Education / Ma vie de Working Mom

Se reconvertir pour passer plus de temps avec ses enfants ?

Je suis une working mom, et fière de l’être. J’ai choisi une voie intéressante et valorisée socialement, mais très très chronophage. J’ai choisi cette vie professionnelle alors que j’étais une pimpante jeune diplômée de Sciences Po. Mais aujourd’hui je suis une jeune maman fatiguée. Et je passe mon temps à truander sur les horaires pour voir un peu mes enfants. Mon boss est en train de cuire au court bouillon face à mes départs furtifs ninja. Le souci c’est que je déguste. Ma vie a changé, mes priorités ont changé. Est-ce que ma vie professionnelle doit elle aussi radicalement changer ?

Vous le savez, je suis juriste. Vous le savez, je suis fonctionnaire.

Je travaille à Paris et logiquement je suis soumis aux horaires parisiens, les sacro-saints 9h-18h,
même si je trouve ça totalement absurde (je vous en parle ici).
Et potentiellement, je devrais rester souvent plus tard le soir, et ce, de manière totalement inopinée et imprévisible.

 

Si je respectais ces horaires classiques, je partirais certes plus tard de chez moi (7h50) mais je pointerais ma trombine à la maison sur les coups de 20h. Impossible pour moi d’avoir une vie de famille dans ces conditions. Coucou Mr G, de guerre lasse tu as donné ton accord pour une famille nombreuse, maintenant, débrouilles toi avec la marmaille ! Moi je vais faire claquer mes escarpins Gémo dans de belles pièces en parquet ancien.

 

Donc je truande pour arriver plus tôt au boulot,
partir plus tôt sur la pointe des pieds
et invoquer mes impératifs familiaux à chaque”urgence”

 

Je ne peux jamais me pointer devant les portes de l’assistante maternelle
et maintenant de l’école ou du périscolaire.
Je ne verrais presque jamais mes enfants avec leur petit sac sur le dos

Je pense que c’est déjà un bon gros sacrifice
pour le confort du big boss
pour le service de l’État

Un sacrifice que d’ailleurs je ne supporte presque plus de faire
Qui me déchire véritablement

Aucun job ne vaut ce sacrifice.

 

 

Et puis comme un signe du destin:
mon boss a voulu avoir une discussion avec moi à propos
de mon rythme de travail et de mes horaires.

Il m’a dit que mes aménagements horaires étaient temporaires et devaient prendre fin lorsque j’aurai déménagé. Sauf que ce n’est pas le cas. Notre service travaille en support des autres. Nous sommes en première ligne lorsqu’il y’a un souci. Nous devons répondre très vite aux “urgences”. Le fait que je ne sois pas présente aux mêmes horaires que mes collègues font qu’une charge de travail plus importante est reportée sur eux. De même, mes absences imprévues posent les mêmes problèmes.

Mon aspiration a voir plus ma famille est légitime. Et ma santé se détériore.

Pour toutes ces raisons il serait peut être préférable que j’essaie de chercher un autre poste plus adapté.
Même si je peux bien sur rester sur ce poste aussi longtemps que je le souhaite #politiquementcorrect #pitiepaslessyndicats

Bon, moi qui voulais lui parler d’un 80% je peux aller me rhabiller. Je pense qu’il aurait fait des bonds à trouer le plafond.

 

Son job est de faire que le service roule et de protéger l’équipe dans son ensemble.
La, il était parfaitement dans son rôle.
C’est indéniable, sur le fond il a tout à fait raison.

 

Soit je reste et j’accepte de faire passer mon job avant tout,
soit je vogue vers l’inconnu avec la possibilité de trouver un meilleur équilibre.

 

Je ne suis plus celle que j’étais à 23 ans quand j’ai passé les concours. Je n’imaginais pas devenir maman de jumeaux 2 ans après. De voir ma perspective des choses être tellement chamboulée. Pour le moment, mes enfants me demandent de rester plus à la maison, plus longtemps. Ils me disent encore de ne pas aller au travail aujourd’hui. Mais un jour, mon absence serait tellement normale qu’ils vont arrêter de me demander. Je serai le parent qui n’était jamais là. Trop occupé ailleurs pour s’occuper d’eux.

 

 

J’irais même plus loin: ce job est loin de m’apporter de la joie et un sentiment d’utilité.

Je me balade souvent dans les beaux quartiers de Paris avec mon tailleur, mes pompes, et ma sacoche d’ordi portable.
Genre je suis la working girl dynamique.
Je me dis que j’ai réalisé mon rêve de petite fille coincée dans un bled paumé, que j’ai fais exactement ce que la société attendait de moi.

 

Mais au fond, je ne sais pas trop ce que je fais là.
Ma seule motivation pour me lever le matin et prendre le RER ? Payer les facture. 

 

J’ai fait du droit pour être utile à la société, pour changer le système, pour améliorer la vie des gens même modestement. Je considère que je détiens un certain savoir que j’ai acquis grâce à l’école publique, aux bourses,  et qu’il est donc de mon devoir de l’utiliser pour autre chose que mon profit personnel. Je ne me vois pas travailler pour rendre le monde encore plus pourri.

Mais là, je ne fais que brasser du papier toute la journée. Point d’idées trop révolutionnaire car on rit de vous. Même avec une impulsion politique forte, il est quasi impossible de faire bouger la bureaucratie. Il y’a du turn over oui. Un changement de personnes, mais jamais de changement de méthode. La créativité doit se limiter à la marge des solutions existantes.

 

Le constat est sans appel, pas de pourvoi en cassation possible:
je ne peux pas rester dans ce job sans y perdre ma santé mentale et très certainement ma vie de famille

 

Mais que faire d’autre ?

Il ne me sert à rien de postuler sur un job équivalent à Paris. Ce sera toujours les mêmes contraintes. Du fait de mon corps d’appartenance si je décide de repartir en banlieue j’aurais un poste de chef de service ou d’adjointe. Encore plus corvéable à merci.

 

 

 

En bonne working mom organisée (pléonasme), j’ai décidé de faire une liste de ce que j’attendais
et de hiérarchiser les critères de choix de mon futur job

J’ai changé de paradigme: je ne veux plus tant que ça servir l’Etat par dévouement, pas abnégation.
Je veux exercer une profession où je me rend utile car ça ME donne satisfaction, parce que c’est important pour MOI.

L’évidence: que ce job me permette de passer plus de temps avec ma famille.

Que je puisse, au moins une ou deux fois par semaine, aller chercher mes enfants à l’école. Dans l’idéal, que je puisse travailler à 80%.

