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Samuel, enfant du milieu, enfant malheureux ?

J’avoue que je n’y avais pas trop pensé en ce début de grossesse. J’étais beaucoup trop dans l’expectative. Et puis, paf j’ai réalisé que Samuel allait devenir un de ces fameux enfants du milieu. Ceux qui ne sont ni grands, ni petits. Ceux qui baignent dans un entre-deux et qui sont censés devenir des psychopathes en puissance en souffrir toute leur vie. Ça fait rêver hein ? Et puis, ensuite j’ai allumé mon cerveau, et je me suis dit que dans notre configuration familiale personnelle-à-nous, on devrait passer à côté de cet oracle cataclysmique.

Je te replace le contexte au cas où tu n’es pas (encore) un lecteur assidu de ce blog qui frôle le chef d’œuvre d’un grand maître:
nous sommes les heureux parents de jumeaux de 3 ans et quelques, de Samuel qui a 15 mois au moment de la rédaction de cet article, et bientôt d’Aliénor, si tout se passe bien.

 

 

Samuel se retrouvera donc en sandwich entre les jumeaux et la petite dernière

 

 

Je t’en ai déjà parlé à de nombreuses reprises, les jumeaux attirent vraiment beaucoup l’attention

 

 

Bien souvent, surtout lorsque tu as encore l’option poussette double tank, tu as l’impression qu’ils sont limite des attractions de foire. Certaines personnes que tu croises dans la rue ne se gênent même pas pour les embrasser. True story. ARGHHH les virus argghhh !!!

Bien malgré eux, ils seront toujours ceux qui attirerons le plus l’attention dans notre tribu.

 

Ma grande crainte a toujours été que Samuel se retrouve seul face à cette relation gémellaire particulière. Je le vois déjà un peu aujourd’hui. Il a besoin d’être avec ses frères, de les voir, de jouer avec eux, un peu plus qu’eux ont besoin d’être avec lui. Normal, la relation gémellaire est si particulière et forcément un peu exclusive. Oui, même chez les jumeaux dizygotes. Non je ne parle jamais de faux jumeaux car ils ont partagé le même utérus, sont nés le même jour, genre la définition des jumeaux quoi.

 

 

 

 

 

Et puis il y’a Aliénor qui devrait arriver si tout se passe bien dans 2 mois et demi
Et dès qu’on sort de nous 6, il semblerait qu’avoir une fille soit une espèce de graal qui fasse d’elle une sorte d’élue attendue de pied ferme

 

 

Je savais bien sur que bébé 4 aurait cette place un peu particulière de petit dernier. Mais je pensais que ce statut serait un peu atténué en raison du faible écart d’âge avec son frère (17 mois normalement).

De toute manière, j’étais persuadée d’attendre un autre garçon, de donner à Samuel un faux jumeau (oui pour moi c’est là un usage correct de cette expression), et par suite d’apporter l’équilibre dans la force. Mais il s’est avéré que non … en fait j’attends une petite fille. Là c’est la fin de tous mes plans.

 

Elle sera THE attraction de l’attention de chacun. Elle aura cette place de miracle étant donné ses chromosomes tant attendus. Belle-maman qui a eu trois garçons et trois petits fils. Mes parents sont dans le même trip de rose et de princesse. Lorsque j’ai annoncé le sexe de Samuel, né d’une PMA je le rappelle, la réaction de ma mère a été “ohh nonn !!! Pas encore !!”. Ouaip … Mais sinon il va bien hein ! Mais je vous rassure, à l’arrivée de tous mes enfants, les grands parents ont été dégoulinants sans soucis.

 

La pauvre Aliénor n’est même pas encore née qu’elle va se prendre dans la tronche une déferlante de rose, de paillettes et de princesse dans la tronche, et surtout une grosse pression des familles pour coller au cliché du genre féminin. Mais rassurez-vous, sa chère mère a eu droit à la même chose, et en guise de protestation, dès son plus jeune âge, elle a décidé d’utiliser le landau jouet les poupées pour organiser des rallyes autour du quartier. Chassez le naturel, il revient au galop avec la cavalerie en guest star façon Braveheart. 

 

 

Là tu vas me dire que c’est encore plus mal barré pour le petit Samuel
qui va se la jouer figurant dans notre petit théâtre de boulevard familial

 

Par là, tout derrière, au fond à droite

 

 

Sur papier oui.
Mais ce serait oublier les particularités de chacun de mes fils.

 

 

 Isaac possède cette personnalité exubérante, flamboyante, qui attire tous les regards
Il est passionné, colérique, charismatique

 

Il n’a pas vraiment besoin d’ouvrir la bouche, il a quelque chose dans son regard, dans sa manière d’être qui fait que c’est LUI qu’on remarque au premier coup d’œil. Et puis dès qu’il ouvre la bouche, le charme opère très souvent. Bref, le gars qui passe pas inaperçu en soirée.

