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Préparer les aînés à l’arrivée de la petite sœur pendant la grossesse

Si ce n’est pas ton premier enfant, tes pensées ne sont pas uniquement centrées sur ce petit être qui grandi dans ton bidon. Naan. Fini le temps béni où toutes tes angoisses tout ton attention se concentraient sur ta grossesse. Maintenant tu penses aussi à la manière dont les aînés vont vivre cette naissance. Chez nous, les choses se sont un peu faites à l’arrache je t’avoue. Le mot d’ordre de ce billet: on a un peu gadouillé, on a trouvé des trucs pas trop mal, mais on a aussi fait des petites erreurs. Petit résumé de notre plan d’attaque et (tentative d’) auto-critique constructive (et aucun sponsoring sur les bouquins présentés).

 

J’ai souvent lu que les enfants savaient instinctivement qu’il se passait quelque chose, que maman attendait un bébé

…..

Point de ça chez nous
Soit ils savent aussi bien décrypter le langage non verbal de que Sheldon Cooper
Soit ils en avaient absolument rien à braire

 

Du coup ben on a du se taper l’annonce complètement à froid
On avait PAS DU TOUT la pression quoi

 

 

 

 

 

L’important pour nous était de ne pas en faire un grand moment solennel.

 

On voulait que cette annonce se fasse de manière naturelle, genre “Vous allez avoir une petite sœur en été. Et sinon demain matin, pain au chocolat ou croissant ?“. Bien sur, on leur laisse un temps pour répondre à leurs questions, mais je crois savoir qu’elles viennent en général un peu après, quand le cerveau de ton lardon a eu le temps de faire un peu grincer les rouages.

Du coup, l’annonce s’est faite dans la voiture, sur le chemin de retour de l’école. Je sais, ça te fait pas rêver, c’est un peu moyen comme moment. Mais, pour notre défense, c’est un peu le seul moment où on peut les avoir en rang d’ognon dans possibilité de fuir à l’autre bout de la pièce pour aller chopper un jouet.

 

 

 

Aucune réaction pendant plusieurs jours
de la part des intéressés

 

 

 

 

Je me suis même demandée s’ils avaient cru que c’était la blagounette de maman. Avec son sens de l’humour pourri, l’ancienne elle aurait vite fait de dérailler. Pis si elle a fait une crise d’épilepsie avant, ce serait pas la première carabistouille monumentale qu’elle nous raconte la vieille ..

 

 

 

 

En fait, pour mes jumeaux de 3 ans,
la chose a été progressivement intégrée dans la joie et la bonne humeur

 

Bon ok, pour eux c’est du déjà-vu étant donné que Samuel était déjà venu agrandir la famille,
mais crotte, un brin d’émotions tout de même !

 

 

 

 

 

Ils sont déjà tellement habitués à partager papa/maman entre frères, qu’un de plus, un de moins …

 

 

 

Moi j’attendais avec angoisse le fameux package agrandissement de la famille
les questions presque impossibles, le grand moment de l’explication de comment on fait un bébé

La fameuse régression avec le retour des pipis intempestifs en journée
J’ai pu rapidement souffler

 

 

Ma logique de maman m’a toutefois soufflé que ce n’est pas parce que la plaine a l’air verte et paisible que le terrain en dessous n’est pas miné. Même si la nouvelle ne semblait pas faire de vagues, mieux valait assurer le coup en préparer 5 gilets de sauvetage par tête blonde.

 

 

Je ne savais pas vraiment comment aborder la chose pour leur expliquer les choses dans des termes simples et compréhensibles
Avec mes talents oratoires de base, tu te devrais t’en douter
Je me suis donc dit que ce serait cool de trouver quelqu’un pour leur expliquer mieux que moi
Un quelqu’un avec des pages et des images que maman pourrait repomper en se prenant les lauriers de les avoir préparés 

 

 

Je me suis donc tout d’abord tournée vers mon traditionnel allié: Tchoupi.

 

 

J’ai commencé par un livre traitant de la grossesse en elle-même:  Tchoupi bientôt grand frère

 

 

 

 

Comme la plupart des Tchoupi, je l’ai trouvé très bien fait. Il est concis, il aborde les grands traits pas trop sympas de cette période de la grossesse du point de vue d’un jeune enfant: maman fatiguée, l’attente du bébé interminable pour un enfant de cet âge, le fait de devoir être gardé pendant l’accouchement et de ne pas avoir papa et maman dans ce moment charnière pour lui aussi. Petit plus: le ventre de maman grandit au fil des pages et on ne commence pas avec maman version bibendum. La longueur du livre est aussi particulièrement adaptée à un enfant de 2/3 ans je trouve.