 

Je n’attends pas que mon job soit, mis à part ma famille, ma seule source d’épanouissement.
L’écriture en est aussi une très importante.
Mais, je dois pouvoir tout de même trouver de la joie et du sens dans ce que je fais.

Et avoir des perspectives d’évolution professionnelle car un jour mes enfants seront grands et n’auront plus autant besoin de ma présence physique.

 

J’ai besoin d’avoir un job qui ait du sens, qui me permette d’être utile concrètement à la société

 

Cette reconversion ne doit pas me mener vers des métiers qui n’assurent pas un salaire stable et prévisible.

J’ai des charges et une famille et une marmite à faire bouillir. Dans le même esprit, il ne peut y avoir de perte financière: soit je garde un salaire équivalent, soit il y’a une baisse de salaire mais elle est compensée par la baisse d’une dépense comme celle des frais de garde par exemple.

 

Cette reconversion ne doit pas demander des études longues et poussées. Je n’ai ni le temps ni les moyens financiers pour ça

 

Je pourrais choisir de devenir avocate ou notaire installée à mon compte, mais on repassera pour les revenus stables. Exit le libéral et la création d’entreprise en général.

Mon vrai rêve serait de devenir médecin ou sage femme. Mais avec le temps que durent les études c’est impossible. Exit aussi.

Juge administratif ou juge judiciaire: oui, mais quid de mon lieu d’affectation ? Si je suis affectée à Cacouin sur-Magret au fin fond du Périgord , je ne suis pas plus avancée. Et qui me dit que j’aurai plus de temps libre au final ? Impossible.

 

Et puis une idée a germé dans ma tête: et si je devais prof des écoles ?

Je pourrais facilement concilier vie pro et vie perso. Voir mes enfants et préparer les cours/corriger les copies une fois les enfants couchés.

Je pourrais retrouver du sens à ce que je fais. J’ai des perspectives d’évolution professionnelles. Les affectations ne sont pas nationales donc je suis sure de retourner près de chez moi.

 

Et l’école c’est pour moi l’endroit le plus merveilleux du monde (je t’en parle notamment ici). Pour moi l’acquisition des connaissances c’est un besoin vital (j’en parle ici). Pouvoir les partager avec les autres est loin d’être la pire mission du monde. C’est plutôt la continuité de ce que je suis. Je me dis souvent que je n’aurais jamais du quitter l’école, que c’est un des rares univers où je me sens vraiment bien. Et si j’y retournais tout simplement ?

En outre, j’aime travailler avec des enfants. Beaucoup plus qu’avec des adultes d’ailleurs. Les enfants ont une logique qui peut s’expliquer en partie par leur stade de développement. Et j’aime ça. Les enfants ont moins de codes sociaux, ont des attendus plus clairs.

 

Pas d’angélisme, je sais que le métier est très dur.

Je bossais avec des personnes et des familles SDF, des familles dont les enfants ont été placés dans les foyers de l’enfance, des malades présentant des troubles psy assez flippants parfois. Je sais que des filles de 12 ans se prostituent dans certains collègues pour l’argent, parfois pour une réponse à un devoir maison. C’est cru, mais c’est la vérité. Je sais dans quoi je mets les pieds.

Dans cet article, je déplorais un peu le niveau de certaines écoles publiques. Au lieu de rester assises sur mes fesses à me dire “c’est cro injuste” pourquoi ne pas me bouger les fesses pour cette mission qui doit être l’une des plus importantes du pays. L’ignorance, un esprit critique jamais éveillé, et le manque de méthodes d’appréhension des grands enjeux actuels est un parfait terreau pour le pire. Je pense que je peux encaisser pas mal. Et il faut bien que quelqu’un mette les mains dans le cambouis sinon rien ne changera.

 

Tu vas me dire: oui mais tu vas perdre en salaire et tu as 3 bouches à nourrir (et donc 6 estomacs vu le volume de leurs assiettes)

 

Certes, on gagne pas mal notre vie si on prend en compte nos salaires. Mais avec tous les frais de garde, ben en fait on a le même train de vie que des gens aux revenus modestes. Pas de vacances hors grands parents, très peu de sorties, des courses calculées à l’euro près, des fins de mois où le découvert dépasse la limite autorisée. Je te rappelle que je payais 1 300€ de crèche. Avec les garderies et les périscolaires en tout genre on va raquer tout autant. Et on ne voit même pas nos enfants.

La perte de salaire n’est pas non plus énorme car la réglementation fait que je garde mon salaire de base. Seules primes changent.

Je suis la reine du tableur excel, crois moi j’ai fais le calcul avant. Organisation germanique tout ça tout ça. Comme disait Frau Pruno dans un de ses articles: “je ne suis pas riche en argent, mais je suis riche en temps“.

 

Alors j’y pense vraiment.
Je me renseigne tout l’après-midi. Et puis je vais checker mon fil Hello coton pour me changer les idées.
Et là je tombe sur CET article de Madame Bobette où elle nous confie vouloir se reconvertir … en tant que professeure des écoles !

 

Signe de l’univers ?

Coïncidence ?

Ou alors sa race de dose de poudre cosmique dans ta face ?

Ma décision est prise. J’espère juste que le jury sera d’accord avec moi.

 

J’ai décidé de discuter avec ma hiérarchie de mes soucis de santé, de mon envie de me reconvertir

Vous savez quelles réponses j’ai eu ?

Ce n’est peut être pas idéal, vous allez être encore plus fatiguée et ça retentir sur votre travail ici.

Prenez un congé formation. comme ça vous sortirez des effectifs. Vous perdez 800 € par mois ? Mais il faut savoir faire des efforts dans la vie !

Quoi un temps partiel ? Hors de question !  (Sauf que je pourrais très bien leur coller car il est de droit pour les parents d’un enfant de moins de 3 ans)

Ou alors trouvez un job ailleurs (comme ça on se débarrasse du problème)

Mais quand vous avez passé le concours vous ne vous êtes pas dit que ce n’était pas une bonne idée avec votre santé fragile ?

 

Ca me conforte dans mon constat:
Quelque soit les sacrifices que vous ferez, l’administration ne vous le rendra jamais
Vous n’êtes qu’un pion à éjecter de l’échiquier si vous n’êtes plus assez utile à la machine

 

Plus que jamais j’attends vos avis, vos opinions, vos retours !

