants puissent partir en centre de vacances, toujours pour pas cher. On exige que nos personnes âgées soient placées dans des établissements respectueux de leur bien-être, pour pas cher évidemment, car nous ne voulons pas, ou ne pouvons pas nous en occuper. Avant, avec les familles de 6 enfants, il était plus facile de s’occuper des parents à tour de rôle qui vivaient moins vieux, aujourd’hui, quand on est deux enfants, c’est très compliqué d’accueillir les parents chez soi ou d’aller les voir tous les jours pour peu que l’on habite à côté.

    La société a évolué, elle est devenue nettement plus individualiste et on attend que la société puisse répondre à nos besoins mais en payant moins d’impôts (que ce soit les impôts direct comme l’impôt sur le revenu ou les impôts indirects comme la TVA). Il y a donc une incohérence, on en veut plus, mais en donnant moins, c’est insoluble. Si les citoyens souhaitent avoir un service public de qualité, qui réponde à leurs attentes rapidement et efficacement, il faut non seulement moderniser les règles de la fonction publique (le salaire est fonction de qualité professionnelle de la personne par exemple) mais aussi y mettre les moyens financiers et humains. Si les individus souhaite payer moins d’impôt, on abandonne certains aspects du domaine public et cela passe dans le domaine concurrentiel (comme l’école par exemple). En l’état, ce qui vous avez vécu avec la MDPH va se généraliser très rapidement. Il faut bien évidemment soulever les dysfonctionnements que vous avez vécus pour y remédier car ce n’est pas respectueux envers les citoyens de leur donner une réponse plusieurs mois après leur demande et il faut le dire (ou l’écrire en l’occurrence) pour une prise de conscience.

    Bien cordialement,

    1. Un fonctionnaire lambda- Super comm! Si proche de ce que je commençais à voir qd j’ai quitté l’administration il y a 15 ans (j’etais responsable de service à la DRH). J’adorais mon boulot et la Maire pour qui je bossais mais commençais à voir les changements. Sans compter que le côté “politique” est aussi à prendre en considération et ça n’est pas toujours simple.

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