 

 

 

 

 

 

 

Après l’échographie du 2e trimestre, j’ai acheté “Tchoupi a une petite sœur”
histoire de parler plus en détails de l’arrivée de bébé en elle-même

 

 

 

 

 

Pour nous c’était nickel étant donné que nous n’avons que des garçons, et que nous attendons une petite fille pour l’été comme c’est le cas dans le livre. Même pas besoin de trop expliquer et modifier l’histoire décrite pour faciliter l’identification, OKLM. Le livre est là encore assez concis … peut être même un peu trop d’ailleurs. Il aborde quelques thématiques: le retour de la maternité, les pleurs, le long temps de sommeil des nouveaux-nés (lolilol, saymal de mentir à une innocente tête blonde), la priorité pour les parents de calmer leur nourrisson version alarme volumétrique quitte à faire patienter un peu le plus grand pour le goûter tout en gardant un temps privilégié avec lui par la suite. Mais je suppose que pour un enfant de cet âge il est difficile de rentrer dans plus de détails sans très vite l’ennuyer. Imaginer le futur un peu lointain est déjà assez compliqué à cet âge, le décrire en détails c’est peut-être viser un peu haut niveau capacités de concentration.

 

 

 

Ceci est un mensonge

 

 

 

 

Je restais néanmoins sur ma faim.
J’avais envie d’aborder les choses plus en profondeur.
On parle assez peu des sentiments de l’enfant notamment

 

 

Sur les conseils des meilleures ventes Amazon, je me suis donc également procurée “Une petite sœur ça sert à quoi ?”

 

 

 

 

Ce livre est déjà plus détaillé et donc plus long. Il aborde avec plus de détails la plupart des situations frustrantes du quotidien de la vie avec un nouveau-né pour un jeune enfant. Une petite sœur, certes c’est bien chiantos, mais bon à la fin on se rend compte qu’on ressent des trucs bidules sympas pour elle, et puis que ça nous fait devenir grand aussi. Level up grand frère, nouvelles compétences acquises: +5 social, +3 patience.

Malheureusement, mes fils n’ont pas accroché des masses. Je pense qu’il convient plus à des enfants un peu plus âgés (4/5 ans) étant donné qu’il y’a plus de texte par double page. Pour accrocher leur attention jusqu’à la fin, j’ai résumé on the fly le texte de chaque page. Mais dans ce cas, ils sont bien intéressés.

 

 

 

 

Au fil des lectures, des discussions, d’assez peu de questions au final,
la petite sœur avait déjà trouvé sa place dans la famille

 

 

Yoann et Isaac ont commencé à faire des bisous au ventre, à dire bonjour et bonne nuit à la petite sœur tous les jours. Ils sont très impatients de la voir arriver. Ils l’appellent par son prénom … enfin leur version de la dénomination des choses. Ils m’appellent “maman *mon vrai prénom*” alors qu’ils n’appellent personne d’autre maman. J’ai arrêté de chercher.

Leur donner ma DPA est beaucoup trop vague pour des enfants qui ont à peine la notion du temps dans la journée. Alors je leur ai dit que la petite sœur va venir quand il fera très chaud dehors et que ce sera bientôt les vacances d’été.

 

 

Bref, je pense qu’on s’est pas mal débrouillés niveau préparation des aînés
Toi aussi, admire notre maîtrise de l’exercice et la perfectitude de nos enfants

 

 

 

 

 

 

Samuel avait quant à lui 14 mois lors de cette annonce.
Je ne suis pas sure qu’il a vraiment compris de quoi il en retournait sur le coup.

Et je pense que c’est là qu’on s’est bien pris une gamelle …
On lui en a assez peu parlé au final en se disant que de toute manière tout cela était bien trop vague
pour qu’il puisse en avoir quelque chose à carrer

 

 

 

On lui en a parlé une ou deux fois au début, on lui a expliqué qu’il y avait une petite sœur dans le ventre de maman. Mais le bougre n’en avait que faire et continuait son jeu préféré: bavouiller comme une fontaine sur sa tétine, l’enfourner sans ménagement dans la bouche de sa mère/son père en riant aux éclats, et recommencer l’opération jusqu’à épuisement des stocks de bavouille.