Je vous laisse sur cette très belle citation de Victor Hugo: les maîtres d’école sont des jardiniers en intelligence humaine

66 Comments

  1. Déjà ton article me donne envie d hurler sur ton boss et son management à l ancienne!! Je serai toi je lui collerai le 80% et à lui de se débrouiller!
    Bon je te dis ça mais moi à 80% je fais en 4 jours le boulot d une semaine (donc pas de pause café, déjeuner en vitesse…) mais les mercredis avec mes enfants sont un pur bonheur! Honnêtement je te conseille déjà de passer par la.
    Je suis aussi étonnée qu en tant que fonctionnaire tu ne sois pas assujettie aux 35h.
    Et le teletravail un jour par semaine?

    Bref je travaille dans le privé et on peut arriver tôt et partir tôt (ou l’inverse), se mettre aux 4/5ème sans se prendre une tannée, faire du télétravail. Je ne comprend pas que l État ne montre pas l exemple dans ses murs sur la conciliation vie privée/vie pro!!!!

    Enfin je suis comme toi à chaque fois que je m imagine me reconvertir je pense à professeur des écoles. Mais j ai des exemples d amis ayant jetés l éponge donc je me dis que je suis pas si mal avec mon boulot.
    Mais tu as l air motivée et je te souhaite de réussir dans tout ce que tu entreprendras.

    1. J’ai le bonheur d’être à l’équivalent du forfait jour dans le privé en tant que catégorie A. Ils te filent juste quelques jours de RTT en plus pour “compenser”. RTT qu’on ne te laisse jamais prendre car on te regarde de travers si tu es trop souvent “absent”.
      J’ai déjà un jour de télétravail par semaine ouf ! Mais j’avoue que le reste est hyper fatiguant quand même … Le pire c’est que l’Etat se discerne des labels “bienveillance au travail” et “promotion de la diversité”. Apparemment ça ne concerne que les personnes sans enfants à charge et/ou qui peuvent se permettre de faire des heures pas possible

  2. J’ignore tout du métier de professeur des écoles mais il me semble que tu ne peux pas choisir où tu seras affectée (désolée si je suis complétement à l’ouest 🙈).
    Penses tu avoir le temps de te préparer aux examens avec ton emploi du temps actuel ?
    Ce peut être un changement salutaire pour ta famille. À toi de peser le pour et le contre.
    Tiens nous au courant de la suite des événements 🙂.

    1. Pour ce qui est des profs du secondaire, en effet les affectations sont nationales. Pour le premier degré tu choisis un académie puis un département. Après c’est un système de points. Dans les faits, tu ne choisis pas où tu vas. Mais avec mes points famille nombreuses + points dus à mes pathologies chroniques, ben j’ai beaucoup beaucoup de points ;=)

      1. Attention : tu choisis effectivement l’académie où passer le concours mais ton département de rattachement dépendra de ton classement au concours. Il faut en tenir compte surtout si tu le passes dans une grande académie !

        1. Effectivement, le choix du département me pose question. Je souhaiterais avoir un poste dans le département de l’Essonne ou vers Rambouillet. Mais j’hésite à le passer à Paris où je suis sure de rester dans la ville

  3. J’adhère à 100% à ton texte. C’est un questionnement que je vois beaucoup chez mes amis qui atteignent la quarantaine : A quoi bon ce don total de son temps, de son énergie, de sa disponibilité d’esprit, pour un boulot qui certes peut t’épanouir, mais sert surtout, comme tu le dis, à payer les factures ? Je crois que l’on a beaucoup oublié ce rôle primaire du travail. Et le discours qui prône l’épanouissement dans le travail comme source de bonheur oublie que de nombreuses personnes (éboueurs, hôtesses de caisse, personnel de ménage, travailleurs en usine etc… ) n’imaginent même pas pouvoir s’épanouir au travail. C’est en fait un discours de privilégiés, qui a la chance de faire une activité professionnelle enrichissante intellectuellement, mais c’est de très loin une minorité.
    Donc oui, en effet, arrive un âge où l’on se dit à quoi bon ? Ton boss ne te fera jamais de câlins, ne te dira jamais que tu es merveilleuse, ne te comblera jamais affectivement, et le temps passe, et on oublie ce qui a réellement de l’importance.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi. Une bonne partie des boulots sont purement alimentaires. J’observe même cette tendance parmi les cadres désabusés (dont je fais totalement partie). Tout est tourné vers la rentabilité et rares sont les structures qui ne deviennent pas des machines à broyer

  4. Fonce!! Jette toi dans les révisions (il y a quand même pas mal de boulot, j’ai eu cette prise de conscience cette nuit et ça m’a empêché de dormir ^^). Pas le temps de regretter. Le métier de professeurs des écoles n’est sûrement pas tout rose, bien au contraire mais je suis certaine que notre expérience précédente peut nous aider.
    Et puis n’hésite pas à venir parler en PV (mmebobette(at)outlook.fr) si tu veux papoter concours, qu’on se motive et s’entraide 😉

    1. Effectivement le programme est dense ! Je t’avais envoyé un mail via le formulaire de contact de ton blog, mais je ne sais pas si tu l’as reçu 😉

  5. Je te souhaite bonne chance pour cette future reconversion professionnelle. Comme je le disais sur le blog de Madame Bobette, je connais plusieurs personnes dans mon entourage amical qui c’est reconvertie dans l’éducation nationale pour devenir professeur des écoles. C’est un beau métier qui parfois n’est pas toujours évident (j’ai aussi des cas d’amis qui étaient profs dans le secondaire qui ont lâchés l’affaire pour ce métier mais là c’est beaucoup dû au fait qu’ils avaient à gérer des classes assez difficiles mais ça c’est une autre histoire). C’est vrai que l’administration publique n’est pas un modèle pour aider les cadres supérieurs à concilier vie professionnelle et vie de famille notamment pour les horaires, je le vois dans mon entreprise qui est semi publique. C’est vrai que pouvoir être avec ses enfants est important, à ce niveau, notre société n’est pas encore très au point. Je suis étonnée par la réaction de ton chef, ça se voit que c’est un homme. Par contre je rejoint ce qui a été dit plus haut, colle leur un 80% ça leur fera les pieds.

    1. En fait j’ai mis il pour préserver son anonymat, mais mon boss est une femme ;). Une jeune cadre dynamique avec des dents qui rayent le plancher et qui vit pour l’institution.

      Je pense que pour le 80% je vais leur mettre ça dans la tronche !