Clairement, il ne passe pas inapperçu non plus lorsqu’il fait une colère dans le hall de l’immeuble, remarquable caisse de résonance par ailleurs, car je ne l’ai pas laissé fermer la porter entièrement seul, choix de la clé adéquate compris, alors qu’on a déjà 10 minutes de retard pour aller à l’école.

 

 

Son frère jumeau Yoann suit son frère comme son ombre, et reste la plupart du temps bien caché dans celle-ci

 

Il aime reste dans son coin, lire, créer, chanter.  Il est vraiment habile de ses 10 doigts et aide son frère dans certaines tâches nécessitant une bonne motricité fine.

On le sent clairement mal à l’aise dans un groupe. Il aime être le centre de l’attention d’une personne, avoir vraiment des interactions en tête-à-tête. C’est là qu’il se sent le plus à l’aise et que je le sens le plus heureux.

En tant que mère je m’inquiète pour cette mise en retrait, cette difficulté à s’imposer face à un jumeau à la présence écrasante. J’essaie de le stimuler, mais peut être qu’il n’aime tout simplement pas être sous les projecteurs ? Encore une fois, chassez le naturel tout ça tout ça.

 

Difficile à 15 mois de présager du caractère de Samuel, mais dans sa petite poussette, il attire autant le regard que son frère Isaac

 

A la crèche comme chez sa super assistante maternelle, il a hérité du surnom de bébé sourire. Il sait capter l’attention de ceux qui l’entourent sans même prononcer plus de trois syllabes ayant un sens dans le contexte. Et je me souviens avoir déjà assisté à ce petit jeu il y’a peu de temps chez son frère …

 

 

 

 

Et puis il y’a l’incroyable ressemblance physique de Samuel de Yoann

 

Un vrai copier-coller. Très honnêtement, dans quelques années je pense que sans la date de la photo, je confondrais facilement mes 2 fils. Étant donné qu’ils n’ont que deux ans d’écart, il fort probable que lorsqu’ils seront de jeunes adultes, des personnes peu informées pensent que ce sont eux les jumeaux, et des vrais pour le coup.

 

 

Enfin, nous allons évidemment élever notre fille comme nous avons élevé nos fils
Pas de traitement de faveur, pas de honteuse relégation à un rang subalterne

 

Nous protégerons également notre fille des injonctions sexistes de notre famille. Comme ses frères, je veux avant tout qu’elle soit libre de faire ce qu’elle veut, sans pression, et avec tout notre soutien.

 

 

 

Alors à bien y réfléchir, la place de chacun, les particularités de notre famille font que je ne pense que Samuel
se sente terriblement mal à sa place “d’enfant du milieu”

Il sera celui qui ressemblera à la fois à Isaac et à Yoann sur deux plans différents
Peut être qu’il sera plus proche de l’un, changeant un peu la donne de la relation gémellaire classique
Il ne sera pas celui qui est différent physiquement, ce rôle ingrat sera réservé à Isaac

Il remettra peut être un peu d’équilibre dans cette relation spécifique entre mes aînés, alimentée en partie par le regard extérieur qui
les voit comme une unité légèrement hermétique et indivisible

Il sera peut être très proche de sa sœur étant donné qu’on leur aura pas dit qu’ils seront fondamentalement différents



Du moins, je l’espère sincèrement.

20 Comments

  1. Hello!
    C’est adorable comment tu décris ta petite tribu. J’adore ton écriture! J’espère que ce sera une joyeuse fratrie 🙂 Olala moi aussi je rêve d’une famille nombreuse… et pas 3 (j’ai été celle du milieu, c’est obviously la pire place…..) donc plutôt 4 (mais à voir encore avec le papa haha)
    Belle fin de grossesse à toi
    Bise

  2. Je suis certaine que ton fils trouvera sa place dans cette nouvelle organisation familiale car comme tu le dis, chacun a ses particularités!
    Je vous souhaite plein de bonheur à l’arrivée de votre fille et ait confiance : le temps fait son oeuvre. Les enfants ont de la ressource ! Chacun va apprendre à composer avec ce nouveau schéma ! Et je suis certaine qu’ils sauront trouver tes bras en cas de coups durs… <3

  3. Je me pose un peu les mêmes questions pour ma cadette. Pas de jumeaux chez nous mais elle est entre un grand frère assez extraverti et qui aime bien attirer l’attention et une petite sœur dont on ne sait quel sera son développement à cause de sa maladie.
    Mais elle a sa propre personnalité, très empathique et tournée vers les autres. Elle a déjà son sens de l’humour bien à elle. Je me dis qu’elle trouvera sa place.
    Et puis, le principal, c’est que ton fils comme ma fille ont des parents sensibles à la situation et que c’est la meilleure chose pour être équilibré et heureux.