Mais lorsque mon ventre s’est arrondi, je pense qu’il a commencé à comprendre qu’il allait perdre
sa place de petit-dernier-bébé-à-sa-maman-le-seul-tout-seul-de-la-famille.

 

Il n’a pas misé sur la traditionnelle régression pour montrer qui c’est le bébé ici
Non.
Il a été plus rusé que ça.

 

 

 

 

 

 

Pour attirer notre attention sur la nécessité de laisser la réponse à ses besoins au top de notre to-do list,
il a décidé que marcher c’était surfait.

 

 

Les mois passent, aucun pas seul et volontaire. On arrive au seuil des 18 mois, celui après lequel notre pédiatre nous a dit de venir lui faire une petite visite de courtoisie “pour vérifier que tout va bien” (sous entendu, ce n’est peut-être pas le cas). Samuel accepte sans problème de marcher sur plusieurs centaines de mètres s’il tient l’un de nous par le bout du doigt. Il est même demandeur de quitter sa poussette pour les tout petits trajets. On lec voit parfois esquisser des pas dès lors qu’on ne le regarde pas. Surtout chez son assistante maternelle en fait.

Et enfin, une loupiote s’allume sur la décoration ronde qui trône au dessus de mon cou: peut-être qu’il ne veut pas marcher car il a peur de perdre sa place privilégiée. Je devrais essayer de le rassurer de manière claire et officielle.

 

 

 

Devinez-quoi ?

Deux séances de réassurances plus tard, Samuel marchait comme un grand.
Et là, je me suis sentie vraiment mal de l’avoir laissé dans la peur pendant des mois

 

On lui avait pourtant expliqué les choses, qu’il allait être grand frère comme Isaac et Yoann l’étaient pour lui. Je lui ai dit quelques fois qu’il allait avoir autant d’amour de papa et maman. Mais je pense que je n’ai pas assez engagé d’actions au long cours avec lui. Il est parfaitement capable de se faire comprendre, et j’aurais du vraiment avoir plus de discussions avec lui.

 

 

 

 

 

 

Par contre, notre dernier petit garçon a décidé ces dernières semaines que la première des priorités
lui était d’assurer son autonomie alimentaire

en mangeant tout seul et en refusant toute aide de la part d’un adulte 

 

On sait jamais, des fois qu’ils n’auraient plus le temps de me nourrir hein … Des belles joues/jambes dodues comme les miennes ça s’entretient pas tout seul !

 

Samuel sait donc aujourd’hui parfaitement jouer de la culière, et il mange sans presque se tâcher.

 

N’empêche, il est vraiment futé ce gosse

 

 

Au-delà de la préparation individuelle, nous avons voulu intégrer une grande part de collectif
dans ce stage préparatoire au début de saison
Nous avons abordé plusieurs points clé avec eux, qui a mon avis, répondent
aux inquiétudes des enfants quel que soit leur âge

 

 

 

 

 

 

Nous avons abordé le sujet du repos de maman, des douleurs parfois ressenties
(en fait surtout des douleurs exprimées devant eux, expression que j’ai toujours essayé de limiter au max bien sur)

 

 

Il était à la fois important et compliqué de leur expliquer que ce n’était pas la faute de la petite sœur, qu’elle ne voulait pas faire mal à maman. Je leur ai dit que la petite sœur avait besoin de grandir dans le ventre de maman, que cela allait prendre du temps. Un bébé ça fait lourd dans le ventre d’une maman, et le ventre de maman était déjà un peu abîmé avant. Du coup, elle avait un peu plus mal. Mais une fois que la petite soeur serait là, tout allait rentrer dans l’ordre.

 

 

 

 

J’ai aussi insisté sur le fait qu’ils avaient le droit de ne pas être jouasse à l’idée de l’arrivée d’une nouvelle joyeuse luronne

 

 

Après tout, on leur impose quelque chose un nouveau membre de la famille, bien chiant et bruyant, sans qu’ils n’aient jamais rien demandé. Peut-être même qu’eux n’en voulait pas. Ils ont le droit de râler, d’être en colère contre papa, de leur dire que c’est vraiment pas cool de leur part. C’est notre rôle de veiller à ce qu’ils ne sentent pas mis de côté, et ils doivent nous en parler s’ils sentent que c’est le cas. Nous sommes à leur écoute maintenant, comme après l’arrivée de la petite sœur.