  6. Comme je te comprends! J’ai aussi eu toutes ces réflexions, surtout quand j’ai eu mon deuxième enfant. Par contre, j’ai annoncé la couleur à mon employeur: le soir je dois partir tôt (17h max) car je dois récupérer les enfants à l’école et chez la nounou, mon mari ne peut vraiment pas s’en charger. Par contre cela implique que je commence tôt (avant 8h), qu’en cas de forte activité je travaille le soir dès que les petits sont couchés ou même le week end pendant les siestes. Non mais est-ce une vie? On donne notre temps à des personnes que nous ne connaissons pas, on participe à enrichir une société pour qui on ne compte pas. On peut partir, cela ne changera rien pour eux. Alors depuis cet été, j’ai rangé ma “conscience professionnelle” au placard, et j’ai fait la demande d’un 80%. Mes managers ont accepté sans soucis. Cela va changer notre vie! Par contre Bye bye les primes, les augmentations et bonjour le double du boulot le reste du temps. Donc je réfléchi moi aussi à me reconvertir pour être freelance et gérer mon temps comme je le souhaite. En tout cas, je te souhaites d’avancer dans ta réflexion et tes projets. L’enfance passe trop vite et c’est maintenant qu’il faut en profiter. Je trouve juste regrettable que ce soit toujours aux mamans de faire un choix entre vie de famille et vie professionnelle, quoique pour certains papas la question se posent de plus en plus.

    1. Ca ne me dérangerait de partir aux aurores pour rentrer plus tot. Je suis du matin et c’est là que je travaille le mieux.

      Le soucis pour le 80% c’est que physiquement je ne peux pas gérer une charge de travail énorme. Je pense que ce serait crise sur crise. Mais je suis d’accord, ca change la vie je pense ..

  7. Etant du côté de la barrière que tu veux rejoindre, et voulant personnellement passer de l’autre côté, je te le dis: passer du temps avec ses enfants n’est pas un argument valable pour faire ce métier. La preuve, du temps, j’en ai, j’en ai eu, et malgré ça, malgré tout, je veux partir. C’est un métier ingrat, épuisant, sans reconnaissance, qui peut être aussi très très ennuyant intellectuellement, un métier dont tu ne décroches jamais. Côté affectations, désolée de jeter encore un pavé dans la mare, mais il te faudra naviguer de postes en postes les premières années, sur des postes fractionnés, (très) loin de chez toi. Alors, pèse bien le pour et le contre, recueille des témoignages, le temps et la priorité à la vie de famille ne peuvent être les seules raisons de rejoindre cette fonction.

    1. Tu soulèves de très bon arguments et je remercie de me donner ton retour de personne de l’autre côté :). Je n’ai pas la prétention de parler de l’ensemble des postes de fonctionnaires plus administratifs, mais mon job actuel est ingrat et épuisant. On se donne du mal pour réaliser des expertises juridiques, pour relancer 15 fois Pierre Paul Jacques et à la fin on reçoit un message “vous avez oublié une ligne dans notre tableau de 7 onglets de 50 colonnes chacun”.

      Pour ce qui est des affectations, j’ai une RQTH, il me semblait que les affectations étaient plus simples du fait des points “handicap”. Mais je peux me tromper ?

  8. Coucou,
    je me retrouve assez dans ton discours. Je sui sortie catégorie A il y a 2 ans avec beaucoup de motivation. Mes enfants sont plus importants que ma carrière pour l’instant. Et je sens un décalage avec les collègues, qui semblent privilégier la carrière. Pour moi, les petites choses telles que les chercher et accompagner à l’école, accompagner aux activités extra scolaires, j’en ai besoin. et caser ça dans un emploi du temps classique n’est pas possible. Donc je suis à 80% et un jour de télétravail. Résultat: autant de travail qu’un temps complet, et je n’arrive pas à m’investir totalement. et moins de pépétes…Pourtant, je suis dans un ministère bienveillant avec les parents, et je n’ai affronté aucune opposition à ce mode d’organisation. Mais le décalage est là.
    Le grand avantage dans la fonction publique c’est qu’on peut muter sur des poste variés. Cela ne nécessite pas forcément de repasser un concours et il existe d’autres métiers non enseignants. à ta dispo si tu veux échanger!

    1. Accompagner mes enfants à l’école c’est pour moi indispensable. Dans mes rêves je prendrais un 80% étalé sur tous les jours pour faire moins d’heures par jour. Mais dans lfaits, c’est une modalité qui est très rare ..

      Je suis même très intéressée pour échanger :). Je peux t’envoyer un mail ?

  9. Je dis oui à la reconversion ! (dans ton article, je sens que ta question est un peu rhétorique et qu’au fond de toi tu as l’air de savoir que c’est la bonne décision…)
    Par contre méfie-toi des affectations…Une copine s’est reconvertie pour les mêmes raisons que toi mais s’est retrouvée affectée dans la bonne région, mais à 2h de chez elle…Ils n’ont rien voulu savoir de sa situation (2 enfants en bas âge et un mari toujours en déplacement). Ça a duré deux ans et ils l’ont rapatriée juste à coté.
    Bon courage !

    1. Pour ce qui du premier degré je crois qu’on ne peut être affectée que dans l’académie où on a passé le concours je crois ?

      J’ai une reconnaissance travailleur handicapé, normalement je crois que ça rapporte pas mal de points et ça permet de rentrer près de chez soi (j’espère !). enfin là j’ai 1h30 de trajet donc ça peut difficilement être pire …

  10. J’y ai pensé aussi.
    Je me suis bien renseignée sur le concours, j’ai même emprunté des annales, etc…
    Je pense que le concours est jouable mais c’est beaucoup d’investissement personnel pour le préparer en plus de gérer sa famille, il faut une motivation et un soutien énormes cette année-là et les suivantes, quand on débute.
    Pour ce qui est des affectations, en région parisienne, ça m’a bien refroidie.
    Je suis à la croisée du 78 et du 91, deux départements très étendus : je pourrais facilement me retrouver avec plus d’1h de trajet, matin et soir (j’ai 20 min actuellement). Et dans des coins où les enfants ne seront pas forcément faciles à gérer. Et pour l’affectation, ça dépend du nombre de postes ouverts dans le département, même avec des points (qui dépendent aussi du résultat au concours), les premières années ça peut être tendu.
    Bref, j’ai trouvé un équilibre au bureau entre temps, donc pour l’instant je ne bouge pas. Mais c’est vrai que c’est tentant 🙂

    1. Je pense que nous sommes du même coin et donc que nous avons les mêmes problématiques. Actuellement j’ai 1h30 de trajet, et aucune perspective de pouvoir me rapprocher.

      Pour ce qui est de l’affectation, avec la reconnaissance travailleur handicapé, il me semble que tu as le droit à pas mal de points pour te rapprocher non ?

      1. Je te conseille de te rapprocher des syndicats pour avoir une réponse claire à cette question. Je n’oserais te répondre sans risquer de faire une bourde. Au SNUipp l’accueil est toujours bon, n’hésite pas à appeler la section de ton département. C’est effectivement un énorme critère à prendre en compte dans ton choix, sans quoi tes rêves de rapprochement et de temps voleront en éclats pour quelques années.