    1. Avec de tels atouts, je pense que chacun arrivera à trouver sa place. Il y’a l’air d’avoir une vraie dynamique entre les trois. Et effectivement, le rôle du parent est crucial la dedans !

  4. Tu n’as pas de soucis à te faire pour ton loulou, sa personnalité fera qu’il trouvera sa place dans la fratrie.
    Je ne dis pas que je ne me suis moi-même jamais posé la question à l’arrivée de Paupiette. Je me confiais d’ailleurs à ce sujet sur un de mes derniers articles.
    Je pense qu’il s’agit de questions que l’on se pose inévitablement à un moment ou un autre…

  5. Pas toujours évident de trouver sa place dans la fratrie, mais je suis sûre qu’avec du bon sens et de l’amour de la part des parents, chacun prend sa place et ne souffre de rien 😉 J’imagine que, comme dans toutes les fratries, il y aura des mécontentements ponctuels mais en général chacun a des doléances propres à sa place (hein je suis l’ainé c’est à moi de… la dernier je n’ai pas le droit de… celui de milieu j’ai jamais… etc) ce qui finalement met tout le monde sur un pied d’égalité ! J’ai tendance à penser dans tous les cas que c’est une chance d’être entouré de frères et sœurs et les enfants savent bien mieux s’adapter que les adultes, alors fais confiance à ton loulou pour s’approprier cette place à la perfection 😉

    1. C’est vrai que j’ai déjà entendu des expériences d’aînés pas très satisfaits (même lorsque l’aîné en question n’avait que 2 ans et demi de plus que son unique petit frère). C’est vrai que pour moi aussi être entourée de frères et sœurs c’est un atout non négligeable

  6. Dans ma fratrie, je suis la deuxième, suivie par des jumeaux hétérozygotes. La situation était un peu différente de celle de ta famille, notamment par ce que je suis la seule fille. Mais je n’ai jamais trouvée cette place particulièrement désagréable. D’ailleurs, je suis tombée des nues quand on m’a demandé ce que je pensais de la place de mon deuxième quand j’ai annoncé ma troisième grossesse. Je n’ai jamais pensé qu’une place était meilleure qu’une autre, elles ont toutes des avantages et des inconvénients et chaque enfant est différent… Je ne vois pas pourquoi Samuel se sentirait malheureux d’être entouré par ses frères et sœurs !

  7. Chez nous l’enfant du milieu est aussi un peu à part, mais sa personnalité fait beaucoup je pense. Et il nous apporte beaucoup, il a de l’humour, des idées incongrues mais qui nous font rire. Je pense qu’il faut l’encourager dans son “étrangeté légitime” (expression de René Char, pas de moi !). C’est une belle famille que vous avez en tous cas !

  8. Un patient a qui je demandais quelle était sa place dans la fratrie m’a répondu “j’étais le saucisson”.
    Je n’avais jamais entendu l’expression, le saucisson c’est l’enfant du milieu, celui qui est entre les tranches de pain !
    Je suis moi aussi un saucisson et finalement, c’est bien la garniture qui fait la saveur du sandwich !

  9. Je suis l’ainée d’une fratrie de 4 enfants donc les familles nombreuses ça me parle un peu… En revanche pas de jumeaux chez nous mais seulement 13 mois d’encart entre les deux derniers. Franchement je n’ai pas eu l’impression que l’un d’entre nous ait eu un « problème » avec sa place dans la fratrie, sauf peut-être moi qui était l’ainée (j’ai été 6 ans fille unique) et qui ai beaucoup souffert de ne pas avoir de temps privilégié avec ma mère. Mais les petits eux, jouaient beaucoup ensemble et n’ont presque que des bons souvenirs. Le plus important me parait être de s’adapter à ses enfants et j’ai l’impression que c’est ce que vous faîtes !

    1. C’est une de mes peurs, de ne pas me rendre compte que l’un de mes enfants a des besoins différents/plus important que les autres. J’ai encore plus peur étant donné que mes parents sont passés totalement à côté

  10. J’ai été l’enfant du milieu pendant 13 ans, avant que la naissance d’une petite sœur me relègue au rang de “deuxième”. Et je ne sais pas si mes parents ont fait quoi que ce soit pour ça mais j’ai adoré ma place. J’ai longtemps pensé que j’étais privilégiée et eu de la peine pour mes sœurs qui avaient ses rôles ingrats d’aînée et de benjamine.
    Vraiment, ce n’est qu’une fois enceinte de ma troisième que j’ai compris que les gens parlaient en négatif de cette place du milieu. Et j’ai toujours du mal à comprendre pourquoi. Moi j’ai trouvé génial de pouvoir jouer sur les deux tableaux, celui des grands et celui des petits.
    Pour le coup ça me fait bizarre avec mes quatre enfant, je trouve cela déséquilibré, sans personne au milieu !

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