 

 

 

J’ai joué la carte de la nostalgie in-utéro

 

Je leur ai expliqué que, eux aussi, avaient passés plusieurs mois dans le ventre de maman. J’ai senti qu’ils s’en fichaient bien plus que de leur première couche. Pour papa/maman, c’était un grand moment, pour eux, un truc oublié dans les abysses de leur inconscient.

 

 

 

 

Je n’ai pas fait de boite à grand frère

 

Je n’ai pas particulièrement accroché au concept tout simplement. Je ne voulais pas ajouter encore du solennel à ce moment. Je préfère insister auprès de notre entourage pour qu’ils soient eux aussi au centre de l’attention.

 

 

Je leur ai également fait un petit topo sur le fait que maman va devoir partir quelques jours
à la maternité et qu’elle ne sera pas à la maison.

 

 

Etant donné mon amour démesuré des séjours en structure de soins, je vais demander à sortir 48 heures après comme cela a été le cas après ma dernière césarienne. 4e bébé, 3e césarienne, bébé nourri au biberon, ça va, je gère les gars.

J’ai la chance d’accoucher dans une maternité qui prévoit un lit pour les papas qui souhaitent dormir la nuit à la maternité.

 

 

Et après … ben on va faire ce qu’on maîtrise le mieux depuis la naissance de nos deux premiers: improviser !

 

 

 

 

6 Comments

  1. Je vois que nos approches de la chose sont encore très similaires. Merci de m’avoir conseillé T’Choupi et inspirée sur la version “bébé arrivera quand ce sera les vacances et qu’il fera très chaud” (si l’été est aussi pourri que le mois de mai, on va avoir l’air malins, tiens). Pour le reste, tout comme vous: point de pataquès inutile, les mots simples sur les aspects “pas cool” du nouveau-né, on se refuse de lui vendre du rêve et qu’elle soit déçue. Alors oui, on la rassure sur notre amour pour elle qui ne changera pas, mais on ne la laisse pas envisager de jouer aux Legos avec Petit Frère dès le mois d’août. Pour le reste, j’accueille ses angoisses, réponds à ses questions et la laisse construire la relation qu’elle veut avec le bébé qui squatte mon ventre. Là on se heurte au problème des douleurs, de la fatigue, de mon incapacité à tout faire avec elle et lui expliquons posément les choses. Bon courage pour la suite.

    1. Le pire que j’ai vu (selon moi) c’est l’idée de préparer un cadeau pour les aînés en disant que c’est bébé qui leur offre. Ils vont être hyper déçus en voyant que bébé 1- N’en a pas grand chose à faire d’eux 2- Est physiquement incapable de leur faire un cadeau et de 3- Qu’on lui a menti la dessus alors sur quoi d’autre on lui a menti ?

      J’espère que tu sauras trouver les mots pour lui expliquer la fatigue et les douleurs en tout cas

  2. A peu près les mêmes différences d’âge entre nos N° 1 et 2 et notre 3ème en route. Une grande de 3 ans très intéressée qui en parle spontanément, pose beaucoup de questions pratiques et dit qu’elle a aussi un bébé dans son ventre. Un deuxième trop petit pour dire avec des mots mais qui ne nous semble pas manifester grand chose dans son comportement non plus. En tout cas pour le moment. On lui en a aussi sûrement moins parlé qu’à sa soeur à l’époque. Mais elle s’était beaucoup plus manifestée il faut dire.

    1. C’est sur que c’est pas facile de trouver les mots avec un petit de cet âge … Mais hier soir, on a lu Tchoupi tous ensemble, et il avait l’air bien intéressé par la question

  3. Je te recommande les livres de Jeanne Ashbé sur la question
    “Et dedans il y a”
    “Et après il y aura”
    Bon courage pour la dernière ligne droite avant l’arrivée d’Alienor !!
    Avec deux grands de presque 20 ans et 18 ans, je suis moi même enceinte de 5 mois (3e enfant à un âge canonique, on nous traite de fous, mais on s’en fout) …
    Amitiés
    Cecile

  4. Franchement j’ai tout de même l’impression que vous vous êtes plutôt bien débrouillés niveau préparation des ainés. Peut-être que Samuel aurait eu, de toute façon, besoin de ce temps à rester « bébé » pour se préparer à l’arrivée de sa soeur.
    J’aime bien aussi utiliser les livres comme support et outils pour préparer mon fils !

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