  11. hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii je me suis délectée de ton article. moi aussi je furte (ça se dit ça ?) sur hellocoton. Je me suis reconvertie l’année dernière, en tant que coach. pour aider les personnes qui ne sont pas bien dans leur job et qui ne savent pas si elle doivent se reconvertir ou pas, pour aider les mamans en congé parental à retourner au travail sereinement. bref. J’ai adoré le processus de ton article, tout est analysé réfléchi, tu ne laisses rien au hasard. Tu es lucide sur ce qui t’attends, car évidemment tout ne seras pas rose. mais là, je crois qu’il est clair que tu ne peux plus continuer comme ça, là bas. Sinon ton corps parlera et un matin tu resteras bloquée dans ton lit, comme une femme que j’ai accompagnée. (quand on fait taire son mental, un jour le corps se manifeste, et ça fait aïe !) bref, Tu sais ce que tu veux, et tu vas y arriver ! j’adore !

    1. Merci, j’espère que mon choix est bien éclairé sinon je risque fort de le regretter d’ici quelques temps. Effectivement, je n’ai plus du tout envie de rester derrière un bureau. Le matin je loupe presque toujours ma station de métro, acte manqué peut être 😉

  12. Fonce!
    Ici c’est mon mari qui s’est reconverti! Il a choisi de devenir enseignant, et de quitter son job d’ingé pour la qualité de vie. Mais c’était avant les enfants. En tout cas, 1 dans le privé l’autre prof, c’est top comme équilibre familial! Je t’envoie des camions d’ondes positives!

    1. J’ai vu que beaucoup d’ingé ont fait ce choix ;). La profession est très représentée dans les lauréats du concours interne, c’est fou ! Merci beaucoup pour tes encouragements !

  13. Je te souhaite tout le bonheur du monde dans ce nouveau projet et je comprends tout à fait ton besoin de te reconvertir… Professeur des écoles est un magnifique métier… Il te demandera de te replonger dans les études pendant un temps mais si tu es prête, et que tes proches te soutiennent, je suis sure que c’est possible ! La vie est trop courte pour avoir des regrets. Elle est trop courte pour se dire “j’aurais du faire ci ou ca”. Elle est trop courte pour que l’on soit malheureux. Si tu as envie de tenter, je te souhaite de tout coeur de réussir ! Pour toi. Pour ton bonheur ! Alors, haut les coeurs ! Et bon saut dans l’inconnu 😉

  14. Qu’est ce qui te fait penser que tu pourrais le regretter ? qu’est ce que tu pourrais faire pour éclairer plus ton choix ? En tout cas, lorsque tu auras des doutes, tu pourras toujours relire cet article…

  15. J’arrive après la bataille mais tant pis. J’ai eu mal au ventre en lisant ton article tellement tes mots décrivaient mon ressenti après avoir eu mon second. Je pense pouvoir dire que lorsque l’on en arrive à ce constat, et notamment inadéquation de ses propres valeurs avec celles de son job / entreprise; c’est que l’on n’est pas loin du burn out ! Comme toi, je ne me voyais pas continuer dans mon boulot, ni concilier ma vie perso -pas forcément simple- avec les exigences, et horaires du bureau.
    J’ai donc eu le même réflexe, regarder les reconversions possibles. J’ai donc fait un bond en lisant “devenir prof des écoles”, puisqu’il y a un an; je m’étais carrément inscrite au concours ! Et je n’étais pas seule, je compte au moins 5 personnes dans mon entourage – 4 femmes et un hommes – qui avaient décidé de le tenter. Pourtant, j’ai bien changé de cap. Non sans regret, je dois l’avouer. Mais je pense qu’aussi séduisant que ce métier puisse paraitre, il est important de bien faire le tour de ses envies avant de se lancer dans cette aventure. En ce qui me concerne, j’avais les mêmes motivations / idées que toi sur cette profession. Mais je n’étais pas prête sur plusieurs points. Le premier, la mobilité géographie. Passer le concours, l’avoir … était déjà incertain. Mais avoir un poste dans ma ville l’était beaucoup trop, surtout dans ma région où le taux de réussite est faible. Or, mon conjoint n’était pas près à déménager et je n’avais pas non plus envie d’imposer ça à mes enfants. Ensuite, même si les horaires sont plus légers, ils ne permettent pas plus d’aller chercher mes enfants à l’école ! A moins de travailler dans le même établissement, et encore; c’est impossible d’être à 2 endroits à la fois. Alors ce serait au mieux la garderie, et quitte à rêver, j’avais envie de plus. Et puis surtout, j’ai fait un petit travail d’introspection. J’adore les enfants. Mais je suis bien trop “working girl” pour passer mes journées avec des enfants. Une de mes anciennes collègues, qui a elle, franchit le pas; me disait que c’était nerveusement épuisant. Et pourtant, cette fille est de loin la personne la plus patiente que je connaisse ! Je sais que je n’ai pas cette qualité 😉 J’ai besoin d’échanges avec des adultes, et le contact avec les autres profs ne m’auraient pas suffit. Finalement, j’ai pris le temps de la réflexion. Je suis toujours en process de reconversion, vers un domaine qui correspond – je l’espère- plus à mes réelles aspirations ! Aucune idée de ce que ça va donner, pour l’instant je n’en parle pas trop, trop d’incertitudes, mais je suis par contre convaincue qu’il faut que j’essaye ! Bon cheminement en tout cas, le seul conseil que je puisse te donner c’est de ne pas te précipiter et prendre le temps d’envisager plusieurs options !

    1. Effectivement j’ai l’impression que cette idée de reconversion en particulier est passée par la tête de beaucoup de monde. Pour ma part, j’ai déjà 1h30/45 de trajet pour me rendre à mon travail, donc il serait difficile de faire pire ;). Pour ce qui est de chercher mes enfants à l’école, je me contenterais bien du périscolaire. Même avec mon temps de trajet actuel je pourrais les chercher :).

      Pour ce qui est du contact avec les adultes, j’avoue que ca ne va pas me manquer du tout ;). J’ai beaucoup de mal à comprendre la logique des gens. Celle des enfants est déjà plus facile.

      Dans mes rêves j’exercerais un métier où je serai toute la journée dans mes dossiers sans voir aucun collègue, où je ferais souvent quelques chose de différent. Et surtout où je pourrais me sentir utile concrètement. Et mon cheval de bataille personnel est de pouvoir faire la promotion de l’esprit critique car beaucoup de choses me font bondir de ma chaise. Le tout en ayant beaucoup de temps libre. Malheureusement, ce métier n’existe pas ;). Mais prof des écoles s’en approche plutôt pas mal.

  16. Bonjour,je trouve ton article intéressant mais aussi un peu triste. Accéder à un tel poste après un tel parcours et ne pas avoir la possibilité de s’y épanouir c’est un peu décevant. Je suis enseignante en maternelle et je vois arriver depuis peu des gens en reconversion comme toi. Loin de moi l’idée de doucher ton enthousiasme mais beaucoup sont déçus. Le salaire, la charge de travail, l’éloignement du domicile, les relations avec la hiérarchie et les parents (bah voui) etc… Il faut également de nombreuses années avant d’obtenir un poste fixe ce qui implique de nouvelles préparations chaque année. D’ailleurs, je suis étonnée par ce que tu dis sur le maintien de ton salaire de base. As tu pensé à la fonction publique territoriale ?

    1. Effectivement j’imagine que beaucoup de personnes se représentent l’instit de leur enfance, sauf que cette époque est bien révolue.

      Pour ce qui est de l’éloignement du domicile, il sera difficile de faire plus que mes 1h30/45 de trajet pour me rendre à mon travail. En plus en terminant à 17h30 je suis chez moi à 19h. Pour ce qui est de la charge de travail et de la relation avec la hiérarchie, en tant que cadre la pression est énorme. Toujours plus, toujours plus vite. Tout est urgent, rien ne répond au objectifs chiffrés. Le boss qui t’envoie un mail 3h après t’avoir donné un dossier pour te dire qu’il faut que tu te magnes. Aucune reconnaissance de la part de qui que ce soit. Les relations sont aussi compliquées et souvent source de burn out.

      Pour ce qui est de collectivités territoriales, par expérience, ce sont des postes très politiques et la charge de travail est énorme (en tout cas en tant que catégorie A). Beaucoup de catégorie B occupent des postes de catégorie A sans en avoir le salaire, beaucoup de cadres occupent des postes de cadres sup sans en avoir le salaire etc. J’avoue que je ne suis pas trop tentée. A moins de trouver THE poste, mais je pense qu’ils se libèrent difficilement et sont déjà pourvus en interne par la suite.

      Mais je suis preneuse de tous les retours des gens déjà dans la profession ça c’est sur 🙂

      Etant donné que j’ai beaucoup changé de poste dans ma courte carrière je pense que d’aller d’un établissement à l’autre pendant quelques temps ne va pas trop me déranger ;).

      Pour ce qui est du maintien du salaire de base, c’est sur et certain. Je n’ai plus la référence du décret en tête, mais il est bien encore en vigueur. Confirmé par les RH de mon ministère d’origine et celui de l’EN.

  17. Ton article est trés intéressant, et les débats dans les commentaires aussi, déjà merci pour ça !
    Je comprends ta réflexion et ton mal être au boulot. Ils sont malheureusement assez partagés dans notre société.
    Par contre, en lisant ton article, un point m’a marqué : tu parles beaucoup des avantages liés à l’organisation que cela te permettrait entre vie pro et perso.
    Mais finalement, tu parles trés peu de ce qui te motive pour être prof des écoles. Or, c’est bien ça qui va te guider, te donner la force de passer le concours.
    Moi, je te conseillerai de lire des témoignages, mais aussi peut être si tu le peux d’aller passer des am dans des classes pour te rendre compte du quotidien.
    En effet, je pense qu’on a tous une idée de ce que fait un instit, car on est allé à l’école en tant qu’élève. Mais le vivre en tant qu’adulte et d’instit doit être complètement différent !! Et comme dit dans un commentaire précédent, prends bien en compte dans ta réflexion les relations avec les parents. Tu dis souvent que tu adores travailler seule, et c’est tout l’inverse que tu pourrais vivre !
    En tout cas, je te souhaite de te construire un nouveau projet à la hauteur de toute l’énergie que l’on sent dans ton blog !
    J’ai hâte de lire la suite de tes aventures !

    1. Merci beaucoup pour ces jolis compliments :).

      C’est vrai que je n’ai pas trop développé les raisons qui m’attirent dans cette profession en particulier. En fait, j’aime transmettre, c’est pour moi la plus belle mission au monde. Former ceux qui vont décider de notre quotidien, éveiller leur esprit critique, espérer qu’ils rendent le monde moins pourri. Je suis souvent consternée du manque de recul et de curiosité d’ados et de jeunes adultes. Je pense que c’est dès l’enfance qu’il faut agir. Il y’a des profs qui ont marqué mes années d’école/collège/lycée et c’est grace à eux que j’ai pu faire des études et vouloir découvrir le monde au delà de mon clocher.

      Lorsque j’étais dans le social je retirais une grande fierté d’avoir pu aider une famille qui en avait besoin et qui menait jusqu’à présent un combat dans le vide. Malgré toute la dureté et le manque de volonté des autres, je me disais que j’avais servi à quelque chose. Et si on ajoute ce sentiment à mon envie de transmettre, je pense que ça pourrait être le combo gagnant.

  18. C’est la première fois que je commente, pour partager mon expérience. J’ai changé de job un an après la naissance de mon premier enfant, pour les mêmes raisons que celles que tu cite. Je suis devenue enseignante en lycée. Tout d’abord comme contractuelle puis ensuite comme titulaire en passant le concours. Et je ne regrette pas une seule seconde! Bon courage pour votre projet!

  19. Je pense que nous fiasons nos carrières puis nous avons des enfants et nos carrières si épanouissantes sont elles sans enfant … Deviennent secondaires face à nos enfants. Ces carrières pour lesquels nous avons étudiés ne sont plus en adéquation avec nos envies.

    Moi aussi je commence à y penser alors que je suis maman que depuis 1 mois …

  20. Je me reconnais tellement….à la base je suis journaliste….je faisais du 8h/18h….avec 3h de trajet par jour….puis j’ai eu fiston. J’adorais mon job pourtant, mais ma vie de famille passe avant tout. Alors je suis vendeuse. je ne m’éclate pas et c’est la galère grave chaque mois, mais je peux aller chercher mon fils le soir (c’est bien hein, très bien…mais passé le 1er mois ça ne suffit plus si c’est le seul avantage)…mais ce n’est toujours pas l’idéal, je ne peux pas passer ma vie à faire quelque chose que je déteste et si mal payé, donc je me pose un peu les mêmes questions. quasiment chaque jour. et je rame, je rame.

    1. C’est sur que quand tu galères tous les mois tu as une sorte de ras le bol général … Je te souhaite beaucoup de courage dans cette situation qui est loin d’être facile. J’espère vraiment que tu pourras trouver une issue heureuse ou au moins acceptable

  21. Bonjour! 1er commentaire 🙂 . Depuis plusieurs années aux USA mais avant ça en France je travaillais à la DRH d’une administration… les conditions de travail ne me plaisant pas j’étais partie en détachement ds une différente administration avant de l’intégrer après 2 ans comme la loi m’y autorisait… et j’ai adoré ce poste. A l’époque les détachements étaient très rares, mais cette option, si elle existe toujours peut être une bonne solution?

    1. C’est une possibilité à laquelle j’ai pensé. Mais je pense que je ne suis pas faite pour un travail de bureau classique. Et c’est très personne dépendant. On peut avoir un boulot génial et que tout tourne au vinaigre à l’occasion d’un changement dans la hiérarchie ..

      1. Je suis tout à fait d’accord mais ça c’est un risque à prendre avec tous les boulots. Par ex. dans l’éducation il y a encore plus d’interlocuteurs (élèves, parents, direction, inspecteurs…) avec qui il faut “travailler” et qu’il y a plus de chance que ça soit difficile (c’est juste mon avis). Bref faut peser le pour et le contre mais je suis d’accord avec ceux qui te disent que des horaires plus cools feront peut être la différence au début mais sur le long terme? Bon courage en tout cas, se jeter à l’eau surtout qd on est fonctionnaire n’est pas la décision la plus facile à prendre 😉

        1. C’est sur que si je voulais juste des horaires plus cools, le mieux serait encore de me mettre à temps partiel ;). Comme ça, pas de surprises.

          Disons que ce n’est pas tant le nombre d’interlocuteur qui me gêne, mais surtout le fait que je parle au quotidien de choses que je trouve inutiles. J’ai perdu mes illusions la dessus. Donc au final je préfère ne plus parler à personne et qu’on me laisser bosser dans mon coin.

          1. Si le temps partiel est une option, pour info le 80% est rémunéré 85.7% (6/7eme) dans la FP (je viens de vérifier c’est toujours le cas). A l’époque ça ne se savait pas trop on comprend pourquoi…

          2. Exact, on perd très peu rémunération et on touche le complément libre choix d’activité dès 80%. Et le temps partiel à 90% est rémunéré à 92% je crois, mais là on ne touche plus rien de la CAF

  22. J’évoquais avec tristesse une fille partie bien trop tôt, et j’ai dit : «Tu te rends compte, elle avait tout», et mon collègue a répondu «tu veux dire, elle avait bien réussi professionnellement?» Et moi : «Elle était heureuse je veux dire». En vrai elle avait aussi réussi, mais pas forcement comme il l’entendait. Elle avait réussi à créer un boulot qui lui correspondait, lui plaisait et allait avec son mode de vie. Le trio gagnant. Tout ça pas pour te parler de la tristesse de la disparition de quelqu’un qui n’est plus, mais pour te dire qu’après ça je me suis dit «Au moins elle n’a pas dû partir avec le regret de ne pas en avoir fait assez pour son bonheur». Il n’y a point de regrets là où on agit.

    1. C’est une très belle réponse en tout cas ! La réussite d’une vie ne peut se mesurer au prestige de l’emploi qu’on a occupé. On oublie toute notion d’épanouissement personnel dans ce cas là

      1. Je l’ai fait en tout cas, me reconvertir. Et même si c’est parfois difficile parce que tu recommences de zéro quand tes amis du meme age atteignent des postes à responsabilités, c’est enivrant aussi de tout recommencer. Avec l’âge, je prends de plus en plus conscience de ce que j’attends de ma vie professionnelle et de ma vie en général et les postes très chronophages ont perdu de leur attrait à mes yeux. Je ne crois plus au prestige social comme élément de bonheur. Je connais bien trop de gens qui ont des postes qui attirent les sifflets admiratifs, des gens qui au creux de leur chambre pleurent trop souvent parce qu’ils n’ont pas de temps pour vivre

  23. Je trouve ton idée super. Le métier d’enseignant est vraiment idéal lorsqu’on veut concilier sa vie professionnelle avec sa vie de famille. Encore faut-il pouvoir l’exercer en toute sérénité. Tu découvriras ça bientôt si tu décides de passer le concours pour de bon. J’espère que ça va marcher pour toi! Hâte d’en savoir plus!

    1. Exactement il y’a toujours une part d’inconnu. C’est pour ça que j’essaie de pouvoir faire un stage de quelque semaines dans une classe histoire de me plonger réellement dans le métier

  24. J’en pense que ce sont toujours les femmes qui font ce choix.
    J’ai 2 exemples dans ma famille de mères de famille qui ont fait des études, ingénieure, belle carière, puis abandon pour devenir enseignante.

    Aucun de père de famille.

    Après cela reste un choix personnel. Et nul ne peut te dire de ne pas le faire si tu le sens.
    C’est juste que je trouve dommage que cela ne marche que dans un sens…
    Et à côté de ça, on se plaint que les femmes gagnent 25% de moins que les hommes.
    Ce n’est pas en étant une société où ce sont les femmes qui se sacrifient, que cela changera.

    Que ce soit les femmes qui fassent à chaque fois ce choix, n’est pas neutre.
    C’est la société qui culpabilise les femmes de ne pas être de bonnes mères.
    Mais chez les hommes, pas de problèmes…

    1. Je suis d’accord dans la grande majorité des cas c’est les femmes qui font ce sacrifice. Peut être parce leur conjoint ne fait pas le même et qu’elles se sentent donc obligée. Et je te rejoins c’est vraiment dommage. Les hommes ne sont jamais des pères absents, ce sont des hommes qui travaillent dur pour ramener de l’argent au foyer …

      Dans notre situation c’est Mr G qui fait tous les sacrifices. Il s’occupe seul de l’école, des repas des enfants, de la course du matin. Je trouve que ce n’est pas vraiment juste non plus. J’essaie de retrouver un certain équilibre 🙂

  25. Bonjour,

    A mon tour d’apporter ma petite pierre à ton édifice….ici 4 lutins, 10-8 et bientôt 3 ans*2
    J’ai depuis plusieurs années cette même question : quelles sont les valeurs que je défends dans mon métier, quel sens je donne à mon activité professionnelle, est-ce que cela correspond vraiment à ce que je m’imaginais et à ce à quoi j’aspire ? Et bien, non….comme beaucoup de monde, trop de’ monde je devrai dire.
    Nous avons trouvé une sorte d’équilibre car mon mari est enseignant…en primaire. Nous sommes pour notre part à la limite du 92 et du 78. A mon humble niveau de cadre, j ai une hiérarchie plutôt humaine, qui a accepté de m’affecter pas trop loin de chez moi (mais bon moi je mute tous les 3/4 ans donc ce confort de mon côté est bientôt fini).
    Nous avons décidé de jouer la carte de la dérogation, les enfants sont tous scolarisés dans la ville où exerce mon chéri, plus facile pour gérer les horaires du soir et éviter les frais de garde supplémentaires. Pas toujours simple pour lui, après une journée pas toujours sereine (les problématiques souvent sont les adultes : collègues, directeur,parents,inspection….), pour peu que les élèves aient été un rien nerveux, il enchaîne une sorte de deuxieme journée à la maison en attendant que je rentre (autour de 19h30, mais ça peut aller jusqu’à 20h00). Il accumule pour sa part beaucoup de fatigue.
    C est un milieu que je connais (je peux dire que je suis née dedans puisque mes parents étaient enseignants du 1 et degré et ma sœur est prof en lycée), pour lequel j’ai toujours eu une vraie attirance. J.aime transmettre, je souhaite donner du sens à ce que je fais, j’adore les enfants. Pourtant, mes parents d’abord et mon conjoint ensuite ne souhaitent pas me voir faire ce choix. Je sais que mon évolution à long terme est la formation (dans une dizaine d’annee, quand les enfants seront plus autonomes), car je suis dans une grande entreprise. Mais ce ne sera pas enseignant. Mon mari et ma sœur s’interrogent souvent sur leur métier aujourd’hui, ils aimeraient se reconvertir mais ils ont l’impression d’etre trop à la marge de la société. L’evolution du métier ne leur convient pas forcément, les nouvelles réformes puisque chaque ministre veut laisser une trace de son passage, le comportement des parents ….
    Alors oui c’est vrai ils ont un rythme de vie qui parait plus facile à concilier avec une vie de famille, mais qui est également très codifiée, et très « figée ». Heureusement que j ai la souplesses de mes congés dès que il y a une urgence, une réunion, une sortie scolaire, la rentrée….de même il y a une forme de fatigue nerveuse qui est à prendre en compte. Et je sais ce qu’est le stress à titre personnel, eux c’est encore différent.
    De même pour être muté, nous savons pertinemment que bien que moi je pourrai partir en province, ce qui nous offrirait un cadre de vie plus agréable, lui c’est quasi impossible. Une fois que tu es affecté sur un département, il est extrêmement compliqué d’en changer, même si tu fais partie de la même académie. Nous avons eu la « chance » d’avoir des points pour raison médicale pour les jumeaux pour qu’il soit rapproché, il était sinon à 1h30 de la maison, et là réellement, ce fut extrêmement compliqué entre la fatigue du métier+ le trajet.
    Dans ce que tu décris, tu as des points pour ta famille nombreuse et pour ton statut médical. La encore tu découvriras que d un département à l’autre, les points pour les enfants ne comptent pas de la même façon (78 et 92 par exemple). Je te conseille également de te rapprocher des syndicats, tu as aussi le « kisaitou » qui peut t.aider. Enfin, tu peux aussi bénéficier de ta connaissance de l’allemand (il existe des postes dits « fléchés allemand » qui peuvent te permettre d’etre proche de chez toi).
    Il n’y a pas de situation idéale, mais tu as le choix, ce qui est déjà une excellente chose…tu es lucide et as conscience des difficultés que tu peux rencontrer. N’idealise pas ce métier, qui est malgré tout agnosique, car tu pourrais être déçue. Il y a beaucoup de tentatives de reconversion qui échouent car les gens ne sont pas forcément préparés à la réalité du terrain.

    Bon cheminement

    1. Tout d’abord merci pour ce commentaire détaillé et pour ces infos de terrain 🙂

      Je suis une grande psychorigide donc le fait d’avoir un rythme très cadré me plait beaucoup. Surtout que dans les administrations centrales. aucune priorité n’est donnée aux parents de jeunes enfants pour les vacances scolaires ce qui rend l’organisation difficile. C’est bizarre, en tant que pure administrative, j’ai l’impression qu’on idéalise beaucoup ce cadre de travail. Le changement de politique au gré des réformes est très compliqué ici aussi.

      Effectivement on m’a très souvent dit que pas de tentatives de reconversion échouent. J’aimerais bien effectuer un stage dans une école pour vraiment avoir une idée du quotidien. Mais c’est très difficile … Etant déjà fonctionnaire j’ai une chance: si je décide que le métier n’est pas fait pour moi, je peux renoncer au bénéfice du concours et réintégrer mon corps d’origine. C’est une sacrée sécurité.

      Ah je ne savais pas qu’il existait des postes fléchés allemand. Ca marche aussi pour le primaire ? Je ne me vois pas du tout enseigner dans le secondaire.

  26. Nous avons trouvé notre équilibre avec cette alternative.
    Oui il existe des postes flèches allemand en primaire : il n y en a pas forcément beaucoup mais ils peuvent te permettre d avoir des points supplémentaires (mon grand fait ainsi anglais et allemand pour la deuxième année)
    Si tu retardes sur le site du SNUIPP, tu as accès au dossier mutation, cela te permettre d avoir une idée du barème pour avoir les villes (voire écoles) qui peuvent t’intéresser.

  27. Je suis sur le c*l de voir un comportement pareil.
    J’habite en Suisse. Maman de deux petites filles géniales (1 an, 3 ans), je bosse à 100% (donc 43h par semaine) par choix, je pourrais faire un 80% (mais j’aurais autant de travail, plus de charges et un moins bon salaire). Je bosse dans un milieu masculin (ingénieure en informatique). Durant mon premier congé maternité j’ai été licenciée (oui c’est presque légal, merci la suisse).
    Alors c’est clair c’est pas toujours facile, on se balade dans un monde masculin fait par et pour les hommes, et beaucoup de mes collègues (ceux qui ont des promotions) bossent tard le soir. Mais mon argument c’est que soit ils acceptent d’avoir mon super cerveau à leur service, mais 43h par semaine c’est tout, soit ils se passent de moi. J’ai la chance d’avoir un profil plutôt demandé donc j’obtiens ce que je souhaite… mais pas les promotions faut pas pousser. Les responsabilités oui par contre…
    Bref.
    Battez-vous, vous valez énormément et si votre employeur n’est pas capable de s’en rendre compte, vous serez mieux ailleurs.

    1. Vive la législation hyper protectrice de la Suisse pour le coup .. Je suis en train de faire des recherches d’emploi intensives pour changer de crémerie. Avec des règles de présentéisme stupide on se prive de talents, c’est bien dommage.

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